Certification en douleur chronique

Selon les évidences scientifiques, l’exercice et la gestion de la douleur à l’effort sont  les deux piliers de la prise en charge de la douleur chronique ;

Une intervention efficace en réadaptation par l’exercice en contexte de douleur chronique doit être systématique et être combinée à une intervention sur les facteurs psychosociaux liées à la douleur et l’incapacité ;

Venir acquérir l’expertise théorique et pratique qui vous fera progresser de façon significative dans votre pratique.

Le Noël d’une étudiante en kinésiologie

Au milieu du tumulte causé par un virus qui chamboule nos plans pour un Noël qui avait été annulé l’an passé, une de mes étudiantes de troisième année en kinésiologie, Mme Valérie Cloutier, a choisi d’accomplir un geste qui prouve que la jeune génération est loin de se laisser abattre.

Celle-ci, en stage au centre de cardiologie préventive et réadaptation pulmonaire du CHUM, a décidé de venir en aide à un de ses patients dans le besoin. Normand (aux prises avec une maladie pulmonaire obstructive chronique), en plus d’avoir été sous les bons soins de Valérie a pu bénéficier d’un coup de main pour passer vraiment un joyeux Noël.

Lors de mon dernier cours de la session (exercice et atteintes neuromusculaires), Valérie m’a demandé si elle pouvait adresser un mot aux étudiants dans le but d’initier son petit projet mais qui aurait une grande portée.

« Nous avons amassé 1000$ pour venir en aide à Normand. Cette somme d’argent nous a permis de lui fournir 550$ de carte cadeau METRO, une carte cadeau d’Uniprix et une épicerie fraiche pour le temps des fêtes avec des aliments congelés »  

Rien de moins. Et ce, grâce à la contribution financière de ses collègues de classe.

« Laissez-moi vous dire que lorsqu’il a vu l’épicerie, il était sous le choc. À l’annonce d’une somme d’argent additionnelle pour se nourrir, il n’en revenait simplement pas. Le patient était extrêmement reconnaissant et heureux. »

Au début de l’année, dans tous mes cours, je déclare toujours ceci à mes étudiants et étudiantes :

« La chose la plus gratifiante pour un prof, c’est de voir ses étudiants le dépasser »

Valérie, mission accomplie.

Yvan

Comprendre la douleur de la blessure à la douleur chronique

Un article de Joël Bérubé,  kinésiologue. (voir sa bio)

Nous nous sommes tous déjà blessés au moins une fois. Que ce soit une fracture de stress ou une simple brûlure, nous savons tous ce que signifie avoir mal. Mais est-ce qu’on vous a déjà expliqué comment fonctionne la douleur? Son but, son rôle, et pourquoi elle peut persister sur plusieurs semaines, si pas des mois? Autant que les systèmes de la douleur puissent être complexes, ils peuvent être aisément appris.

Le système d’alarme du corps humain

On pourrait très bien remplacer le mot douleur par alarme. De la même façon que notre voiture est munie d’un système d’alarme, notre carrosserie biologique, soit notre corps, est munie d’un système de douleur.

Si je viens frapper votre voiture, elle se mettra à sonner. Si vous fermez la porte de votre voiture sur votre doigt, vous allez certainement aussi crier, mais le trauma engagera aussi plusieurs cascades réactionnelles.

Il existe deux chemins de nociception (soit la perception des stimulations génératrices de douleur). Un chemin rapide qui nous permet de retirer notre bras par réflexe et un chemin plus lent qui réagit à un signal plus faible mais constant tel que l’inflammation. Ainsi, lorsque la porte se ferme contre notre doigt, les nocicepteurs nous font ressentir une douleur vive pour nous avertir tel un bon système d’alarme qu’il y a danger et que nous devons retirer notre doigt.

Cela n’empêche malheureusement pas le fait qu’un traumatisme a eu lieu. Les lésions au niveau des tissus du doigt, qu’elles soient musculaires, ligamentaires ou osseuses vont créer un signalement au corps qu’il doit réparer les dégâts. C’est ce qui engage l’inflammation et ce qui cause la douleur qui nous suivra pendant plusieurs jours.

Le miracle de la guérison: comment une blessure se guérit

Au départ, le corps initie une phase de nettoyage qui dure de 2 à 3 jours. Le système immunitaire vient neutraliser les infections et dégrader les tissus morts. Pour permettre la mobilisation de fluides vers la région blessée, l’inflammation cause un œdème (une enflure) pour à la fois vasculariser les tissus et pour immobiliser la région afin de prévenir que l’on vienne encore plus irriter le site de blessure.

