Certification en douleur chronique

Selon les évidences scientifiques, l’exercice et la gestion de la douleur à l’effort sont  les deux piliers de la prise en charge de la douleur chronique ;

Une intervention efficace en réadaptation par l’exercice en contexte de douleur chronique doit être systématique et être combinée à une intervention sur les facteurs psychosociaux liées à la douleur et l’incapacité ;

Venir acquérir l’expertise théorique et pratique qui vous fera progresser de façon significative dans votre pratique.

Le Noël d’une étudiante en kinésiologie

Au milieu du tumulte causé par un virus qui chamboule nos plans pour un Noël qui avait été annulé l’an passé, une de mes étudiantes de troisième année en kinésiologie, Mme Valérie Cloutier, a choisi d’accomplir un geste qui prouve que la jeune génération est loin de se laisser abattre.

Celle-ci, en stage au centre de cardiologie préventive et réadaptation pulmonaire du CHUM, a décidé de venir en aide à un de ses patients dans le besoin. Normand (aux prises avec une maladie pulmonaire obstructive chronique), en plus d’avoir été sous les bons soins de Valérie a pu bénéficier d’un coup de main pour passer vraiment un joyeux Noël.

Lors de mon dernier cours de la session (exercice et atteintes neuromusculaires), Valérie m’a demandé si elle pouvait adresser un mot aux étudiants dans le but d’initier son petit projet mais qui aurait une grande portée.

« Nous avons amassé 1000$ pour venir en aide à Normand. Cette somme d’argent nous a permis de lui fournir 550$ de carte cadeau METRO, une carte cadeau d’Uniprix et une épicerie fraiche pour le temps des fêtes avec des aliments congelés »  

Rien de moins. Et ce, grâce à la contribution financière de ses collègues de classe.

« Laissez-moi vous dire que lorsqu’il a vu l’épicerie, il était sous le choc. À l’annonce d’une somme d’argent additionnelle pour se nourrir, il n’en revenait simplement pas. Le patient était extrêmement reconnaissant et heureux. »

Au début de l’année, dans tous mes cours, je déclare toujours ceci à mes étudiants et étudiantes :

« La chose la plus gratifiante pour un prof, c’est de voir ses étudiants le dépasser »

Valérie, mission accomplie.

Yvan

Comprendre la douleur de la blessure à la douleur chronique

Un article de Joël Bérubé,  kinésiologue. (voir sa bio)

Nous nous sommes tous déjà blessés au moins une fois. Que ce soit une fracture de stress ou une simple brûlure, nous savons tous ce que signifie avoir mal. Mais est-ce qu’on vous a déjà expliqué comment fonctionne la douleur? Son but, son rôle, et pourquoi elle peut persister sur plusieurs semaines, si pas des mois? Autant que les systèmes de la douleur puissent être complexes, ils peuvent être aisément appris.

Le système d’alarme du corps humain

On pourrait très bien remplacer le mot douleur par alarme. De la même façon que notre voiture est munie d’un système d’alarme, notre carrosserie biologique, soit notre corps, est munie d’un système de douleur.

Si je viens frapper votre voiture, elle se mettra à sonner. Si vous fermez la porte de votre voiture sur votre doigt, vous allez certainement aussi crier, mais le trauma engagera aussi plusieurs cascades réactionnelles.

Il existe deux chemins de nociception (soit la perception des stimulations génératrices de douleur). Un chemin rapide qui nous permet de retirer notre bras par réflexe et un chemin plus lent qui réagit à un signal plus faible mais constant tel que l’inflammation. Ainsi, lorsque la porte se ferme contre notre doigt, les nocicepteurs nous font ressentir une douleur vive pour nous avertir tel un bon système d’alarme qu’il y a danger et que nous devons retirer notre doigt.

Cela n’empêche malheureusement pas le fait qu’un traumatisme a eu lieu. Les lésions au niveau des tissus du doigt, qu’elles soient musculaires, ligamentaires ou osseuses vont créer un signalement au corps qu’il doit réparer les dégâts. C’est ce qui engage l’inflammation et ce qui cause la douleur qui nous suivra pendant plusieurs jours.

