Hernie discale : pourquoi la douleur persiste ?

Hernie discale : la douleur n’arrête plus, pire elle empire ; pourquoi et comment faire pour l’éliminer.

 


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

La protrusion discale de A à Z: C’est quoi, et que faire?

Un article de M. Anas Boukas, physiothérapeute, membre de notre filière européenne !
 

 

 

Vous avez mal au dos depuis un moment, et avez consulté un médecin qui vous a prescrit une résonance magnétique (IRM). Dans le rapport d’imagerie, le médecin radiologue fait mention d’une protrusion discale. On parle de protrusion médiane, bilatérale, postéro-médiane, L4-L5, L5-S1…que de termes compliqués et effrayants!

rapport d'IRM indiquant une profusion discale
Exemple de rapport d’imagerie par résonance magnétique (IRM) indiquant une protrusion discale.
Est-ce grave? Est-ce que ça guérit bien? Et avant tout, c’est quoi exactement, une protrusion discale? On entend souvent parler de la hernie discale (voir explicatif sur la hernie; cliquez ici) , ce diagnostic qui en fait trembler plus d’un (comme on peut le voir dans plusieurs forums sur le mal de dos).   Dans l’article suivant, nous couvrons tout ce qu’il vous faut savoir concernant la protrusion discale, en mettant l’accent sur des notions simples et pratiques. Vous quitterez avec une meilleure compréhension de votre condition, ainsi que des outils pour vous aider dans le traitement de votre douleur.  

Définition

  Impossible de vous faire comprendre ce qu’est une protrusion discale sans vous faire une petite leçon d’anatomie. Comme la protrusion implique les disques intervertébraux, débutons par identifier les principales structures faisant partie de la colonne vertébrale: anatomie du rachis et de la colonne lombaire Le rachis (ou colonne vertébrale) est composé de vertèbres superposées. Dans la région lombaire (le bas du dos), on compte 5 vertèbres qu’on appelle L1, L2, L3, L4, et L5. Soulignons que le rachis se termine par le sacrum, cet os triangulaire également composé de 5 vertèbres soudées (S1, S2, S3, S4 et S5). Entre chaque vertèbre, il existe un disque intervertébral. Par exemple, on appelle disque L4-L5 le disque qui se situe entre les vertèbres L4 et L5. Le disque L5-S1, quant à lui, se trouve entre la dernière vertèbre lombaire (L5) et la première vertèbre sacrée (S1). anatomie du disque intervertébral incluant le noyau et l'anneau fibreux En résumé, les disques intervertébraux sont des structures situées entre 2 vertèbres consécutives. Lorsqu’on étudie la composition de ces disques, on aperçoit qu’ils ressemblent à des coussinets. Plus spécifiquement, ils sont composés d’un noyau gélatineux (Nucleus pulposus) dans la région centrale, entourée d’un anneau fibreux (Annulus fibrosus). Mais à quoi servent les disques intervertébraux? Parmi leurs rôles, nous comptons notamment:

Rôle des disques intervertébraux:

-La séparation des vertèbres de la colonne vertébrale -L’absorption des chocs lors des mouvements impliquant un impact (marche, course, saut, etc.) -La répartition des pressions grâce au noyau gélatineux -La mobilité entre les vertèbres Pour mieux saisir la définition de protrusion discale, et son lien avec vos symptômes, revenons sur l’anatomie du disque intervertébrale en tant que tel. Tel que mentionné, celui-ci est composé d’un noyau gélatineux qui est entouré d’un anneau fibreux. Ce qu’il faut retenir, c’est que le noyau gélatineux peut se déplacer à l’intérieur du disque. analogie entre le disque intervertébral et un beigne fourré à la crème
La meilleure analogie pour comprendre ce phénomène, c’est l’image d’un beigne fourré de crème. On peut comparer la crème au noyau gélatineux, tandis que le beigne en soi constitue la structure fibreuse. Dans ce contexte, il est facile de comprendre que la crème peut se déplacer à l’intérieur du beigne en fonction des pressions générées autour du beigne. De la même façon, le noyau gélatineux peut se déplacer à l’intérieur du disque. Il peut même pousser sur les rebords de l’anneau fibreux et «déformer» la structure du disque. C’est exactement ce qu’il se passe suite à une protrusion discale. En résumé: Une protrusion discale réfère à une saillie du disque en raison d’une pression du noyau gélatineux sur l’anneau fibreux. Évidemment, cette déformation du disque peut faire saillie vers les canaux nerveux, et exercer une pression supplémentaire sur les structures environnantes.  

La différence avec la hernie discale

  Reprenons notre analogie pour apprécier la différence entre protrusion et hernie discale. Nous avons mentionné que la crème qui poussait sur les rebords du beigne était l’équivalent d’une protrusion discale. Le problème, c’est que la crème peut également sortir du beigne si la pression exercée est assez forte. Dans le cas d’une hernie discale, le noyau gélatineux transperce les fibres de l’anneau qui l’entoure, ce qui crée un glissement du disque vers le canal rachidien. En fonction du degré d’atteinte, on peut qualifier la hernie discale de plusieurs types : differents types de hernie discale

Bombement

 C’est une autre appellation pour qualifier la protrusion discale. Pour rappel, le disque est déformé, mais le noyau gélatineux n’a pas encore percé l’anneau fibreux. Soulignons qu’une protrusion peut parfois évoluer vers une hernie discale, si la pression exercée par le noyau gélatineux est assez importante et transperce l’anneau fibreux.

Extrusion

Dans ce cas, la hernie a transpercé l’anneau fibreux, mais la section du noyau gélatineux qui fait saillie demeure en contact avec le reste du noyau gélatineux présent dans le disque intervertébral.

Séquestration

Ici, le bris est si important qui la partie du noyau qui fait saillie n’est plus en contact avec le reste du disque intervertébral.   

Comment diagnostiquer une protrusion discale ?

  Si vous êtes en train de lire ces lignes, c’est probablement parce que vous avez passé une imagerie médicale indiquant d’une (ou de plusieurs!) protrusion(s) discale(s) dans votre région lombaire. Actuellement, il n’y a que l’imagerie médicale qui est en mesure de diagnostiquer une protrusion discale. D’ailleurs, une résonance magnétique est capable de clarifier le niveau où se trouve la protrusion, ainsi que d’autres caractéristiques (irritation nerveuse, type, etc.). protrusion discale diagnostiquée par imagerie médicale (IRM) En clinique, un professionnel de santé peut effectuer certains tests et émettre une hypothèse d’atteinte discale. Parmi ces tests, on compte entre autres les réflexes, les myotomes (force et endurance des membres inférieurs), les dermatomes (sensibilité dans les jambes), ou encore les tests de mise en tension nerveuse. Toutefois, ces tests d’évaluation présentent certaines limites qui empêchent d’émettre un diagnostic ultra précis.  
 
thérapeute effectuant un test clinique pour clarifier le diagnostic de mal de dos

Protrusion discale et mal de dos (les symptômes)

