Pourquoi le fait d’endurer la douleur l’augmente…

Plusieurs personnes, lorsqu’elles sont aux prises avec une douleur, minimisent l’utilisation des médicaments analgésiques, et ce, pour différentes raisons.

On parle ici d’une douleur modérée ou même sévère, liée à une lésion comme une entorse lombaire, une hernie discale, une arthrose du genou ou une tendinopathie (ce qu’on appelait anciennement une tendinite).

Les raisons pour un tel comportement sont dues le plus souvent soit à la culture ou à des croyances erronées.

Le but du présent texte n’est pas de discuter de ces raisons, mais bien de mettre en lumière que le fait d’endurer une douleur ouvre une porte toute grande ouverte à une douleur chronique.

Gestion de la douleur
 
La stratégie pour vaincre la douleur chronique repose sur deux types de modalités : les modalités actives et les modalités passives. Celles-ci sont toutes les deux importantes. Les médicaments analgésiques font partie des modalités passives. Ils sont nécessaires parce qu’ils permettent un soulagement qui facilite l’initiation aux modalités actives, comme la réadaptation par l’exercice.
 
Porte ouverte à la chronicité
 
L’importance des médicaments en gestion de la douleur commence bien avant que celle-ci devienne persistante. Lors d’une blessure ou au début d’une maladie dégénérative comme l’arthrose, les analgésiques sont d’une importance capitale, non seulement pour protéger la qualité de vie de la personne qui souffre, mais aussi pour prévenir la douleur chronique.

Notre pharmacien, M. Étienne Beauchemin, nous explique pourquoi dans la vidéo suivante :

 

 
Donc, un des plus grands facteurs de risque à la douleur chronique est une douleur nociceptive non contrôlée. Le fait d’omettre de prendre des analgésiques lors d’une affection qui engendre une douleur modérée à intense ouvre toute grande ouverte la porte à la chronicisation de celle-ci. Une douleur nociceptive non diminuée par un ou des analgésiques va sensibiliser le système nerveux central et initier le cycle infernal de la douleur persistante.
 
Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂
 

Psychologie de la douleur avec le Dr Sylvain Gervais

Le Dr Gervais est un des membres de l’équipe de conférenciers de la certification en réadaptation en contexte de douleur chronique qui se déroulera le 30-31 mai et 13-14 juin 2020 au Campus de Longueuil de l’Université de Montréal. Informations : 514 754-3475.


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Squats : Retenir sa respiration ou non ?

Si j’avais à choisir un exercice, seulement un, mon choix serait le squat.

Le squat est le « maître-exercice ».

Que ce soit pour la performance sportive ou la réadaptation, la plupart des spécialistes s’entendent sur le fait que cet exercice est le plus important.  C’est l’exercice par excellence pour l’entraînement de la chaîne postérieure (les muscles qui produisent l’extension de la hanche) si nécessaire à une foule de mouvements sportifs et de la vie quotidienne. Le squat est hautement « fonctionnel », c’est-à-dire qu’il transfère de façon importante les gains obtenus lors de l’exercice vers les fonctions que l’on veut améliorer.

Respiration durant le squat

Un  point créant beaucoup de confusion concernant le squat est la gestion de la respiration durant le mouvement. La façon correcte de gérer la respiration lorsque l’on fait un squat est de retenir celle-ci durant tout le mouvement. La raison est que la manœuvre augmente la pression abdominale et intrathoracique, stabilisant ainsi la colonne vertébrale (cliquez ici pour comprendre l’importance de la rigidité de la colonne). Cette manœuvre, nommée manœuvre de Valsalva, implique un effort expiratoire avec la glotte (espace entre les cordes vocales) fermée.

 

Figure 1 : Mécanismes de stabilisation du dos lors du squat  (traduit avec la permission de M. Mark Rippetoe).

Danger ?

Certains intervenants pensent que l’augmentation de la pression artérielle engendrée pourrait mettre le participant à risque pour sa santé. En fait, certains craignent que l’augmentation de la pression artérielle induise un anévrisme cérébral, voire la rupture de celui-ci. Un anévrisme cérébral est la dilatation d’une artère du cerveau à un endroit où la paroi de celle-ci est affaiblie par l’athérosclérose (ou, plus rarement, par un défaut morphologique).