Le miracle de la guérison: comment une blessure se guérit

Au départ, le corps initie une phase de nettoyage qui dure de 2 à 3 jours. Le système immunitaire vient neutraliser les infections et dégrader les tissus morts. Pour permettre la mobilisation de fluides vers la région blessée, l’inflammation cause un œdème (une enflure) pour à la fois vasculariser les tissus et pour immobiliser la région afin de prévenir que l’on vienne encore plus irriter le site de blessure.

La deuxième phase, la phase fibroblastique, a pour but de réparer les dommages en construisant une matrice de collagène. Son alignement est important puisqu’une désorganisation des fibres augmente les chances de se blesser à nouveau. C’est une des raisons pour laquelle mobiliser rapidement une région blessée est important, puisque l’immobilisation peut créer une désorganisation de ces fibres.

La dernière phase, la consolidation, débute après 2 à 3 semaines et permet le remodelage des nouveaux tissus. La réorganisation du tissu cicatriciel par mise en tension de la musculature permet de retrouver un tissu sain et fonctionnel.

En bref, le corps se guérit automatiquement, ce qui est plutôt miraculeux en soi. Mais alors, pourquoi la douleur nous suit parfois plusieurs mois après notre guérison? Pourquoi est-ce que notre système d’alarme continue à nous avertir d’un danger qui n’est plus sur le bout de notre doigt?

L’hypersensibilisation du système nerveux central

Ce qui suit est l’information la plus importante. Si vous êtes aux prises d’une douleur persistante, la clé de votre succès est ici. La douleur n’est pas dans votre tête, vous avez simplement un système d’alarme hyperactif. En apprenant comment le calmer, il est possible de gérer et parfois même éliminer complètement la douleur!

Si vous avez déjà eu un bébé qui pleure sans cesse à vos côtés, vous savez que même si les pleurs signalent que quelque chose ne va pas, que ce soit qu’il ait faim, qu’il soit fatigué ou ait besoin de changer de couche, si rien ne fonctionne et qu’il pleure pendant des heures, vous allez devenir hypersensible à ses cris. De la même façon que l’on peut devenir plus sensible aux cris d’un bébé et commencer à réagir de façon irrationnelle, notre système nerveux central peut réagir de la même façon face à une douleur persistante.

Lorsque l’on se fait mal au bout du doigt, le neurone cheminant du doigt vers la colonne vertébrale (neurone #1), se rend et parle au neurone #2 qui se trouve au niveau spinal. Après trois mois de bombardement nociceptif, le neurone #2 devient hypersensible au message du neurone #1. Ainsi, son seuil d’activation devient plus bas et il se met à réagir plus rapidement à des sensations qui peuvent normalement être anodines. Aussi, il peut continuer à envoyer un signal de douleur alors que le neurone #1 a déjà arrêté de lui parler. C’est ce que l’on appelle l’hypersensibilisation du système nerveux central (SNC), ou plus communément la douleur chronique.

La perception de la douleur: il y aura des hauts et des bas

Il faut comprendre que la douleur est un concept biopsychosocial. Cela signifie qu’il y a trois composantes à la perception d’une douleur chronique. La composante biologique est due à l’hypersensibilisation du SNC telle que décrite plus haut, la composante psychologique provient de nos pensées conscientes et inconscientes et la composante sociale est reliée à notre culture et nos influences sociales.

Cela signifie que la douleur peut être modulée à la hausse ou à la baisse de façon consciente ou non selon notre culture, nos stress de la vie, l’opinion des autres face à nos incapacités, nos émotions, notre fardeau de la preuve face à notre employeur et aux instances gouvernementales si on est en arrêt de travail et bien d’autres facteurs. Ainsi, bien que la douleur soit d’origine biologique, ce qui se passe dans notre psychologique et dans notre cercle social est tout aussi important à considérer.

Alors, il est important de comprendre qu’à travers le processus de guérison, vous serez aux prises de hauts et de bas et que ceux-ci ne signifient pas nécessairement que vous régressez. Au contraire, parfois, il s’agit tout simplement d’une augmentation de notre perception de la douleur, car notre environnement affecte directement et indirectement notre biologie.

Comment gérer la douleur chronique

Afin de moduler directement la composante biologique, il existe deux méthodes : les modalités passives et les modalités actives.