  J’aurai besoin de TOUTE votre concentration pour la suite de cet article. En effet, ce que je m’apprête à vous dire est d’une importance capitale, et doit être compris afin d’éviter la chronicisation de votre condition (en d’autres mots, la persistance de vos douleurs dans le temps). Commençons par des statistiques qui, je l’espère, remettront en question votre vision de votre condition : -Chez des jeunes de 20 ans n’ayant aucune douleur lombaire, 29% avaient une protrusion discale. -Chez des personnes âgées de 80, encore une fois sans mal de dos, 43% avaient une protrusion discale
Patient confus des choses contradictoires qu'il entend sur le mal de dos
 
Mais alors, me direz-vous, quel est le lien entre ma protrusion discale et mon mal de dos? C’est simple. Si vous souffrez du dos et qu’on vous a diagnostiqué une protrusion discale, il est possible que celle-ci soit responsable de votre douleur. Les symptômes souvent rencontrés sont une douleur localisée (elle peut parfois irradier jusque dans la fesse), augmentée par la position assise, se pencher vers l’avant, et soulever des charges lourdes. Mais il est également possible qu’elle soit présente bien avant l’apparition de vos symptômes, ou encore qu’elle n’est aucunement reliée à votre mal de dos. Pourquoi? Parce que le corps a une capacité d’adaptation hors du commun. Si jamais les changements se sont fait progressivement, il est possible que votre corps se soit adapté à la saille provoquée par la protrusion discale. Également, comme la douleur est souvent le résultat d’une irritation nerveuse, il est possible que votre protrusion discale ne crée pas de symptômes, simplement car elle ne vient pas en contact avec un nerf ou une racine nerveuse.
lumbago et mal de dos
La morale? La protrusion discale peut parfois occasionner des symptômes, alors qu’elle est asymptomatique chez certaines personnes. Le plus important, c’est de corréler les trouvailles trouvées à l’imagerie avec une évaluation clinique. J’ai mentionné précédemment que le professionnel de la santé pouvait faire certains tests cliniques, et que ceux-ci présentaient des failles. Par contre, ils peuvent aider à corroborer le diagnostic émis par le radiologue suite à une imagerie médicale. Et surtout, cette évaluation permet d’identifier les déséquilibres musculaires et articulaires, en plus d’éliminer les potentielles atteintes sérieuses de la colonne vertébrale.  

Le traitement: Que faire

  Bon, on vous a diagnostiqué une protrusion discale, et votre dos vous fait souffrir. Vous avez pu apprendre en parcourant cet article que le diagnostic de protrusion discale n’était pas forcément relié à vos symptômes. Mais il demeure que vous avez mal au dos. Que faire pour diminuer ses douleurs lombaires, et reprendre ses activités?
Suite à une évaluation adaptée, un thérapeute saura vous guider dans le traitement de votre lombalgie.
Évidemment, consulter un professionnel de santé vous permettra d’adapter le traitement en fonction de votre condition. Généralement, on débute par des traitements conservateurs visant à vous soulager, en plus de restaurer vos mouvements et maximiser votre fonction. Un thérapeute qualifié pourrait utiliser une des techniques suivantes pour vous aider :

Liste (non exhaustive) des traitements conservateurs

Méthode Mckenzie -Massage et mobilisation -Manipulation articulaire
Exercices thérapeutiquesTechniques de méditationTechniques de respiration -Yoga et/ou Pilates
 
Il existe également des traitements alternatifs utilisés dans le traitement du mal de dos (incluant les protrusions discales). Bien qu’elles démontrent une absence de preuves scientifiques, elles sont souvent utilisées, parfois avec succès.

Liste (non exhaustive) des traitements alternatifs

 Produits naturels -Acupuncture -Cupping mal de dos et acupuncture
 
Finalement, des traitements invasifs sont parfois envisagés lorsque la douleur persiste, et que les traitements précédents se sont avérés inefficaces. En général, il est rare d’avoir recours à ces méthodes dans le cas de protrusion discale. Quoiqu’il en soit, il convient de consulter son médecin qui saura vous guider dans le processus.

Liste (non exhaustive) des traitements invasifs

 InfiltrationsChirurgie infiltration de cortisone mal de dos

Pronostic: C’est grave docteur ?

  «Ça guérit bien, une protrusion discale?» C’est une question que je reçois régulièrement, soit en clinique ou via les internautes. émotions reliées au mal de dos
 
Désolé, mais je vais y aller de la réponse habituelle…ça dépend! Ça dépend de quoi? De plusieurs facteurs. Oui, il y a les facteurs physiques qui nous donnent un indice sur le pronostic. Par exemple, un mal de dos chronique est plus difficile à traiter qu’un lumbago aigu (surtout s’il s’agit du premier épisode de mal de dos). Ou encore, une douleur localisée est généralement plus simple à traiter qu’une lombalgie irradiant dans les deux jambes. Mais outre les facteurs physiques, sachez que les facteurs psychosociaux sont encore plus déterminants pour prédire l’évolution de votre mal de dos. Croyez-le ou non, mais la masse corporelle (ie. Votre poids) n’est pas un facteur de risque de chronicité du mal de dos. Par contre, votre satisfaction au travail est intrinsèquement reliée au risque de développer des douleurs lombaires persistantes. Idem pour vos relations familiales. Sans parler de votre état d’esprit (stress, dépression, isolement, etc.) temps de guérison mal de dos
 
Bref, le risque que votre protrusion discale se transforme en douleur chronique est également relié à votre situation démographique, familiale ou occupationnelle… et pas seulement à votre condition lombaire!  

Conclusion (et le message à retenir!)

Voilà pour la protrusion discale! Si jamais votre médecin vous a posé ce diagnostic par imagerie médicale, la première chose est de ne pas paniquer! Déjà, il n’est pas garanti que ce soit la protrusion qui soit responsable de vos douleurs (un professionnel de santé saura vous le confirmer). Ensuite, il ne faut pas confondre protrusion et hernie discale, ce diagnostic qui en fait trembler plus d’un. Dès le moment où on exclut les atteintes sérieuses, le pronostic est généralement favorable en présence de protrusion discale. Par contre, il faut comprendre que la douleur ne va pas s’estomper en restant inactif. En effet, une approche proactive est LA solution de choix pour celui ou celle qui désire guérir de façon optimale, en plus de prévenir les récidives de blessure. Prenez également conscience des facteurs psychosociaux qui dont intrinsèquement liés à vos symptômes et votre pronostic de guérison.

Guérir du dos, c’est possible !
Parmi les traitements disponibles, on compte des techniques plus naturelles ou alternatives, et les méthodes invasives ne sont généralement pas nécessaires en présence de protrusion discale. Assurez-vous de trouver un professionnel de santé d’expérience et de confiance qui sera votre allié et votre guide. Bonne guérison!

Vous cherchez des techniques de massage, d’étirement ou des exercices pour soulager votre dos? Bénéficiez de ces techniques d’auto-traitement pratiques et sécuritaires pour réduire vos douleurs au travail ou à domicile !

