Les douleurs du lendemain

Tout le monde a connu ces douleurs caractéristiques quelques jours après un premier entraînement ou à la suite d’une activité physique inhabituelle. Elles ne sont pas liées à la fatigue; on les décrit plutôt comme un mal « sourd », sensible au toucher et accompagnées de raideur. En plus, comme si ce n’était pas assez, cette souffrance s’accompagne souvent d’une diminution de la force et de la flexibilité !

Pourquoi ?

On a longtemps attribué (et on continue à le faire) ces douleurs à l’accumulation de lactate (sel de l’acide lactique) dans les muscles (l’acide lactique est le produit de la consommation incomplète du glucose, qui lui, est un des carburants du muscle). C’est évidemment faux. Bien que l’accumulation de lactate soit possiblement un des facteurs causant la fatigue (surtout lors des efforts de hautes intensités), il est éliminé dans les minutes qui suivent un exercice et ne s’accumule donc pas dans les tissus musculaires. De plus, le concept du lactate comme un des facteurs de la fatigue musculaire est controversé dans la littérature scientifique.
La réalité est que ces douleurs sont très probablement provoquées par des micro-déchirures au niveau des muscles qui ont été sollicités lors d’une activité inhabituelle ou que l’on n’avait pas pratiquée depuis longtemps de sorte que le système n’y était plus habitué. Ces micro-déchirures déclenchent une réaction inflammatoire, réaction qui est normale dans le processus de réparation de ces petites lésions musculaires.

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Figure 1 : la photo (prise au microscope électronique) de gauche nous montre du tissus musculaire prélevé chez une personne n’ayant pas fait d’exercice, tandis que celle de droite nous illustre du tissus musculaire prélevé 10 jours après qu’une personne eu effectué un exercice de type excentrique sur une longue période de temps. Les cercles indiquent les micro-déchirures (photo: Dr Thomas Manfredi, University of Rhode Island).

La douleur est une conséquence de cette réaction inflammatoire. Et si on y réfléchit bien, cette douleur est utile parce qu’elle nous indique que la région qui a été sollicitée de façon inhabituelle a besoin de repos et de temps pour être réparée. Sans la douleur, des dommages, plus sérieux cette fois, pourraient être infligés aux groupements musculaires en question si ceux-ci étaient utilisés de façon exagérée. Après un certain temps, les muscles s’adaptent à la nouvelle activité (effet de l’entraînement), les lésions diminuent et les douleurs disparaissent.


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Les chercheurs en kinésiologie ont remarqué que ce sont les mouvements excentriques qui sont en majeure partie responsables des courbatures du lendemain. Lors d’un mouvement excentrique, les muscles s’allongent en produisant de la force (les extrémités du muscle s’éloignent l’une de l’autre). Or ce type de contraction produit plus de lésions microscopiques que les autres types de contractions musculaires. Un bon exemple de contraction excentrique et l’accroupissement lorsqu’on s’assoit sur une chaise; les muscles de la cuisse travaillent mais s’allongent en même temps.

Comment éviter les courbatures du lendemain ?

Le facteur le plus important est le dosage. Y aller lentement avec une nouvelle activité, surtout si cette activité comporte beaucoup de contractions excentriques (ski, sport de raquette, etc). Débutez l’activité à faible intensité et augmentez d’abord la durée de l’activité. Après quelques séances de pratique régulière, augmentez progressivement l’intensité.


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Un conditionnement physique spécifique en salle d’entraînement quelques semaines avant le début de la pratique de l’activité, réduit de beaucoup les douleurs du lendemain. Les groupements musculaires sollicités lors de l’activité en question peuvent alors être stimulés très progressivement, et cette préadaptation nous permet d’éviter presque complètement ces fameuses courbatures du lendemain.


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