Les modalités passives sont des techniques de gestion de douleur temporaires. Ils sont certainement efficaces et parfois nécessaires pour réduire l’inconfort, mais ils n’ont pas la capacité de résoudre la cause de la douleur. Par exemple, il est possible de prendre certains médicaments, faire usage d’infiltrations et de s’offrir des traitements en physiothérapie, ostéopathie ou en acupuncture.

Les modalités actives sont les techniques longs termes à privilégier. Puisque la douleur provient de l’hypersensibilité du SNC, l’objectif est alors d’utiliser l’activité physique afin de réduire sa sensibilité. En améliorant notre capacité physique, nos efforts vont devenir de plus en plus facile ce qui aura comme effet de réduire ce que l’on appelle la perception de l’effort. Une réduction de ce dernier vient directement réduire la perception de la douleur. L’inverse est aussi vrai, ce qui explique pourquoi l’immobilisation et l’augmentation de la sédentarité peuvent augmenter la douleur.

Pour utiliser les modalités actives, il est primordial de comprendre le concept de la gestion de la douleur à l’effort. Ce concept est fondamental pour éviter une augmentation de l’hypersensibilisation du SNC tout en permettant de réduire nos douleurs.

Réduire la douleur par l’activité physique

Pour gérer sa douleur à l’effort, il est important de porter attention au point d’inflexion. Il s’agit du moment où la douleur se met à augmenter. À ce moment, il est temps d’arrêter l’exercice. Ainsi, il est normal de ressentir une douleur pendant l’exercice, par contre, il est important de ne pas tolérer une douleur grandissante.

En trouvant des exercices qui n’augmentent pas la douleur, il sera possible d’augmenter notre capacité physique. C’est cette partie qui est plus difficile à accomplir seule et je n’oserais pas donner de conseils généraux sur comment y arriver sans en apprendre plus sur votre situation particulière. Bien qu’il est important de comprendre les concepts pour à la fois normaliser sa condition et pour savoir qu’il est possible d’y remédier, il est fortement conseillé de consulter un kinésiologue certifié en réadaptation en contexte de douleur chronique.

Tout le monde est affecté différemment par la douleur persistante et votre mode de vie et votre travail demandent différentes demandes physiques. Un kinésiologue saura déterminer des objectifs réalistes et atteignables en plus de vous supporter à travers les hauts et les bas du parcours.

Pour prendre un rendez-vous en clinique avec moi, vous pouvez suivre le lien suivant. Il me fera plaisir d’écouter votre histoire et de vous aider à prendre le contrôle une fois pour toutes de votre douleur persistante.

Site d’origine ; cliquez ici


M. Joël Bérubé a obtenu son titre de kinésiologue après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2020. Il est aussi un gradué du programme de certification en réadaptation en contexte de douleur chronique. Joël travaille en réhabilitation afin de permettre le retour efficace à l’activité physique après une blessure, en correction posturale et en gestion de douleur chronique. Il travaille aussi à la prévention et gestion de pathologies liées au vieillissement comme l’arthrose, la perte de masse musculaire, le diabète, l’hypertension et la santé cardiovasculaire.
Visitez son web spécialisé sur ce sujet : Optimizzation
Téléphone : 514-779-6187 Courriel : joel@optimizzation.com ;

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Douleurs aux poignets au bureau

Source : Alliance-Ergonomie Conseil : https://alliance-ergonomie.ca/2020/10/04/douleurs-aux-poignets-au-bureau/

 

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Parlons maintenant des douleurs aux poignets en lien avec le travail de bureau.

Quelles sont les facteurs de risques habituels ?

Comment tenter de corriger le problème ?

 

Les points d’appui sur les poignets

La première chose que je vérifie si vous avez des douleurs, c’est de voir si vous prenez appui directement sur le bureau ou sur le clavier avec vos poignets. C’est ce que l’on semble voir sur l’image ici à droite, où la dame semble prendre un appui sur ses poignets. D’autant plus que son corps est penché vers l’avant et qu’il pourrait une force, ou une compression mécanique, appliquée sur ses poignets.