Cliquez ici


M. Anas Boukas a obtenu son titre de physiothérapeute après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2013. En 2017, il part à l’aventure et transporte sa pratique au Qatar où il œuvre maintenant  au « International Physiotherapy Centre ».

A part sa pratique clinique, Anas travaille à vulgarisation de tout ce qui a trait au mal de dos et à la douleur chronique. Vistez son web spécialisé sur ce sujet : www.lombafit.com.

Autres textes relatifs

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Est-ce les périodes de canicule augmentent la douleur ?

Cette semaine je vous explique les mécanismes qui font en sorte que les périodes de grandes chaleurs rendent la vie si difficile aux douloureux chroniques, et le point sur … mes cheveux et ma barbe !

 


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

Produits naturels contre le mal de dos: Faut-il se méfier ?

Un autre excellent article de M. Anas Boukas, physiothérapeute, membre de notre filière européenne !    

 

 

Je sais pas pour vous, mais personnellement, je déteste consommer des médicaments! Je suis certain que plusieurs d’entre vous partagez ma philosophie. En tout cas, je comprends mes patients lorsqu’ils me demandent s’il existe des alternatives naturelles aux médicaments pour soulager leur mal de dos. Plusieurs viennent me voir avec diverses crèmes, onguents, rémèdes de grand-mère ou autre, et se demandent si ça peut guérir leur mal de dos.

 

homeopathie pour le mal de dos

 

Dans l’article suivant, nous discuterons de la place des produits naturels souvent utilisés en phytothérapie et en homéopathie dans le traitement du mal de dos. Sont-ils réellement utiles, ou plutôt une façon pour les charlatans de se remplir les poches? Nous étudierons la question d’un point de vue scientifique, puis pragmatique, avant de donner des recommandations vous permettant de prendre les meilleurs décisions par la suite.

Méthode scientifique

 Autant vous le dire tout de suite. Les fervents défenseurs de la science ne sont pas fan des produits naturels. Demandez à votre médecin ce qu’il pense de tel ou tel produit naturel, et voici ce que vous aurez probablement comme réponse :

« Il n’y a pas assez d’évidences scientifiques démontrant des effets bénéfiques des produits naturels, donc c’est une perte de temps! »

Ou encore:

« C’est pas prouvé par la science, donc c’est nul! »

Ou encore celle-là (il se peut que ce soit votre physiothérapeute (kiné) qui vous la dise):

« Il n’y a rien de mieux que l’activité physique après un mal de dos, donc vous devriez vous concentrer sur votre programme d’exercices et oublier tout le reste! »

Si on étudie les produits naturels d’un point de vue scientifique, votre médecin et thérapeute ont probablement raison. D’une part, il existe très peu d’études établissant une relation entre produits naturels et effets favorables sur les lombalgies. Ensuite, plusieurs produits et traitements alternatifs n’ont pas été plus efficace  qu’un placebo. Finalement, lorsqu’on étudie de plus près les quelques études qui se sont penchées sur les produits naturels (surtout celles qui ont montré des résultats encourageants), on réalise bien vite que leur méthodologie laisse souvent à désirer. 

Le «problème» avec la science

Lorsqu’on étudie l’efficacité d’un traitement d’un point de vue critique, on se fie bien le plus souvent aux études scientifiques publiées. Certes, l’approche évidence-based (EBP) intègre également l’expérience du praticien et les croyances du patient, mais elle met un accent particulier sur les évidences scientifiques et dernières recherches cliniques. Dans le cas des produits naturels, nous avons mentionné ci-haut que les études étaient soit limitées, soit de mauvaise qualité. Problématique, n’est-ce pas?

Dans ce contexte, il est facile de comprendre pourquoi les « scientifiques » ont une vision souvent négative (pour rester poli!) des produits naturels. Ces derniers font d’ailleurs partie de la médecine alternative. Prenons justement un moment pour discuter de l’expression «alternative». Alternative à quoi, me direz-vous?

medecine alternative vs conventionnelle

La médecine alternative a vu le jour notamment pour palier aux limites de la médecine conventionnelle. Sans vouloir rentrer dans un débat politique, plusieurs accusent la médecine moderne d’être devenue une institution qui «déshumanise» le patient en le mettant en second plan. Sans parler de la course aux profits en association avec les industries pharmaceutiques. Bon, plusieurs diront que l’accusation est exagérée, voire grave…Mais elle demeure tout de même sur les lèvres de plusieurs homéopathes, acupuncteurs, ou entre énergéticien.

Bref, je divague!

Au moins, vous comprendrez à présent pourquoi certains docteurs et scientifiques accusent la médecine alternative d’être parfois frauduleuse, irresponsable ou encore contraire à l’éthique.

Revenons à nos produits naturels et leur rôle à jouer dans le mal de dos. Peut-on blâmer un traitement d’être peu étudié? Et surtout, un manque de preuve scientifique est-il l’indication que le traitement en question n’est pas du tout efficace? À vous de juger…

Les produits naturels sur le marché

Oublions le fameux débat «médecine moderne» vs «médecine alternative» pendant un moment. Dans cette section, je vous présenterai certains produits naturels disponibles sur le marché. Je vous avertis, cette liste est loin d’être exhaustive!  D’ailleurs, si vous écrivez «Remèdes naturels contre le mal de dos» sur Google, vous verrez qu’il existe une quantité quasi infinie de plantes, cataplasmes, comprimés, ou solutions proposées! Difficile de choisir, n’est-ce pas? Discutons de ceux qui reviennent le plus fréquemment, et qui sont souvent utilisés en phytothérapie et en homéopathie: 

Glucosamine et chondroïtine

La glucosamine et la chondroïtine sont des suppléments souvent utilisés pour les douleurs articulaires. D’ailleurs, ils sont présents naturellement dans le corps, dans le liquide synoviale et le cartilage entourant les articulations. Ils sont d’ailleurs utilisés dans le traitements des douleurs aux genoux de type arthrosiques, avec des preuves scientifiques encourageantes. Pour le mal de dos, par contre, les études sont limitées et ne semblent pas aussi encourageantes. Il en demeure que certains médecins choisissent de prescrire ces suppléments à leurs patients souffrant de maux de dos.

Vitamine D

Il existe certaines évidences indiquant un lien entre le manque de vitamine D et les douleurs chroniques. Dans une étude, on a pu voir une amélioration des symptômes chez des gens souffrant de lombalgie et qui ont utilisé une supplémentation en vitamine D. Dans cette optique, certains médecins proposent de réguler le niveau de vitamine D chez les patients souffrant de douleurs chroniques, et d’offrir des suppléments pour les aider à diminuer leurs maux de dos.

Curcuma

Cette épice est surtout utilisée dans les curry Indiens, mais est également reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires (le composéa actif de ce produit, la curcumine, lui donne ses propriétés antalgiques). Elle peut être consommée sous forme de tisane mélangée avec du thé, ou tout simplement en capsule ou en liquide. 