La deuxième phase, la phase fibroblastique, a pour but de réparer les dommages en construisant une matrice de collagène. Son alignement est important puisqu’une désorganisation des fibres augmente les chances de se blesser à nouveau. C’est une des raisons pour laquelle mobiliser rapidement une région blessée est important, puisque l’immobilisation peut créer une désorganisation de ces fibres.

La dernière phase, la consolidation, débute après 2 à 3 semaines et permet le remodelage des nouveaux tissus. La réorganisation du tissu cicatriciel par mise en tension de la musculature permet de retrouver un tissu sain et fonctionnel.

En bref, le corps se guérit automatiquement, ce qui est plutôt miraculeux en soi. Mais alors, pourquoi la douleur nous suit parfois plusieurs mois après notre guérison? Pourquoi est-ce que notre système d’alarme continue à nous avertir d’un danger qui n’est plus sur le bout de notre doigt?

L’hypersensibilisation du système nerveux central

Ce qui suit est l’information la plus importante. Si vous êtes aux prises d’une douleur persistante, la clé de votre succès est ici. La douleur n’est pas dans votre tête, vous avez simplement un système d’alarme hyperactif. En apprenant comment le calmer, il est possible de gérer et parfois même éliminer complètement la douleur!

Si vous avez déjà eu un bébé qui pleure sans cesse à vos côtés, vous savez que même si les pleurs signalent que quelque chose ne va pas, que ce soit qu’il ait faim, qu’il soit fatigué ou ait besoin de changer de couche, si rien ne fonctionne et qu’il pleure pendant des heures, vous allez devenir hypersensible à ses cris. De la même façon que l’on peut devenir plus sensible aux cris d’un bébé et commencer à réagir de façon irrationnelle, notre système nerveux central peut réagir de la même façon face à une douleur persistante.

Lorsque l’on se fait mal au bout du doigt, le neurone cheminant du doigt vers la colonne vertébrale (neurone #1), se rend et parle au neurone #2 qui se trouve au niveau spinal. Après trois mois de bombardement nociceptif, le neurone #2 devient hypersensible au message du neurone #1. Ainsi, son seuil d’activation devient plus bas et il se met à réagir plus rapidement à des sensations qui peuvent normalement être anodines. Aussi, il peut continuer à envoyer un signal de douleur alors que le neurone #1 a déjà arrêté de lui parler. C’est ce que l’on appelle l’hypersensibilisation du système nerveux central (SNC), ou plus communément la douleur chronique.

La perception de la douleur: il y aura des hauts et des bas

Il faut comprendre que la douleur est un concept biopsychosocial. Cela signifie qu’il y a trois composantes à la perception d’une douleur chronique. La composante biologique est due à l’hypersensibilisation du SNC telle que décrite plus haut, la composante psychologique provient de nos pensées conscientes et inconscientes et la composante sociale est reliée à notre culture et nos influences sociales.

Cela signifie que la douleur peut être modulée à la hausse ou à la baisse de façon consciente ou non selon notre culture, nos stress de la vie, l’opinion des autres face à nos incapacités, nos émotions, notre fardeau de la preuve face à notre employeur et aux instances gouvernementales si on est en arrêt de travail et bien d’autres facteurs. Ainsi, bien que la douleur soit d’origine biologique, ce qui se passe dans notre psychologique et dans notre cercle social est tout aussi important à considérer.

Alors, il est important de comprendre qu’à travers le processus de guérison, vous serez aux prises de hauts et de bas et que ceux-ci ne signifient pas nécessairement que vous régressez. Au contraire, parfois, il s’agit tout simplement d’une augmentation de notre perception de la douleur, car notre environnement affecte directement et indirectement notre biologie.

Comment gérer la douleur chronique

Afin de moduler directement la composante biologique, il existe deux méthodes : les modalités passives et les modalités actives.

Les modalités passives sont des techniques de gestion de douleur temporaires. Ils sont certainement efficaces et parfois nécessaires pour réduire l’inconfort, mais ils n’ont pas la capacité de résoudre la cause de la douleur. Par exemple, il est possible de prendre certains médicaments, faire usage d’infiltrations et de s’offrir des traitements en physiothérapie, ostéopathie ou en acupuncture.