Idéalement, lorsqu’on travaille avec le clavier sur la table (et non pas sur un support à clavier), ce sont les avant-bras qui devraient être déposés sur la table, et non pas les poignets. Il faut alors que la table soit assez profonde pour pouvoir y déposer les bras. Une largeur de 24 » à 30 » peut habituellement faire l’affaire. La seconde image de droite montre une femme dont l’appui semble plus approprié à son avant-bras gauche.

Appui sur les poignets au bureau, douleurs
Bras bien appuyé

La hauteur par rapport à la table

Si votre table est trop haute, il est possible que vous preniez appui sur votre table directement au niveau des poignets. Il est aussi possible que vous travaillez avec les poignets en flexion, soit fléchis vers le bas (comme à l’image ici à droite). Ce n’est vraiment pas l’idéal !

Si la table est trop basse, alors c’est le contraire. Vous pourriez vous retrouver avec les poignets en extension, comme sur la 2ème image ici à droite. Encore là, pas idéal.

Idéalement, pour le travail au clavier, la hauteur de la table devrait permettre à vos poignets d’avoir une position assez neutre. L’image ci-dessous montre une position des poignets qui semble neutre.

Poignets droits
Flexion des poignets et appui sur le bureau, douleurs
Extension des poignets et appui sur le bureau, douleurs

L’utilisation d’une table ajustable en hauteur pourrait faciliter un bon ajustement et un position plus neutre des poignets.

La reconnaissance vocale

Elle peut permettre de régler une bonne partie du problème à la source, en réduisant l’utilisation du clavier.

Cliquez ici pour plus d’informations sur la reconnaissance vocale.

Reconnaissance vocale ordinateur

Le clavier courbé

L’utilisation d’un clavier standard, ou clavier droit, peut impliquer des postures contraignantes pour les poignets. On les appelle déviations cubitales (voir l’image à droite).

Selon la littérature, il y aurait certaines indications (« limited evidence ») que l’utilisation d’un clavier courbé pourrait possiblement aider à prévenir le syndrome du canal carpien. Un tel clavier permet de garder les poignets en position plus neutre.

Voir image ici-bas, et cliquez pour suivre le lien, pour plus d’infos.

Clavier Microsoft

Le tapis de souris

En avez-vous vraiment besoin ??

Selon le CCHST, l’utilisation d’un appuie-poignet pourrait amener plus de pressions sur le canal carpien, au niveau du poignet, et favoriser le développement d’un syndrome du canal carpien.

Je conseille donc en général de retirer le tapis de souris, surtout s’il est muni d’un appuie-poignet. Cet équipement pourrait même donner un faux sentiment de sécurité, et certaines personnes vont avoir tendance à s’appuyer sur leur poignet. Non, ce n’est pas une bonne idée.

Il est possible d’utiliser la souris directement sur la table.

Poignets en mauvaise position

 

Utiliser deux souris

Si les douleurs se retrouvent plus de votre côté dominant (ex : poignet droit), vous pouvez essayer d’ajouter une 2ème souris à gauche. Ceci vous donnera des périodes de récupération à votre main dominante. Et donnez-vous le temps pour vous habituer ! On a besoin d’au moins 3 ou 4 semaines pour s’habituer au changement.

Souris à gauche et à droite

Et bien sûr…

Cet article ne vise pas à décortiquer toues les situations rencontrées en ergonomie de bureau pour les douleurs au poignet. Il vise simplement à donner des informations de base pour vous aider à prévenir les douleurs et les inconforts, selon les possibilités.

Dans le doute, rien ne vaut une bonne consultation avec un professionnel !


Emmanuel œuvre dans le domaine de la réadaptation depuis 2004, d’abord comme Conseiller en réadaptation à la SAAQ, puis comme Ergonome depuis 2010. Celui-ci admet avoir beaucoup de plaisir dans sa vie professionnelle, qui l’amène parfois à descendre dans des mines, ou encore à grimper dans des structures de manèges !

Depuis 2020, il offre davantage de services en ergonomie de bureau pour le gens qui se sont retrouvés en télétravail. Son blog offre plusieurs pistes de solutions simples, pour des situations de base que celui-ci rencontre fréquemment dans sa pratique.

Site web : https://alliance-ergonomie.ca/

Page Facebook : https://www.facebook.com/allianceergonomie

Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/emmanuel-benoit-b8224810/

Courriel : e.benoit@alliance-ergonomie.ca

 

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