Pommade à la capsaïcine

Le fameux Baume du tigre, vous connaissez? Ne vous inquiétez pas, il ne contient aucun extrait animal, et encore moins de tigre! Ce baume très utilisé en Asie contient plusieurs ingrédients, dont les plus fréquents sont le camphre, la capsaïcine et le menthol (c’est d’ailleurs ce qui lui donne son odeur et sa chaleur caractéristique!). Il est très utilisé pour les douleurs inflammatoires, musculaires et ostéoarticulaires (et donc régulièrement contre le mal de dos).

baume du tigre

Bryonia alba

La Bryonia est préparée à partir de la bryone blanche, une plante herbacée grimpante originaire d’Europe et d’Asie Centrale. Comme plusieurs produits homéopathiques, la Bryonia se consomme en granules, pilule, liquide, poudre orale ou pommade.

Arnica

L’Arnica est une plante dont on utilise les fleurs pour traiter diverses douleurs. Elle contient un ingrédient actif, l’helenalin, qui lui donne ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques. Elle est appliquée sous forme de gel, de crème ou de pilule. Les effets secondaires, bien que rares, peuvent inclure de l’irration et de la rougeur au niveau de la peau (principalement lorsqu’elle est appliqué de façon topique).


Vous cherchez des techniques de massage, d’étirement ou des exercices pour soulager votre dos? Bénéficiez de ces techniques d’auto-traitement pratiques et sécuritaires pour réduire vos douleurs au travail ou à domicile !

Cliquez ici


 

Cataplasme d’argile

Il s’agit d’un remède de grand-mère assez connu. Ici, on utilise l’argile pour ses dites propriétés anti-douleur. On mélange de la poudre d’argile avec de l’eau, ce qui crée une pâte. On applique ensuite cette pâte (parfois chauffée préalablement au four) sur la zone douloureuse, et y ajoutant parfois un bandage compressif. 

Écorce de saule blanc

L’écorce de saule blanc, un arbre atteignant jusqu’à 25 m de hauteur, est traditionnellement utilisée en Chine pour ses propriétés médicinales. Parce que son écorce contient de l’acide salycilique, elle est supposée agir contre les douleurs, problèmes articulaires et arthritiques, entre autres.

Le problème avec les produits naturels

Avez-vous déjà vu une affiche publicitaire mentionnant quelque chose du genre:

«Remède GARANTI contre le mal de dos (en plus de votre grippe, vos infections urinaires répétées, vos problèmes d’estomac, votre stress et vos problèmes conjugaux!) »   -M. Vendeur-Sans-Scrupules

Ou encore, peut-être avez-vous déjà lu un témoignage du genre:

«J’ai tenté ce produit, et mes douleurs lombaires chroniques ont complètement disparu en moins de 3 jours!»    -Mme. Faux-Témoignage(?)

Oui, cette stratégie marketing est malheureusement (trop) souvent utilisée pour faire l’éloge de certains produits naturels contre les lombalgies. Lorsqu’on souffre du dos, on est souvent désespéré, et encore plus lorsque nos douleurs sont chroniques. Il est donc facile pour un vendeur mal intentionné de prendre avantage de la situation. C’est ainsi que plusieurs produits «miracles» sont vendus sans scrupules à des gens en quête d’espoir de façon régulière. Ne l’oublions pas, il faut d’abord se procurer ces produits, et certains s’avèrent très coûteux en bout de ligne.

Non, les produits naturels ne sont pas la solution miracle pouvant mettre fin à vos problèmes de dos. Au contraire, certains pseudo-remèdes peuvent même s’avérer dangereux pour votre santé s’ils sont mal utilisés. Laissez-moi m’expliquer: Malgré le fait qu’ils soient fortement dilués, certains produits, suppléments ou extraits peuvent tout de même contenir des impuretés. D’ailleurs, depuis l’augmentation de leur popularité dans les dernière années, on a observé une hausse significative des appels aux centre anti-poison.

Un produit impur peut causer de graves problèmes de santé, par exemple en endommageant le foie. Il peut également interagir avec d’autres médicaments et causer des effets indésirables significatifs. Il est donc CRUCIAL d’informer son médecin de tout produit naturel que vous prenez afin qu’il fasse les ajustements nécessaires au besoin.

Mon (humble) opinion d’expert

En toute honnêteté, mon opinion sur le sujet des produits naturels est mitigée. Je dois vous avouer qu’en tant que physiothérapeute (l’équivalent d’un kinésithérapeute en France), on est fortement axé sur les évidences scientifiques. Ainsi, considérant l’absence de preuves, il m’est difficile de recommander en première intention ces produits à mes patients. Par contre, je suis bien conscient qu’il existe des limites à l’approche purement « scientifique », et que l’empirisme a également sa place dans le traitement des lombalgies. Ensuite, il faut se rappeler que ce ne sont pas tous les produits naturels qui sont mis de l’avant comme LA solution aux lombalgies. Tant que la stratégie marketing pour faire la promotion de certains produits naturels est honnête et fondée, je n’y vois personnellement pas d’inconvénients…

 

Voici ce que je propose aux personnes souffrant du dos, et qui considèrent les produits naturels pour diminuer leur douleur :

 

  • -Idéalement, nous devrions prioriser avant tout les solutions démontrées scientifiquement contre le mal de dos (exercice, gestion du stress, qualité de sommeil, etc).
  • -Faire part à son pharmacien et médecin de tout produit naturel consommé.
  • -S’assurer que le produit consommé détient des ingrédients purs, et avec un dosage optimal.
  • -Tester untel produit pendant 2 semaines, puis réévaluer son impact sur les symptômes et la qualité de vie (et non consommer aveuglément un produit indéfiniment).
  • -Considérant le manque de preuves, éviter les produits naturels chez certaines populations «à risque»  (femme enceinte, allaitement, enfants, personne lourdement médicamentée)

 

Conclusion

Le but de cet article n’était pas de me position en faveur ou contre les produits naturels. Au contraire, je voulais vous exposer la situation en mentionnant les points positifs et négatifs de ces remèdes, et la façon dont leur utilisation peut être interprétée. Et surtout, de vous aider à prendre des décisions éclairée.

La vérité ( la vraie de vraie ! ), c’est que personne ne peut vous garantir que tel ou tel produit naturel sera efficace à 100% pour votre dos. Et ça, beaucoup de professionnels de la santé auront de la difficulté à vous l’avouer! Après tout, nous avons étudié pendant plusieurs années, et sommes supposés avoir réponse à tout!

Pas vraiment…

Comme les études ne sont pas catégoriques, il n’y a pas encore de lignes directrices entourant la consommation de produits naturels. Malheureusement, il faut presque y aller par essai et erreur. Certes, vous pouvez demandez l’aide d’un professionnel en cas de besoin (homéopathe, naturopathe, etc). Mais le plus important, c’est que vous observiez des résultats favorables après un délai raisonnable. Si ça fonctionne pour vous, et que c’est fait dans un cadre sûr, pourquoi ne pas continuer? Par contre, si vous ne voyez pas d’amélioration après un certain temps, ne vous acharnez pas à continuer, et recherchez d’autres alternatives.