Les modalités actives sont les techniques longs termes à privilégier. Puisque la douleur provient de l’hypersensibilité du SNC, l’objectif est alors d’utiliser l’activité physique afin de réduire sa sensibilité. En améliorant notre capacité physique, nos efforts vont devenir de plus en plus facile ce qui aura comme effet de réduire ce que l’on appelle la perception de l’effort. Une réduction de ce dernier vient directement réduire la perception de la douleur. L’inverse est aussi vrai, ce qui explique pourquoi l’immobilisation et l’augmentation de la sédentarité peuvent augmenter la douleur.

Pour utiliser les modalités actives, il est primordial de comprendre le concept de la gestion de la douleur à l’effort. Ce concept est fondamental pour éviter une augmentation de l’hypersensibilisation du SNC tout en permettant de réduire nos douleurs.

Réduire la douleur par l’activité physique

Pour gérer sa douleur à l’effort, il est important de porter attention au point d’inflexion. Il s’agit du moment où la douleur se met à augmenter. À ce moment, il est temps d’arrêter l’exercice. Ainsi, il est normal de ressentir une douleur pendant l’exercice, par contre, il est important de ne pas tolérer une douleur grandissante.

En trouvant des exercices qui n’augmentent pas la douleur, il sera possible d’augmenter notre capacité physique. C’est cette partie qui est plus difficile à accomplir seule et je n’oserais pas donner de conseils généraux sur comment y arriver sans en apprendre plus sur votre situation particulière. Bien qu’il est important de comprendre les concepts pour à la fois normaliser sa condition et pour savoir qu’il est possible d’y remédier, il est fortement conseillé de consulter un kinésiologue certifié en réadaptation en contexte de douleur chronique.

Tout le monde est affecté différemment par la douleur persistante et votre mode de vie et votre travail demandent différentes demandes physiques. Un kinésiologue saura déterminer des objectifs réalistes et atteignables en plus de vous supporter à travers les hauts et les bas du parcours.

Pour prendre un rendez-vous en clinique avec moi, vous pouvez suivre le lien suivant. Il me fera plaisir d’écouter votre histoire et de vous aider à prendre le contrôle une fois pour toutes de votre douleur persistante.

Site d’origine ; cliquez ici


M. Joël Bérubé a obtenu son titre de kinésiologue après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2020. Il est aussi un gradué du programme de certification en réadaptation en contexte de douleur chronique. Joël travaille en réhabilitation afin de permettre le retour efficace à l’activité physique après une blessure, en correction posturale et en gestion de douleur chronique. Il travaille aussi à la prévention et gestion de pathologies liées au vieillissement comme l’arthrose, la perte de masse musculaire, le diabète, l’hypertension et la santé cardiovasculaire.
Visitez son web spécialisé sur ce sujet : Optimizzation
Téléphone : 514-779-6187 Courriel : joel@optimizzation.com ;

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Douleurs aux poignets au bureau

Source : Alliance-Ergonomie Conseil : https://alliance-ergonomie.ca/2020/10/04/douleurs-aux-poignets-au-bureau/

 

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Parlons maintenant des douleurs aux poignets en lien avec le travail de bureau.

Quelles sont les facteurs de risques habituels ?

Comment tenter de corriger le problème ?

 

Les points d’appui sur les poignets

La première chose que je vérifie si vous avez des douleurs, c’est de voir si vous prenez appui directement sur le bureau ou sur le clavier avec vos poignets. C’est ce que l’on semble voir sur l’image ici à droite, où la dame semble prendre un appui sur ses poignets. D’autant plus que son corps est penché vers l’avant et qu’il pourrait une force, ou une compression mécanique, appliquée sur ses poignets.

Idéalement, lorsqu’on travaille avec le clavier sur la table (et non pas sur un support à clavier), ce sont les avant-bras qui devraient être déposés sur la table, et non pas les poignets. Il faut alors que la table soit assez profonde pour pouvoir y déposer les bras. Une largeur de 24 » à 30 » peut habituellement faire l’affaire. La seconde image de droite montre une femme dont l’appui semble plus approprié à son avant-bras gauche.

Appui sur les poignets au bureau, douleurs
Bras bien appuyé

La hauteur par rapport à la table

Si votre table est trop haute, il est possible que vous preniez appui sur votre table directement au niveau des poignets. Il est aussi possible que vous travaillez avec les poignets en flexion, soit fléchis vers le bas (comme à l’image ici à droite). Ce n’est vraiment pas l’idéal !