.Figure 2 : l’anévrisme (source : http://www.docteurclic.com)

 

Gradient de pression

La différence de pression entre l’intérieur d’un vaisseau sanguin cérébral et l’extérieur du vaisseau est la pression transmurale.  Un anévrisme survient lorsque  la différence de pression (un gradient de pression) entre l’intérieur du vaisseau sanguin du cerveau et l’extérieur (pression intracrânienne, dans notre cas) est suffisamment grande pour que  la paroi du vaisseau sanguin (déjà affaibli) se distende (production de l’anévrisme) et, si la pression augmente encore plus, se rupture. C’est un évènement extrêmement rare qui survient si la paroi du vaisseau est affaiblie par l’athérosclérose dans un contexte génétique prédisposant (malformation congénitale).

Il est vrai que le squat augmente de façon très significative la pression artérielle moyenne (PAM). La cause est l’augmentation de la pression intrathoracique et intra-abdominale causée par la fermeture de la glotte, combinée à la contraction musculaire importante inhérente à l’exercice et à la pression sur les viscères engendrée par la flexion du tronc (figure 1).

Par contre l’autre élément de l’équation est la pression intracrânienne (PIC), c’est-à-dire la pression de l’autre côté de la membrane du vaisseau sanguin. Celle-ci est définie principalement par la pression du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau.

Or la pression du liquide céphalo-rachidien est directement liée à la pression veineuse centrale (le liquide céphalo-rachidien est réabsorbé dans la circulation sanguine au niveau des villosités arachnoïdiennes). Donc, si le squat augmente la pression artérielle moyenne, la pression est aussi accrue au niveau intracrânien, ce qui fait que la pression s’égalise des deux côtés. La pression transmurale étant équilibrée, le gradient de pression est donc nul et le danger d’anévrisme est éliminé.


PTM  = PAM – PIC

PTM : pression transmurale

PAM : pression artérielle moyenne

PIC : pression intracrânienne


Figure 3 : L’équation de la pression transmurale.

Donc, la respiration doit être bloquée durant tout le mouvement.

Le vrai danger de blessure survient lorsqu’on relâche celle-ci durant le mouvement, déstabilisant ainsi le tronc et exposant l’exécutant à un risque plus élevé de blessures orthopédiques.

 

Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

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Conférence Gratuite : arthrose du genou : mythes et réalités

Le but de ces rencontres est d’offrir du soutien moral aux personnes qui en ont besoin. Ces rencontres, centrées sur l’écoute, le partage d’expérience et d’information, sont gratuites et confidentielles.

Le groupe est sous la responsabilité de l’Association québécoise de la douleur chronique (AQDC).

Informations : 514 754-3475

Inscriptions : 514 355-4198

 

 

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Certification en réadaptation en contexte de douleur chronique IRDC 2020

Vous voulez intervenir avec des individus soufrant de douleurs chroniques ?

La certification en réadaptation en contexte de douleur chronique est exactement ce qu’il vous faut pour débuter une pratique avec des individus affectés par une douleur persistante ou pour vous mettre à jour avec cette affection de plus en plus prévalente.

La formation est interdisciplinaire (donnée par kinésiologues, pharmacien, psychologue, physiothérapeute, ostéopathe et ergothérapeute) et est fondée sur l’approche biopsychosociale.

 

La force de cette certification est de faire le pont entre les évidences scientifiques et l’intervention clinique.

C’est la raison pour laquelle la certification devient de plus en plus la norme au Québec. De nombreux centres et cliniques de réadaptation exigent la certification pour les professionnels y travaillant, et certains exigent le niveau 1 comme prérequis à l’embauche.

Téléchargez la brochure : IRDC 2020 brochure

Expliquer la douleur chronique aux jeunes enfants

Pour soutenir les milliers de parents aux prises avec la douleur chronique, l’Association Québécoise de la Douleur Chronique (AQDC) a collaboré avec l’auteure Isabelle Goupil pour le lancement du conte « Y’a de la visite ! ».

« Cet album jeunesse illustré offre un moyen original aux parents de démystifier ce qu’est la douleur chronique et de faciliter le dialogue avec leurs petits sur les imprévus engendrés par cette réalité. C’est une œuvre de cœur et de sens bénéfique pour les familles et nous la saluons. » affirme Mme Céline Charbonneau, présidente de l’AQDC.« Nous sommes plus d’un million de québécois et québécoises qui, chaque jour, doivent adapter la trajectoire de leur vie pour aller travailler, étudier, vivre, contourner et parfois affronter cette douleur qui envahit notre corps et nos sentiments. Tant de familles souffrent en silence. Un jour, je me suis dit que le partage est la meilleure parade contre la douleur. Alors j’ai imaginé un conte que j’ai intitulé « Y’a de la visite ! », à l’intention de toutes ces familles avec des enfants de 3 à 10 ans dont le quotidien est chamboulé par la douleur toujours présente, souvent invalidante et invisible d’un parent. » déclare Mme Goupil.

Pour vous procurer le livre : cliquez ici

 

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