Terminons par LE point le plus important. Et là, j’ose espérer que tous les thérapeutes et professionnels de santé seront d’accord avec moi. Une bonne santé du dos est un processus, et ne peut se résumer uniquement à l’utilisation d’un produit, remède ou technique en particulier. La douleur touche plusieurs sphères de la vie, et doit donc être traitée en intégrant l’aspect physique, psychologique, sociale, etc.

Et pour l’instant, il n’existe à ma connaissance aucune crème, pilule ou onguent permettant de traiter tous ces aspects en même temps!


M. Anas Boukas a obtenu son titre de physiothérapeute après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2013. En 2017, il part à l’aventure et transporte sa pratique au Qatar où il œuvre maintenant  au « International Physiotherapy Centre ».

A part sa pratique clinique, Anas travaille à vulgarisation de tout ce qui a trait au mal de dos et à la douleur chronique. Vistez son web spécialisé sur ce sujet : www.lombafit.com.

Autres textes relatifs

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


 

« Lombalgie non-spécifique » … vraiment ?

Très bonne réflexion du kinésiologue Patrick Roy, spécialiste en douleur chronique et conférencier résident au programme de certification en réadaptation en contexte de douleur chronique.


« Lombalgie non-spécifique »… comme si la douleur échappait au déterminisme, aux lois de cause à effet.

Comme si la douleur était sans fondement, sans particularité, sans mécanismes identifiables.

La lombalgie non-spécifique n’existe pas. Il s’agit plutôt de lombalgie non-spécifiée.

Le diagnostic n’est pas posé. Les mécanismes responsables, peu importe qu’ils soient nociceptifs, inflammatoires, neuropathiques, nociplastiques, ou psychologiques, ne sont pas cernés.

Les structures dysfonctionnelles, qu’elles soient périphériques ou centrales,ne sont pas identifiées.

Tel est le cas pour 85% des personnes souffrant de lombalgie persistante.

La recherche étudie ces « lombalgies non-spécifiques » comme s’il s’agissait d’un groupe homogène. Après, on se surprend que ces travaux n’arrivent à déceler que la présence de facilitation supra-spinale de la douleur et de facteurs psychosociaux, pourtant des conséquences logiques et les seuls éléments communs au fait de souffrir longuement. Oui, ils peuvent perpétuer le problème par circularité, mais l’erreur consiste à parfois considérer ces mécanismes comme exclusifs, pour tout cas individuel de lombalgie non-spécifiée.

« Assess, don’t assume ».


Patrick Roy-V., B.Sc.,Kin, SRDC

Kinésiologue diplômé de l’Université de Montréal, membre accrédité de la Fédération des Kinésiologues du Québec (FKQ), monsieur Roy a plus de 12 ans d’expérience en évaluation de la condition physique et prescription de programmes d’exercices, auprès de clientèles ayant divers problèmes de santé. Son approche efficace est basée sur les plus récentes recherches scientifiques et est adaptée aux besoins spécifiques de chaque client. Celui-ci est aussi conférencier et aide à former les kinésiologues et autres professionnels du secteur de la santé qui œuvrent auprès de clientèles en douleur persistante.


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

Les bienfaits de l’Activité Physique Adaptée en milieu Aquatique

Un très bon article de M. Jacinto Batata, spécialiste en Activité Physique Adaptée / vieillissement et prévention des chutes (Licence STAPS, Université de Montpellier ) .

 

 

Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité, au poids du volume de liquide déplacé.

Aucun corps plus léger que le liquide où il est abandonné ne sera complètement immergé, mais restera en partie au-dessus de la surface du liquide.

Traité des corps flottants de Archimède.

Ce que Archimède (Archimède de Syracuse -287 à -212 av JC) découvrit à son époque est toujours d’actualité ! Dans l’eau, on est certes ralenti, mais quelle sensation extraordinaire de légèreté !

Pourquoi a-t-on du mal à démarrer la pratique d’une activité physique régulière ?

Prenons les choses dans l’ordre. Dans notre sujet où l’on traite de l’Activité Physique Adaptée, quelle est la raison essentielle pour laquelle un individu lambda, n’ayant pas l’habitude d’exercer une activité physique, refuse de se mettre à pratiquer ?

La douleur… La fatigue… Le poids… L’arthrose… Les rhumatismes… La phobie de l’eau… La pudeur…

Toutes des excuses qui ne seront plus fondées dans l’eau.

La phobie, il y a des solutions, même chose pour les problèmes de pudeur, à condition d’accepter de se laisser accompagner sur le plan psychologique. La seule excuse valable est une plaie ouverte ou une cicatrice post-opératoire que l’on doit protéger d’une infection.

En admettant avoir traité les problèmes de phobie de l’eau (car on ne peut profiter des bienfaits qu’en étant à l’aise dans l’eau, et en acceptant ses propriétés physiques et mécaniques) et ceux de la pudeur, quels sont les avantages d’une pratique d’activité aquatique sur notre santé ?

Liberté et plaisir malgré la Maladie.

L’eau vous permettra une liberté retrouvée, vous donnera une sensation de bien-être et aussi extraordinaire que cela puisse paraître, vous rendra heureux ! Que vous n’ayez jamais pratiqué de sport dans votre vie, que vous souffriez de surpoids avec des comorbidités telles que le diabète, le cholestérol, l’hypertension artérielle. Ou encore que vous soyez âgés avec des problèmes d’arthrose, cardiaques. Que vous souffriez de tendinopathies (tendinites) à tous les étages. Que vous soyez atteint de handicap lourd, comme la SEP (Sclérose en Plaque), la Myopathie, ou de déficiences motrices. Pour se soigner d’un problème de dos ou se constituer une masse musculaire, l’eau est une alternative douce, progressive et redoutablement efficace.

La Thermorégulation

La première chose à prendre en compte est la température. En effet, même avec une eau agréable de 30 à 32°C, le corps doit s’auto-réguler et il lutte pour conserver une température constante de 37°C. Alors même sans rien faire, une fois plongé dans l’eau, vous augmentez sans le savoir votre consommation basale d’énergie. Alors imaginons avec de l’exercice !

L’eau augmente la charge de travail

Dans le domaine sportif, on explique un mouvement, par exemple concentrique (de contraction), avec la notion de muscle agoniste et muscle antagoniste (un muscle qui se contracte et l’autre qui contrôle), tout en jouant avec la seule force de gravité. Ici, dans l’eau, cette notion n’est plus puisque l’apesanteur est pratiquement annulée par la Poussée d’Archimède (ce que nos articulations ressentent aussitôt). L’intéressant dans cette situation c’est que nos mouvements sont perpétuellement freinés par le déplacement de la masse d’eau. Ce qui fait que pour un mouvement terrestre de biceps où l’on contracte puis où l’on relâche, dans l’eau on contracte le biceps, puis on doit contracter le triceps pour revenir à la position initiale.