Si la table est trop basse, alors c’est le contraire. Vous pourriez vous retrouver avec les poignets en extension, comme sur la 2ème image ici à droite. Encore là, pas idéal.

Idéalement, pour le travail au clavier, la hauteur de la table devrait permettre à vos poignets d’avoir une position assez neutre. L’image ci-dessous montre une position des poignets qui semble neutre.

Poignets droits
Flexion des poignets et appui sur le bureau, douleurs
Extension des poignets et appui sur le bureau, douleurs

L’utilisation d’une table ajustable en hauteur pourrait faciliter un bon ajustement et un position plus neutre des poignets.

La reconnaissance vocale

Elle peut permettre de régler une bonne partie du problème à la source, en réduisant l’utilisation du clavier.

Cliquez ici pour plus d’informations sur la reconnaissance vocale.

Reconnaissance vocale ordinateur

Le clavier courbé

L’utilisation d’un clavier standard, ou clavier droit, peut impliquer des postures contraignantes pour les poignets. On les appelle déviations cubitales (voir l’image à droite).

Selon la littérature, il y aurait certaines indications (« limited evidence ») que l’utilisation d’un clavier courbé pourrait possiblement aider à prévenir le syndrome du canal carpien. Un tel clavier permet de garder les poignets en position plus neutre.

Voir image ici-bas, et cliquez pour suivre le lien, pour plus d’infos.

Clavier Microsoft

Le tapis de souris

En avez-vous vraiment besoin ??

Selon le CCHST, l’utilisation d’un appuie-poignet pourrait amener plus de pressions sur le canal carpien, au niveau du poignet, et favoriser le développement d’un syndrome du canal carpien.

Je conseille donc en général de retirer le tapis de souris, surtout s’il est muni d’un appuie-poignet. Cet équipement pourrait même donner un faux sentiment de sécurité, et certaines personnes vont avoir tendance à s’appuyer sur leur poignet. Non, ce n’est pas une bonne idée.

Il est possible d’utiliser la souris directement sur la table.

Poignets en mauvaise position

 

Utiliser deux souris

Si les douleurs se retrouvent plus de votre côté dominant (ex : poignet droit), vous pouvez essayer d’ajouter une 2ème souris à gauche. Ceci vous donnera des périodes de récupération à votre main dominante. Et donnez-vous le temps pour vous habituer ! On a besoin d’au moins 3 ou 4 semaines pour s’habituer au changement.

Souris à gauche et à droite

Et bien sûr…

Cet article ne vise pas à décortiquer toues les situations rencontrées en ergonomie de bureau pour les douleurs au poignet. Il vise simplement à donner des informations de base pour vous aider à prévenir les douleurs et les inconforts, selon les possibilités.

Dans le doute, rien ne vaut une bonne consultation avec un professionnel !


Emmanuel œuvre dans le domaine de la réadaptation depuis 2004, d’abord comme Conseiller en réadaptation à la SAAQ, puis comme Ergonome depuis 2010. Celui-ci admet avoir beaucoup de plaisir dans sa vie professionnelle, qui l’amène parfois à descendre dans des mines, ou encore à grimper dans des structures de manèges !

Depuis 2020, il offre davantage de services en ergonomie de bureau pour le gens qui se sont retrouvés en télétravail. Son blog offre plusieurs pistes de solutions simples, pour des situations de base que celui-ci rencontre fréquemment dans sa pratique.

Site web : https://alliance-ergonomie.ca/

Page Facebook : https://www.facebook.com/allianceergonomie

Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/emmanuel-benoit-b8224810/

Courriel : e.benoit@alliance-ergonomie.ca

 

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Syndrome de la queue de cheval: à ne pas prendre à la légère …

Un article de M. Anas Boukas, physiothérapeute, membre de notre filière européenne !


Fort heureusement, le mal de dos est généralement bénin, et le pronostic de guérison est favorable. Mais il existe certaines situations où un mal de dos peut s’avérer extrêmement grave, et causer des séquelles irréversibles s’il n’est pas pris en charge rapidement. Le syndrome de la queue de cheval, bien que rare, peut causer des symptômes aussi graves que la paralysie et l’incontinence.

Cet article couvre tout ce qu’il faut savoir sur le syndrome de la queue de cheval, depuis le diagnostic jusqu’aux diverses façons d’optimiser la guérison de cette pathologie.

