L’exercice pour vaincre l’arthrose, partie 2

Une articulation arthrosique étant par définition une articulation instable (voir texte précédent), l’objectif premier d’un programme de réadaptation par l’exercice dans les cas d’arthrose est sa stabilisation.

Deuxièmement, puisque nous sommes en présence de douleur, un programme de gestion de la douleur à l’effort doit être intégré au protocole pour éviter la sensibilisation centrale (voir texte à ce sujet).

Le programme comporte donc quatre composantes :

Proprioception

Pour stabiliser une articulation à l’aide du système musculosquelettique, le cerveau doit d’abord connaître sa position dans l’espace et par rapport aux autres articulations. Conséquemment, les exercices de proprioception visent à optimiser la circulation de l’influx nerveux des articulations vers le cerveau.

Qualités musculaires

Une fois la position de l’articulation détectée de façon précise par le système nerveux central (cerveau), ce dernier l’ajuste en utilisant les muscles. Or, les muscles sont souvent déconditionnés et ne sont pas assez forts et endurants pour faire le travail. Des exercices spécifiques doivent donc être prescrits. Le choix des exercices est extrêmement important, car ceux-ci doivent favoriser le transfert des adaptations acquises vers les gestes et mouvements de la vie quotidienne (on parle d’entraînement fonctionnel).

Exercices cardiovasculaires

Il y a trois raisons pour lesquelles les exercices cardiovasculaires doivent faire partie du programme.

Premièrement, les exercices cardiovasculaires sont importants pour fournir l’énergie aux muscles. Sans énergie, même si les muscles sont forts, l’endurance ne sera pas au rendez-vous et l’articulation ne pourra pas être stabilisée lors des activités de la vie quotidienne.

Deuxièmement, un système cardiovasculaire efficace est le facteur déterminant pour la capacité de récupération. Une récupération déficiente entraîne une hausse de la fatigue, et la douleur est directement proportionnelle au niveau de fatigue.

Troisièmement, ce sont les exercices cardiovasculaires qui stimulent le plus les mécanismes opioïdergiques endogènes. Les opioïdes endogènes sont nos « morphines naturelles », c’est-à-dire des composés qui sont sécrétés par le système nerveux et qui ont un effet analgésique (antidouleur).

Gestion de la douleur à l’effort

La gestion de la douleur à l’effort est la composante la plus importante d’un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique. En effet, peu importe si l’architecture du programme d’exercices est parfaite, si la douleur à l’effort est mal gérée, l’intervention sera vouée à l’échec.

L’outil central pour la gestion de la douleur à l’effort est le point d’inflexion.

Un ou une intervenante certifié-e en réadaptation en contexte de douleur chronique (porte le titre de IRDC) pourra vous enseigner cette technique.

 

 

Qu’en est-il des exercices d’étirement ?

Dans les cas d’arthrose, les exercices d’étirement sont généralement contre-indiqués.

En effet, l’idée d’augmenter la flexibilité des tissus pour augmenter la mobilité de l’articulation est contre-productive, car on sait que l’articulation arthrosique est déjà instable. Ce que l’on recherche, c’est d’augmenter la stabilité de l’articulation, et non sa mobilité. Si les exercices de musculation sont faits dans toute l’amplitude normale d’une articulation, il n’est pas nécessaire d’ajouter des exercices d’étirement pour maintenir la mobilité de celle-ci, même pour une personne qui ne souffre pas d’arthrose.

On pourrait penser que les exercices d’étirement pourraient avoir un effet bénéfique sur les raideurs matinales caractéristiques de l’arthrose, mais il faut comprendre que les raideurs ne proviennent pas d’un manque de flexibilité des muscles, mais bien de spasmes induits par la douleur et par le fait qu’après une période d’immobilité, la température des tissus mous et la viscosité du liquide synovial (« l’huile » baignant l’intérieur des articulations) ne sont pas optimales. La maladie provoque aussi une fibrose de la membrane synoviale, ce qui la rend moins flexible et augmente les raideurs caractéristiques de l’arthrose.

Plus l’arthrose est sévère, plus l’articulation est instable, plus les exercices d’étirement (et les autres activités basées sur des amplitudes de mouvement extrêmes comme le yoga) sont néfastes.

Ce phénomène est encore pire si les exercices d’étirement sont mal exécutés. En effet, certaines personnes « poussent » trop l’étirement, au point que la manœuvre devient douloureuse, ce qui active un réflexe spécifique du système nerveux central (réflexe myotatique) et favorise les spasmes musculaires, augmentant ainsi les douleurs …

 

 

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Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

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