Le surpoids augmente-t-il la douleur chronique ?

Oui.

Et voici pourquoi. Quand on analyse un cas clinique en douleur chronique, il est primordial d’évaluer d’abord trois facteurs : les éléments favorisants, les éléments déclencheurs et les éléments qui favorisent la persistance de la douleur.

Éléments favorisants

Une bonne évaluation clinique doit inclure une revue des facteurs pouvant prédisposer une personne à présenter une douleur persistante. Que ce soit l’installation d’une douleur qui va durer au-delà de la période de guérison normale, dans le cas d’une lésion au système musculosquelettique, ou l’émergence d’une pathologie un peu plus complexe comme la fibromyalgie ou un syndrome douloureux général complexe, la connaissance d’éléments pertinents de l’histoire clinique permettra au clinicien d’élaborer une hypothèse de travail qui pourra l’aider à établir une stratégie efficace.

Par exemple, l’augmentation trop subite du volume d’entraînement chez une coureuse de fond qui s’est retrouvée avec une tendinopathie du tendon d’Achille après quelques semaines de course à pied commandera impérativement une modification du programme d’entraînement.

Éléments déclencheurs

L’établissement des éléments déclencheurs peut être simple : une chute sur une plaque de glace lors d’une entorse lombaire, par exemple. Par contre, le ou les éléments déclencheurs sont souvent difficiles à préciser dans certains cas. Un exemple classique : la fibromyalgie.

Éléments favorisant la persistance de la douleur

Ce dernier pilier de l’évaluation clinique permet de compléter la dynamique de cas. Beaucoup de facteurs qui n’ont rien à voir avec les causes physiopathologiques de la douleur peuvent favoriser sa persistance : le stress, une personnalité anxieuse, la température, un mauvais sommeil, etc. Souvent, ces éléments sont des conséquences liées aux éléments favorisants et déclencheurs.

Un de ces facteurs favorisants fréquemment rencontré est l’augmentation du poids corporel. Les personnes qui souffrent de douleur chronique ont tendance à diminuer leur activité physique (kinésiophobie). La conséquence de ce comportement, normal quand on souffre, est une augmentation de la masse graisseuse et une diminution de la masse musculaire. Or, un des principes en douleur chronique veut que l’intensité de la douleur soit directement proportionnelle à l’effort relatif déployé pour les activités de la vie quotidienne (voir article sur ce principe). Plus le poids corporel augmente, plus toutes les tâches de la vie quotidienne demandent un effort relatif plus important. La douleur est donc d’autant plus augmentée. Figure 1 : L’augmentation de l’effort relatif entraîne l’augmentation de l’intensité de la douleur, telle qu’évaluée sur une échelle visuelle analogique (VAS).

Le phénomène empire souvent le problème car l’augmentation de la douleur fait en sorte que la personne souffrante réduit encore plus ses activités physiques et ceci l’entraîne dans un cercle vicieux.

Réduction du poids corporel

Réduire le poids corporel devient donc important. C’est facile à énoncer mais très difficile à accomplir. Heureusement depuis quelques années, la science a démontré que même si l’exercice est important pour perdre du poids, le succès passe d’abord par une intervention sur le plan de la diète.

Les nouvelles approches visant un meilleur contrôle de l’insuline (régimes “low carb“, régime cétogène, jeûne intermittent) sont très prometteuses.

L’important est d’être bien encadré et d’introduire les nouveaux comportements alimentaires de façon progressive.

Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

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