On pourrait presque dire que l’on travaille deux fois plus !

Mais c’est bien plus compliqué que cela. On retiendra le fait d’être ralenti et donc de devoir faire des efforts du fait du déplacement de la masse d’eau.

Légèreté

La Poussée d’Archimède nous permet surtout, de faire « disparaître » notre poids ! En effet, en ayant un niveau d’eau à hauteur de la poitrine, c’est environ 70% du poids qui s’envole ! De ce fait, pour les personnes en situation d’obésité, c’est un soulagement et une liberté retrouvée. Grace à ce phénomène, on peut donc travailler outre du renforcement musculaire en ciblant les zones à privilégier et selon le projet de la personne, mais on peut également travailler les amplitudes articulaires misent à mal avec le temps, ainsi que contrecarrer les habitudes et les contraintes liées au travail. Cela permet de limiter les douleurs liées aux pathologies articulaires. On peut donc se concentrer sur le travail musculaire sans réveiller des douleurs articulaires. Ainsi, nous pouvons cibler le muscle ou le groupe musculaire à travailler sans contraintes juxtaposées.

Liberté, Autonomie

Dans l’eau, on retrouve une liberté totale ! Plus de limitation de mouvement due aux raideurs, au poids, ou à la peur de tomber et de se faire mal. D’ailleurs un travail sur l’équilibre y est extraordinaire (travail de proprioception, ou réveiller ses sens !) car on peut y associer un travail direct des muscles profonds de la posture, du tronc et des jambes. Le gainage y est sans cesse sollicité. L’autonomie représente quelque chose de miraculeux pour une personne atteinte de déficience motrice. Alors mettez-vous à la place d’une personne à mobilité réduite qui vit chaque jour dans un fauteuil roulant. Une fois dans l’eau, c’est l’autonomie qui est possible. Et ce sentiment de liberté n’a pas de prix.

La Relaxation

La condition essentielle à cette activité est bien entendu la maitrise de l’élément ou savoir y faire la planche. Ensuite, dans une eau à 30/32°C, imaginez une séance où sophrologie, méditation, exercice respiratoire sont mélangés, où vous vous sentez en apesanteur et vous ne sentez absolument pas le poids de votre corps. Vous n’êtes pas gêné par un tapis trop dur, ou une tension aux cervicales, ou par un pantalon de jogging trop serré. Parler calmement aux personnes pour les faire lâcher prise, pour les faire « voyager » et ainsi complétement faire relâcher le tonus musculaire. Accompagné d’une musique douce diffusée dans l’eau au moyen d’appareils spécifiques, le moment est presque irréel ! Le bénéfice pour les articulations et surtout pour le rachis dans sa totalité est absolument magique ! Un bien être immense vous envahit. Votre rythme cardiaque ralenti au point de vous plonger dans un pseudo sommeil réparateur.

Pour les femmes enceintes, ce relâchement permet de reposer les muscles de la posture et les tensions au bas du dos dues à l’hyperlordose provoquée par le fœtus. Le réveil doit être très progressif et tout en douceur. Bouger ses articulations du bas vers le haut du corps, avant d’ouvrir les yeux et s’étirer comme au petit matin. J’ai vu certaines personnes avec des larmes dans les yeux tellement les sensations éprouvées font disparaître les douleurs chroniques un temps donné et vous plonge dans un instant de pur bonheur !

Les Structures

Trouver une structure adaptée à ses besoins n’est pas simple. Les piscines municipales, en dehors des ouvertures pour le public où les personnes sont là pour nager de façon autonome, proposent des cours encadrés d’aquagym ou d’aqua-bike mais non adaptés. Dans une piscine de rééducation où les kinésithérapeutes font évoluer leurs patients, les bassins sont en général sur plusieurs niveaux bien marqués (marches), avec des barres pour s’y tenir. Il est donc difficile d’y descendre un aqua-bike, où d’y faire de l’aquagym adaptée où une amplitude de mouvement sera nécessaire.

L’objectif de chaque prise en charge est de faire évoluer la personne pour qu’elle puisse se construire et capitaliser une condition physique afin qu’elle soit capable d’assister à un cours d’aquagym normal ! Les efforts progressifs de ces personnes leurs permettent en effet de pouvoir retrouver le goût de l’effort et d’être de plus en plus demandeurs d’activité physique, pour revenir à une « normalité » dans notre société. Un bassin rectangulaire pouvant accueillir 20 à 25 personnes environ, d’une profondeur d’1m20 constante chauffé à 30/31°C suffirait. Sans parler des commodités annexes, des vestiaires et sanitaires adaptées aux PMR.

Conclusion

L’activité physique dans l’eau est une chance que chacun devrait pouvoir profiter pour retrouver et conserver sa santé. A travers la natation pour entretenir un tonus musculaire et une aisance articulaire, de l’aquagym adaptée, de l’aquabiking adapté ou d’autres activités bien ciblées pour soigner, un grand nombre de personnes ont un besoin urgent d’activités aquatiques.

Il faut se renseigner sur la formation et les diplômes des enseignants pour pouvoir être bien encadré et conseillé.


M.Jacinto Batata a obtenu sa licence Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS)  après avoir gradué de l’Université de Montpellier en 2016 en plus d’avoir obtenu un diplôme universitaire et vieillissement et prévention des risques de chutes (méthode PEM-ES).

 
 
Dans le cadre de sa pratique clinique (Sud de la France), celui-ci encadre des enfants TCC (troubles du caractère et du comportement) et TSA (troubles du spectre de l’autisme). Enfin, via son entreprise, M. Batata donne des cours de natation, d’aquafitness, des séances de renforcement musculaire et de relaxation. 

Autres textes relatifs

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


 

L’institut de kinésiologie du Québec étend ses activités en Europe !

Je suis heureux d’annoncer que les activités de l’institut vont traverser les frontières québécoises.

Le développement de notre technologie de téléréadaptation permet maintenant de répondre à une demande de plus en plus importante de gens résidant en Europe francophone qui souffrent de douleur chronique. La pandémie nous a permit de développer et de tester nos outils en ligne pour maintenant répondre à la demande des résidents de la France, de la Belgique, de la Suisse et même de l’Afrique du Nord.

De plus, deux spécialistes de la douleur se joindront à moi pour la rédaction du blog : M. Anas Boukas, physiothérapeute et M. Jacinto Batata, spécialiste en activités physiques adaptés. D’ailleurs ces deux nouveaux rédacteurs sont en vedette ce mois-ci avec deux excellents articles.

Enfin, l’Institut a été approché par un groupe de professionnels français pour la traduction français du célèbre livre Explain Pain de David S. Butler et de G. Lorimer Moseley.

La douleur chronique est un fléau mondial et nous participerons au combat !