Pour l’article mis à jour : cliquez ici

Définition

Débutons par une petite leçon d’anatomie pour mieux comprendre le syndrome de la queue de cheval.

queue de cheval humaine
Représentation réelle d’une queue de cheval humaine

Queue de cheval, c’est quoi? Également appelée “Cauda Equina”, il s’agit d’un faisceau de nerfs ayant la forme d’une queue de cheval, et qui se prolongent vers le bas de la moelle épinière. Cet amalgame de racines nerveuse descend ensuite au niveau des membres inférieurs.

Le rôle de ces nerfs est de fournir la sensation et la force dans les jambes. De même, ils contrôlent la fonction des organes génitaux.

Dans le syndrome de la queue de cheval, la queue de cheval est endommagée pour une raison ou une autre. Il touche environ 1 personne sur 100 000, et constitue entre 2-6% des chirurgies discales¹. Son apparition peut être soit aiguë ou graduelle.

Dans l’apparition aiguë, les symptômes se développent de façon rapide (à l’intérieur de 24 heures). Souvent, on observe une douleur lombaire intense, et des changements au niveau des organes génitaux (par exemple une incontinence urinaire d’apparition rapide). On observe également des changements sensoriels et/ou moteurs au niveau des jambes (comme une perte de sensation ou une paralysie).

Dans sa forme progressive, les symptômes apparaissent après plusieurs semaines ou mois. Ils peuvent être latents et intermittents. Par exemple, une lombalgie associée à des épisodes de sciatiques peuvent être notés. Des changements moteurs tels qu’une difficulté à marcher peuvent être observés, ainsi qu’une réduction de la sensation dans la jambe et une incontinence plus ou moins prononcée.

 

Diagnostic de syndrome de la queue de cheval

Comment diagnostiquer un syndrome de la queue de cheval?

D’une part, l’historique médical du patient va donner des indices précieux au clinicien. Ensuite, un examen physique complet va orienter vers un diagnostic d’atteinte de la queue de cheval. Parmi les tests cliniques, on compte les tests de sensibilité (dermatomes), myotomes, réflexes, etc.

Ensuite, l’imagerie médicale permettra de confirmer la présence d’un syndrome de la queue de cheval. L’IRM est l’examen de choix pour émettre ce diagnostic, et ainsi planifier le traitement chirurgical conséquent. Il est important de se rappeler que plus tôt le diagnostic sera émis, la plus favorable sera la guérison.

syndrome de la queue de cheval
IRM démontrant un syndrome de la queue de cheval dû à une hernie discale.

Si vous craignez que votre condition ne soit grave, remplissez ce questionnaire qui vous permettra de dire si votre mal de dos provient d’une atteinte sérieuse: J’ai mal au dos: Est-ce grave? 


Lien avec la hernie discale

 

Quel est le lien entre la hernie discale et le syndrome de la queue de cheval? Une hernie discale lombaire est la cause la plus fréquente de syndrome de la queue de cheval.

hernie discale comprimant la queue de cheval
Hernie discale provoquant la compression de la queue de cheval, et causant un syndrome de la queue de cheval.

Pour info, une hernie discale réfère à réfère à un déplacement du noyau gélatineux à l’intérieur d’un disque qui pousse et transperce la périphérie du disque intervertébral.

En général, une hernie discale n’affecte pas la queue de cheval. En effet, il faut la présence d’une hernie discale relativement massive (et postérieure) pour observer une compression de la queue de cheval. Ce n’est pas le cas de la majorité des hernies discales.

Autres causes de syndrome de la queue de cheval

 

Bien que la hernie discale constitue la cause principale de syndrome de la queue de cheval, cette pathologie peut apparaître pour diverses raisons. Voici d’autres causes pouvant également provoquer une compression au niveau de la queue de cheval:

 

Symptômes

 

Les symptômes du syndrome de la queue de cheval vont varier en fonction des individus atteints. Ils dépendent des nerfs atteints, ainsi que du degré d’irritation ou compression nerveuse.

symptômes dans les jambes suites à un syndrome de la queue de cheval


Parmi les symptômes de syndrome de la queue de cheval, on retrouve:

  • Douleur lombaire sévère qui irradie parfois jusqu’aux pieds (de type sciatique ou brûlure)
  • Perte de sensation dans les jambes
  • Perte de sensation dans la région des organes génitaux (fessiers, adducteurs, haut des cuisses, périnée, anus)
  • Engourdissements et/ou picotements dans les jambes
  • Perte de force dans une ou deux jambes
  • Perte d’équilibre et difficulté à marcher
  • Troubles urinaires et/ou fécaux (incontinence, perte de sensation en urinant, rétention urinaire, constipation, difficulté à retenir une selle, etc.)
  • Dysfonctions sexuelles et troubles érectiles

Chirurgie du syndrome de la queue de cheval

 

Une fois qu’on a diagnostiqué un syndrome de la queue de cheval, la chirurgie s’avère le plus souvent le traitement de choix. On prescrit parfois des corticoïdes pour réduire le gonflement qui participerait à comprimer les racines nerveuses.

L’option chirurgicale la plus utilisée est la chirurgie de décompression. Une microdiscectomie lombaire peut être envisagée, ou encore une laminectomie. Quoi qu’il en soit, l’objectif sera d’enlever de la pression sur les nerfs responsables des symptômes du patient.

chirurgie poru un syndrome de la queue de cheval

 

Peu importe la technique chirurgicale, l’objectif principal sera de corriger les troubles neurologiques. Pour ce faire, on suggère d’opérer à l’intérieur de 24-48 heures où les symptômes apparaissent pour optimiser le pronostic.

Si on retarde trop la chirurgie, des dommages irréversibles pourront malheureusement être observés. Par exemple, il pourrait persister des symptômes tel qu’une paralysie des membres inférieurs et/ou une incontinence urinaire et fécale.

Rééducation post-opératoire

En général, la rééducation après un syndrome de la queue de cheval se veut dans le but de préserver la fonction, et maximiser le potentiel de guérison.

Après une chirurgie, le chirurgien prescrira des médicaments pour contrôler la douleur. Des cathéters seront également utilisés pour contrôler les symptômes d’incontinence.

En kinésithérapie (physiothérapie/kinésiologie/ergothérapie), des exercices de renforcement et d’équilibre permettront d’augmenter la force des membres inférieurs, ainsi que réduire le risque de chute.

Soulignons que les atteintes neurologiques et liés à l’appareil génital peuvent continuer de s’améliorer avec les années, même après une chirurgie.

Si la cause du syndrome de la queue de cheval provient d’une tumeur, il faudra envisager des traitements de chimiothérapie ou de radiations afin de traiter la source du problème.

 

Vivre avec le syndrome de la queue de cheval

Outre les symptômes physiques, il ne faut pas sous-estimer les conséquences psychologiques et sociales du syndrome de la queue de cheval (surtout lorsque les symptômes sont chroniques, ou si la chirurgie a laissé des séquelles).

femme qui fait face à l'isolement social à cause de son mal de dos chronique

Certes, les douleurs importantes peuvent empêcher la personne atteinte d’exercer son métier. Mais les problèmes d’incontinence urinaire limitent parfois les sorties et autres activités sociales, en plus de provoquer des infections urinaires à répétition. Quant aux dysfonctions sexuelles, celles-ci peuvent affecter la relation avec son/sa partenaire.

 

Pour ces raisons, il n’est pas rare d’observer de l’isolement et de la dépression chez les gens atteints du syndrome de la queue de cheval. Le support émotionnel est donc essentiel chez cette population, que ce soit par les proches ou par un professionnel de la santé mentale (psychologue, sexologue, travailleur social, kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale, etc.).

  

 

Conclusion

Heureusement, le syndrome de la queue de cheval est une condition très rare. Mais il faut retenir qu’il s’agit d’une urgence médicale (et souvent chirurgicale) !

Si jamais vous ressentez un des symptômes mentionnés dans l’article, il est primordial de consulter un médecin dans les plus brefs délais. La rapidité à laquelle un traitement chirurgical a été établi va grandement affecter le pronostic de guérison.

S’il n’est pas pris en charge rapidement, un syndrome de la queue de cheval peut laisser des séquelles aussi graves que la paralysie des jambes, ou encore l’incontinence urinaire et fécale.

Bonne guérison!


M. Anas Boukas a obtenu son titre de physiothérapeute après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2013. En 2017, il part à l’aventure et transporte sa pratique au Qatar où il œuvre maintenant  au « International Physiotherapy Centre ».
A part sa pratique clinique, Anas travaille à vulgarisation de tout ce qui a trait au mal de dos et à la douleur chronique. Vistez son web spécialisé sur ce sujet : www.lombafit.com.

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Ralentir le vieillissement musculaire: Perte de force

Un autre article de Joël Bérubé, étoile montante en kinésiologie. (voir sa bio)      

Ne pas être capable de soulever une boîte peut être plus grave qu’on le pense. Bien qu’il est normal de perdre de la force en vieillissant, en préserver est crucial à une bonne qualité de vie; autant pour soulever des objets qu’éviter de mourir prématurément.

La force de préhension est un prédicteur de mortalité

Peu importe la cause de mortalité, il y a un lien très solide entre la force de préhension, soit la force de notre poignée de main, et la mort prématurée. Cela est particulièrement vrai lorsque l’on atteint l’âge de 85 ans. Cela n’est pas pour dire que l’on peut attendre avant de traiter ce problème, car il se prévient dès la trentaine!

La perte de force s’explique par deux raisons. La première, la sarcopénie, décrit une perte de masse musculaire. La deuxième, la dynapénie, décrit une diminution de la connexion muscle-cerveau. Malheureusement, une fois ces deux facteurs dégradés, il est très difficile de les récupérer. Cependant, la bonne nouvelle est que les maintenir est plutôt facile!

Ainsi, la meilleure technique pour préserver sa force en vieillissant est de la maximiser le plus tôt possible afin d’optimiser notre capacité à la maintenir lorsque l’on se met à vieillir.

La sarcopénie

La sarcopénie, soit la perte de masse musculaire, est inévitable. Elle s’installe dès l’âge de 30 ans, apportant une faible diminution de 3 à 8% par décennie, mais accélère à une perte de 1 à 2% par année dès 50 ans. Ce syndrome peut être étrange à comprendre puisqu’au miroir, parfois peu de changement peut se faire observer. Cela est parce que les fibres musculaires ne font pas que disparaître, elles sont remplacées par de la graisse. Voilà une raison pour laquelle prendre la circonférence du bras n’est pas tout ce qui compte!

Avec une transition du muscle à de la graisse, on perd en force, en autonomie et on voit nos risques de maladies augmenter. Les études nous montrent qu’il est assez difficile de prendre de la masse musculaire une fois passé 40 ans, mais il est facile, avec un bon suivi médical, de maintenir notre masse actuelle. Par contre, cela ne signifie pas nécessairement que l’on conserve aussi notre force musculaire.

La dynapénie

Comme le montre le graphique ci-contre, même si on maintient ou gagne de la masse musculaire, on peut tout de même perdre rapidement en force. Puisque la perte de force est un plus grand prédicteur de mortalité, il y a de quoi s’inquiéter.

 

 

 

 

 

 

 

La masse musculaire explique seulement de 4 à 61% des changements de force liés à l’âge. Le reste est causé par une diminution de recrutement neurologique. La connexion muscle-cerveau, soit notre capacité à dire à nos muscles de se contracter est possible grâce à notre système nerveux et nos nerfs.

Avec le vieillissement, le chemin nerveux qui achemine le cerveau aux muscles devient plus faible causant une diminution de la force et une diminution du temps de réaction, soit une des causes de l’augmentation des risques de chutes en vieillissant.

Heureusement, il est possible d’entraîner cette connexion muscle-cerveau grâce à des entraînements spécifiques. Le kinésiologue est d’ailleurs bien outillé pour faire un programme précis aux lacunes de chaque individu, puisque le vieillissement nous affecte tous différemment.

En bref

Au final, il faut comprendre que lorsque l’on vieillit, on perd de la masse musculaire et la qualité de notre connexion muscle-cerveau. Cela apporte une diminution de la force et de la vitesse de contraction musculaire et augmente les risques de chute et de mortalité toutes causes confondues chez les individus de plus de 65 ans avec un risque accru chez les 85 ans et plus. S’entraîner avec un kinésiologue peut aider à maintenir cette force et assurer une meilleure qualité de vie en vieillissant.

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M. Joël Bérubé a obtenu son titre de kinésiologue après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2020. Il est aussi un gradué du programme de certification en réadaptation en contexte de douleur chronique. Joël travaille en réhabilitation afin de permettre le retour efficace à l’activité physique après une blessure, en correction posturale et en gestion de douleur chronique. Il travaille aussi à la prévention et gestion de pathologies liées au vieillissement comme l’arthrose, la perte de masse musculaire, le diabète, l’hypertension et la santé cardiovasculaire.

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