Pour les personnes suivis par moi ou qui veulent débuter une démarche de réadaptation :
Les téléconsultations sont en marche depuis le 6 avril. Le service est offert soit par téléphone, Skype, Facetime, vidéo messenger ou Zoom.
Nous recommencerons les consultations en présentiel dans la semaine du 13 juillet.
Sylviane vous contactera ou laissez-lui un coup de fil pour l’organisation de la rencontre (514 946-3475 ou shasha@yvanc.com).

Certification en réadaptation en contexte de douleur chronique

De nouvelles dates : 19-20 septembre et 3-4 octobre 2020. Cliquez ici pour plus d’infos ou contactez nous au 514 946-3475.


Mal de dos et sommeil, comment faire pour dormir comme un bébé !

Un autre excellent article de M. Anas Boukas, physiothérapeute, membre de notre filière européenne !    

 

 

À l’ère où tout va trop vite, plusieurs sont ceux qui sacrifient régulièrement leur sommeil pour être plus performant au boulot, ou tout simplement faire plus d’activités. Pour la population lombalgique, le manque de sommeil peut s’avérer plus problématique qu’on puisse imaginer.

Statistique intéressante: Saviez-vous que 80% des personnes souffrant de lombalgies chroniques ont aussi des problèmes de sommeil?

Maintenant, j’ai une question pour vous: Est-ce c’est le mal de dos qui cause l’insomnie, ou plutôt la mauvaise qualité de sommeil qui aggrave les douleurs? La réponse…Les deux! Dans cet article, nous allons couvrir tout ce qui relie le manque de sommeil et le mal de dos, et vous donnerons des conseils pour optimiser vos nuits afin de réduire vos symptômes

Postures de sommeil à considérer pour vous soulager

Commençons par discuter du lien entre les douleurs et le manque de sommeil. Il est facile de concevoir que si notre dos nous fait souffrir, notre qualité de sommeil va forcément être affectée. C’est pour cela qu’il est important de trouver une position de sommeil confortable qui puisse optimiser votre nuit de sommeil. diminue le stress sur les vertèbres lombaires. Attention par contre: contrairement aux croyances populaires, il n’existe pas nécessairement de « meilleure » posture de sommeil à proprement dit. De même, il n’y a pas de posture contre-indiquée qui serait mauvaise pour le dos (oui oui, dormir sur le ventre n’est pas aussi grave que certains puissent prétendre!). Par contre, il existe certaines postures qui diminuent le stress sur les vertèbres lombaires. En présence de douleurs lombaires, je recommande souvent à mes clients d’adopter une des deux positions suivantes pour voir s’il y a un effet bénéfique au niveau des symptômes.

Couché sur le dos avec un oreiller sous les genoux

Placez un oreiller entre vos genoux pour diminuer le stress sur la région lombaire Cette position permet de diminuer l’antéversion du bassin (hyperlordose lombaire), ce qui diminue le stress sur les facettes articulaires. En gros, le fait de maintenir les genoux légèrement pliés va empêcher votre dos de s’arquer excessivement, réduisant ainsi le stress sur vos vertèbres. Pour les gens qui voient leurs symptômes s’aggraver en extension (par exemple à la marche prolongée), cette position peut s’avérer confortable et améliorer ainsi le sommeil.

Couché sur le côté avec un oreiller entre les jambes

Cette position évite les torsions lombaires. Si vous avez de la douleur irradiant dans la jambe, essayez de maintenir la jambe symptomatique en haut. Le fait de garder un oreiller entre les jambes permet une réduction de la torsion lombaire. Si jamais vous expérimentez de la douleur dans une jambe, il est préférable de dormir sur le côté de manière à avoir la jambe symptomatique en haut. (Par exemple, si les douleurs irradient dans la jambe gauche, tentez de dormir du côté droit pour maintenir la jambe gauche en haut). Ceci permet de réduire la charge sur la jambe symptomatique, et parfois même réduire les engourdissements lorsqu’ils sont présents.

Et le matelas dans tout ça?

Un autre élément qui peut augmenter vos symptômes est votre matelas. Si vous vous réveillez le matin avec beaucoup de douleur malgré avoir employé une posture adéquate, il se peut que votre matelas participe à vos douleurs. Et encore plus si l’apparition de vos maux de dos coïncide avec un changement de votre matelas, ou un séjour loin du confort de votre lit! (Bon nombre de mes patients viennent me voir avec des douleurs au dos aggravés après un week-end en camping!). Comment choisir le bon matelas? Existe-t-il un type de matelas qui soit mieux que les autres? Entre le mou, semi-mou, ferme, semi-ferme, dur, il est parfois difficile de choisir! Bien sûr, chaque personne est différente et peut préférer un certain type de matelas. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il existe des matelas «sur mesure» qui sont individualisés à chaque personne. Ces matelas constituent bien évidemment la meilleure option, mais il faut en avoir les moyens. Quant à ce qu’on retrouve normalement en magasin, les études ont démontré qu’il existe un type de matelas associé à moins de douleur lombaire au réveil, et moins d’incapacité. Contrairement aux croyances populaires, il ne s’agit pas du matelas mou, ni du ferme, mais bien du semi-ferme! Le problème avec les matelas mous, c’est que le bassin peut s’affaisser et amener le région cervicale en position élevée en comparaison avec la région lombaire. En plus de réduire le support sur les vertèbres lombaires, ceci affecte l’alignement «normal» (ie. comparable à l’alignement en position debout qu’on veut maintenir lorsqu’on se couche sur le dos). Quant aux matelas fermes, ils empêchent aux courbures du dos d’être supportées, ce qui peut augmenter la raideur. Je vous conseille donc d’utiliser un matelas semi-ferme pour optimiser vos nuits de sommeil. Dans une étude où des individus souffrant de lombalgie ont testé un matelas semi-ferme pendant 28 jours, on a pu voir une réduction de la douleur lombaire de 48%, ainsi qu’une amélioration de la qualité de sommeil de 55%!

« Si vous vous réveillez le matin avec beaucoup de douleur malgré avoir employé une posture adéquate, il se peut que votre matelas participe à vos douleurs. »  

Les conséquences du manque de sommeil 

Maintenant qu’on a expliqué la relation entre les douleurs lombaires et le manque de sommeil, essayons d’expliquer la relation inverse: en quoi le manque de sommeil peut aggraver nos douleurs lombaires? Vous êtes probablement déjà au courant que le manque de sommeil peut causer de l’irritabilité, du stress et mener à la dépression. Devinez quoi? Ces mêmes facteurs sont également reliés aux douleurs lombaires chroniques, comme en témoignent plusieurs études. (Marshall et al 2017). On rentre donc dans un cercle vicieux où le mal de dos nous empêche de bien dormir, ce qui nous empêche d’avoir une bonne nuit de sommeil récupératrice, ce qui affecte notre quotidien et notre niveau de stress, ce qui nous empêche de bien guérir…vous comprenez l’idée?

9 Trucs pour mieux dormir la nuit

Il est donc crucial de trouver des moyens d’optimiser vos habitudes de sommeil. Ceci va définitivement vous aider à mieux guérir du dos, sans parler des bénéfices sur les autres sphères de votre vie. Ainsi, si jamais vous trouvez que vous ne dormez pas assez, ou si jamais vous vous réveillez durant la nuit, voici une liste d’éléments à considérer:

  • 1. Fermez la télévision au moins une heure avant de vous coucher.
  • 2. Mettez votre téléphone en mode «nuit» (night shift).
  • 3. Évitez de regarder vos courriels juste avant de dormir.
  • 4. Ne buvez pas de larges quantités d’eau avant de dormir, au risque de vous réveiller plusieurs fois pour aller aux toilettes.
  • 5. Écrivez vos pensées de dernières minutes sur papier avant d’aller au lit pour laisser votre cerveau se reposer et attaquer la journée suivante…reposé!
  • 6. Gardez la chambre sombre et légèrement chaude pour optimiser la qualité de votre sommeil.
  • 7. L’exercice léger avant de se coucher peut permettre de réduire les hormones du stress, et ainsi dormir plus paisiblement.
  • 8. Si jamais vous devez faire une sieste durant le jour, minimisez sa durée -pas plus de 45 min- pour éviter d’affecter votre cycle de sommeil ultérieurement.
  • 9. Faites attention aux repas lourds avant le sommeil qui pourraient affecter votre digestion, et ainsi vous empêcher de dormir paisiblement.

Conclusion

Voilà! J’espère que vous êtes désormais plus éduqué(e) sur la relation entre le sommeil et le mal de dos. Si vous souffrez de lombalgie, ne négligez pas vos habitudes de sommeil, sans quoi votre guérison pourrait être freinée. Si vos douleurs vous empêchent de dormir, tentez différentes positions et réévaluer ensuite leur impact sur vos symptômes. Si au contraire vos symptômes apparaissent sous forme de raideur matinale, il se peut que votre matelas soit en cause. Finalement, implémenter des bonnes habitudes de sommeil pour faire dodo comme un bébé, et vous réveiller en pleine forme et en santé! Maintenant, c’est à votre tour de partager votre expérience en commentaires (ci-bas)! Avez-vous trouvé une posture de sommeil qui a réussi à soulager votre mal de dos? Dans quel type de matelas avez-vous investi? Nous voulons connaître vos trucs pour mieux dormir la nuit!


Pour des conseils plus adaptés à votre condition, n’hésitez pas à consulter notre page GUIDES EN LIGNE. Vous trouverez le bon guide qui s’applique à votre mal de dos pour vous guider vers le chemin de la guérison.


M. Anas Boukas a obtenu son titre de physiothérapeute après avoir gradué de l’Université de Montréal en 2013. En 2017, il part à l’aventure et transporte sa pratique au Qatar où il œuvre maintenant  au « International Physiotherapy Centre ».

A part sa pratique clinique, Anas travaille à vulgarisation de tout ce qui a trait au mal de dos et à la douleur chronique. Vistez son web spécialisé sur ce sujet : www.lombafit.com.

Autres textes relatifs

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


 

Covid-19 et exercice : quoi faire et ne pas faire

Notre système immunitaire constitue notre protection contre les microbes qui peuvent menacer notre santé, incluant le SARS-CoV-2 (le virus en cause dans la pandémie de Covid-19).

De nombreuses personnes se demandent si l’exercice peut avoir un effet positif contre tous les virus et les bactéries qui menacent l’intégrité de notre organisme.

La réponse est oui.

Malgré toutes les potions, vitamines et diètes offertes pour renforcer le système immunitaire, la science démontre que seul l’exercice permet de l’optimiser. Ses effets sont étudiés sérieusement depuis le début des années quatre-vingt (Exercise Immunology), et des centaines d’études ont décrit les conséquences aiguës et chroniques positives de l’exercice sur notre système de défense.

Par contre, il faut savoir que le surdosage peut aussi avoir un effet négatif (effet immunosuppresseur post-exercice ou IPE).

Effets aigus

Lorsque l’organisme humain est soumis à un effort physique, celui-ci engendre des changements rapides sur la physiologie du corps humain : on parle d’effets aigus. Le système immunitaire répond très rapidement à l’exercice et de façon proportionnelle à l’intensité et la durée de l’effort.

Durant un effort de 60 minutes et moins, les cellules protectrices sont activées et augmentent l’efficacité de notre système de surveillance en étant distribuées plus efficacement du sang vers les organes vitaux, particulièrement vers les poumons. De plus, leur effet « anti-pathogénique » est rehaussé, ce qui les rend plus efficaces à détecter et à détruire les virus, champignons et bactéries nuisibles à notre santé.

Par contre, si la « dose » d’exercice est trop importante, l’effet contraire se produit. Les spécialistes parlent de courbe en « J », une courbe qui définit ce qu’en kinésiologie on nomme l’immunosuppression post-exercice. Cette fenêtre d’immunosuppression peut durer de 3 à 72 heures.

 

Figure 1 : Un exercice modéré rehausse nos défenses face au microbes (ici au niveau des poumons), tandis qu’une dose trop forte les diminue (immunosuppression post-exercice).

 

Effets chroniques

Répétés régulièrement, les séances d’exercices ont un effet qui s’additionne et provoquent des réponses chroniques positives sur le système immunitaire. Entre autres, les conséquences d’un entraînement régulier diminuent l’immunosénescence.  L’immunosénescence est la baisse d’efficacité du système immunitaire liée au vieillissement. L’exercice a même une réponse d’amélioration de l’efficacité des vaccins, particulièrement chez les personnes plus âgées.

Il est très important de comprendre que l’exercice ne nous empêche pas de contracter la Covid-19 si l’on est exposé au SARS-CoV-2. Une bonne condition physique va aider au bon fonctionnement du système immunitaire pour la combattre, tout en diminuant les symptômes et en accélérant le temps de guérison.

En résumé, pour la période de la pandémie

OUI :

1) Exercice cardiovasculaire : Intensité modérée (ou de 3 à 4 sur l’échelle de perception de l’effort, figure 2), d’une durée de moins d’une heure ou d’une durée maximale de 60 % à 75 % du temps d’avant pandémie.  

2) Musculation : Intensité modérée (ou de 3 à 4 sur l’échelle de perception de l’effort), séance de moins d’une heure, sans charge maximale. Visez le maintien de la force et non son développement. Au moins une journée de repos entre deux séances.

NON :

1) Exercice ou activité physique d’une intensité ou d’une durée élevée et(ou) inhabituelle. Vous ne devez pas atteindre un état de fatigue physique élevé.

2) AUCUN exercice ou effort physique inutile en cas de fièvre ou de Covid-19 : les efforts physiques inutiles nuisent à la guérison et pourraient entraîner des conséquences sérieuses.

 

Figure 2 : échelle de perception de l’effort. La zone rouge est proscrite durant la pandémie.

 
Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

Consultations en douleur chronique par téléphone, Skype, Facetime, Zoom : cliquez ici


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs