Canicule et douleur chronique

hot and pain LinkedinEst-ce que les périodes de canicule peuvent augmenter la douleur chronique ?

Oui.

Principalement pour trois raisons.

Fatigue

Il faut d’abord se rappeler que l’intensité de la douleur augmente avec la fatigue (cliquez ici pour un rappel). Soumis à une chaleur relativement intense, notre corps lutte contre celle-ci pour garder la température interne à environ 37 °C. La dépense d’énergie relative à ce travail accru de l’organisme entraîne un surcroît de fatigue, ce qui augmente la douleur.

Manque de sommeil

Les personnes qui ne bénéficient pas d’un environnement climatisé voient leur sommeil perturbé par la chaleur. Le déficit d’énergie engendré par ce manque de sommeil s’ajoute à la fatigue déjà accumulée par la lutte contre la canicule.

Irritabilité

Enfin, cette combinaison, « fatigue + chaleur », exacerbe l’irritabilité, état émotif pouvant propulser l’intensité de la douleur.

Maintenant, on peut comprendre pourquoi les personnes qui souffrent de douleur chronique redoutent les périodes de grandes chaleurs.

Bon courage !


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La kinésiophobie de JFK lui aura été fatale

Été 1963

Même si le programme d’exercices de réadaptation du Dr Hans Kraus avait été le seul facteur ayant pu vaincre le mal de dos chronique du président des États-Unis, John F Kennedy insistait toujours pour garder sa ceinture lombaire. Malgré toutes les exhortations de son entourage médical et particulièrement celles du Dr Kraus, JFK passait la majeure partie de la journée avec ce corset qu’il portait depuis sa deuxième année à l’Université Harvard.

Même si l’homme le plus puissant du monde en 1963 pouvait maintenant jouer au golf, celui-ci était toujours kinésiophobe. Le docteur Kraus parvint quand même à ses fins : en octobre 1963, le président lui promit qu’il délaisserait complètement le support lombaire à partir de janvier 1964.

kennedybackbraceLe destin

Dans sa célèbre biographie sur John F Kennedy publiée en 2003, Robert Dallek mentionne un fait étonnant à la page 694 :

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Oswald tira trois balles de la fenêtre du sixième étage du dépôt de livres scolaires  [ … ] La deuxième balle atteignit Kennedy à l’arrière du cou. Si ce n’avait été du corset lombaire qui le tenait encore en position assise, la troisième et fatale balle qui l’atteignit à la tête n’aurait jamais trouvé sa cible.

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Quant à la biographe du Dr Kraus, Susan Schwartz, selon elle, de nombreux  historiens pensent que Kennedy aurait probablement survécu à la deuxième balle et que celle-ci venant de l’arrière aurait projeté le président au fond de la limousine, ce qui l’aurait protégé de la mortelle troisième balle.

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Dans le célèbre film de Zapruder, on peut voir le président porter ses mains à son cou et tomber inconscient vers l’avant alors que Jacky s’approche de lui. On remarque que celui-ci reste en position assise juste avant d’être mortellement atteint par la troisième balle.

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En constatant ces faits, on ne peut éviter de penser que le corset qui avait sécurisé le président pendant plus de la moitié de sa vie a contribué à son décès et que le destin d’un des hommes les plus importants du XXe siècle a été altéré par un phénomène aussi affligeant qu’inoffensif en soi : la kinésiophobie.

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Bouger : le troisième principe pour vaincre la douleur chronique

principe 3Il faut bouger pour vaincre la douleur chronique. Par contre il faut le faire correctement car à l’instar d’un médicament, la «dose» (en kinésiologie on parle de charge) doit être bien ajustée car sinon l’exercice physique peut avoir l’effet inverse : elle pourrait empirer le problème. Les experts parlent alors d’effet iatrogénique de l’exercice.

Les personnes souffrant de douleur chronique présentent soit une kinésiophobie, soit un comportement de persistance malgré la douleur.

La kinésiophobie

Les peurs et craintes liées à la douleur entraînent souvent un évitement des activités considérées comme pouvant provoquer ou augmenter la douleur, ou pouvant causer ou aggraver une lésion. On utilise le terme « kinésiophobie » pour définir cette « peur du mouvement ». L’évitement des activités physiques finit par engendrer un déconditionnement physique qui augmente de plus en plus l’intensité de la douleur au fur et à mesure que le temps passe (hypokinésie algogène dans le jargon kinésiologique). L’augmentation de la douleur confirme les craintes de l’individu kinésiophobe qui s’inquiète de plus en plus, bouge de moins en moins et se déconditionne à l’avenant. Celui-ci se retrouve alors coincé dans un cercle vicieux qui aggrave de plus en plus l’incapacité (figure 1).

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modèle de l'hypokinésie algogène

Figure 1 : modèle de l’hypokinésie algogène : interaction entre la kinésiophobie, la condition physique et la douleur chonique.

 

Le CPMD

Contrairement à un individu qui présente un syndrome de peur-évitement face à une douleur persistante (kinésiophobie), certains douloureux chroniques adopteront un comportement tout à fait inverse, c’est à dire un comportement de persistance malgré la douleur (CPMD). Ceux-ci vont persister dans l’effort physique malgré une intensité de douleur qui augmente avec l’effort en question, croyant qu’à la longue ils vont réussir à faire diminuer la douleur.

Malheureusement, c’est exactement l’effet contraire qui se produit. En effet, un système nerveux central (SNC) que l’on «bombarde» avec un signal douloureux finira par devenir de plus en plus sensible et produira une douleur plus tôt lors d’un effort physique ou à une intensité d’effort plus basse. A long terme, le SNC peut devenir de plus en plus hyper-sensibilisé jusqu’au moment où l’exécution de la tâche en question deviendra impossible.

Ajuster la charge physique

L’ajustement de la charge physique (figure 2) est primordial dans un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique et doit être fait avant même de débuter le programme d’exercices. La technologie pour ce faire a été développée au cours des 20 dernières années et est maintenant disponible.

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ajustement charge

Figure 2 : l’hypokinésie algogène (kinésiophobie), c’est à dire une diminution du mouvement qui engendre une augmentation de la douleur. De son côté l’hyperkinésie algogène (CPMD), c’est à dire une trop grande quantité d’effort physique, entraîne elle aussi une augmentation de la douleur. L’intervention consiste donc à ajuster le niveau d’activité physique (la charge physique) à un niveau optimal pour minimiser la douleur.

Pour le premier principe : cliquez ici

Pour le deuxième principe : cliquez ici


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Le comportement de persistance malgré la douleur (CPMD).

ajustement charge linkedinPour une personne souffrant de douleur chronique, un excès de douleur durant un effort physique sensibilise le système nerveux central et augmente l’hyperalgie (une douleur de plus en plus intense pour la même tâche).

À force de répéter ce comportement, on empire la douleur chronique.

Dans le jargon de la réadaptation en contexte de douleur chronique, on parle d’hyperkinésie algogène.

Le CPMD

Contrairement à un individu qui présente un syndrome de peur-évitement face à une douleur persistante (kinésiophobie), certains douloureux chroniques adopteront un comportement tout à fait inverse, c’est à dire un comportement de persistance malgré la douleur (CPMD). Ceux-ci vont persister dans l’effort physique malgré une intensité de douleur qui augmente avec l’effort en question, pensant qu’à la longue ils vont réussir à faire diminuer la douleur.

Malheureusement, c’est exactement l’effet contraire qui se produit. En effet, un système nerveux central (SNC) que l’on «bombarde» avec un signal douloureux finira par devenir de plus en plus sensible et produira une douleur plus tôt lors d’un effort physique ou à une intensité d’effort plus basse. A long terme, le SNC peut devenir de plus en plus hyper-sensibilisé jusqu’au moment où l’exécution de la tâche en question deviendra impossible.


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Peut-on entraîner les disques intervertébraux ?

entrainer disque intervertebralLes disques intervertébraux sont des structures localisées entre les vertèbres de la colonne, dont le rôle est d’amortir les chocs et de répartir les forces appliquées sur les structures de notre épine dorsale.

Or, avec les années, les disques dégénèrent, c’est-à-dire qu’ils perdent de leur capacité à bien faire leur travail. C’est le début d’un processus de dégradation de la vertèbre et du disque intervertébral. On parle alors de discarthrose, de dégénérescence discale ou, tout simplement, d’arthrose de la colonne vertébrale.

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Une revue de la littérature parue en avril 2017 (Belavý & coll.) révèle que les activités statiques, comportant des mouvements explosifs, impliquant une torsion ou une flexion effectuée en même temps qu’une compression des disques, pourraient accélérer leur dégradation. Les auteurs affirment que la natation, le baseball, l’haltérophilie et les sports équestres pourraient donc avoir un impact négatif et contribuer à accélérer le processus dégénératif. Sans surprise, l’équipe de chercheurs mentionne aussi que la sédentarité est un élément contributif à la discarthrose.

Par contre, des activités impliquant des mouvements dynamiques à vitesse lente ou modérée et incluant une compression axiale (de haut en bas, en ligne avec la colonne) favorisent la régénération des disques, confirmant ainsi que ceux-ci sont capables d’une adaptation positive à une activité physique. Les chercheurs mentionnent que le jogging et les autres exercices d’endurance effectués en position debout sont des exemples d’activités physiques bénéfiques pour le complexe vertèbre-disque intervertébral.

L’intégrité des disques intervertébraux peut donc être optimisée par des exercices élaborés spécifiquement selon les critères énumérés par la revue du Dr Belavy, et leur travail confirme l’importance d’incorporer des exercices de nature cyclique (de type aérobie) et en chaîne cinétique fermée (pieds en contact avec le sol) pour stimuler adéquatement les disques intervertébraux.

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Comprendre les mécanismes de la douleur permet de la diminuer !

education douleur linkedinUne étude récente parue dans la prestigieuse revue Pain (avril 2016) confirme que des individus qui souffrent de douleur chronique et qui participent à deux ou trois ateliers éducatifs de 30 à 60 minutes sur les mécanismes de la douleur peuvent réduire de façon significative son intensité. De plus, au terme de ces interventions, les 799 patients de l’expérience ont été en mesure de réduire certaines de leurs incapacités physiques telles que mesurées au début de l’investigation scientifique.

Ces résultats, plus qu’encourageants, ont été mesurés un mois, six mois et 12 mois après ces séances. Les participants ne recevaient aucun traitement autre que ces deux ou trois ateliers de formation.

Une fois de plus, les évidences scientifiques démontrent que toute intervention visant à venir en aide aux personnes affectées par une douleur persistante doit presque impérativement comporter une section consacrée à l’éducation sur les mécanismes de la douleur.


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Le lien entre la condition physique et la douleur

lien entre douleur condition physique

La science a démontré l’importance de l’exercice en prévention primaire et secondaire de la douleur chronique. Mais quel est donc le lien entre l’activité physique et la douleur persistante ?

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Le lien repose sur deux prémisses fondamentales.

1) Relation entre l’effort relatif et la douleur

Le premier postulat induit qu’il y a une relation entre la douleur et l’effort physique. En kinésiologie, l’effort est souvent exprimé en pourcentage d’un effort maximal possible pour une tâche spécifique : on parle donc d’effort relatif. En présence d’une douleur chronique, plus on déploie un effort physique relatif important, plus l’intensité de la douleur est importante.

Par exemple, si vous souffrez de douleur chronique au dos et que votre capacité de levage maximale est de 50 kilos, lever une caisse de 10 kilos vous demande un effort relatif de 20 % et engendre une douleur correspondante. La douleur sera plus intense si vous levez une caisse de 20 kilos, parce que ce geste vous demandera 40 % de votre capacité maximale (figure 1).

effort relatif et douleur

Figure 1 : L’augmentation de l’effort relatif entraîne l’augmentation de l’intensité de la douleur, telle qu’évaluée sur une échelle visuelle analogique (VAS).

 

2) Augmentation de l’effort relatif pour une  même tâche physique absolue par la fatigue cumulée au cours d’un effort continu

Le second postulat indique que lorsque l’effort est continu sur une certaine période de temps, le cumul de fatigue augmente l’effort relatif pour le même travail physique (figure 2).

effet de la fatigue sur effort relatif

Figure 2 : Effet de la fatigue sur l’effort relatif lors d’un effort physique soutenu sur une certaine période de temps.

Conséquemment, plus les capacités physiques d’un individu diminuent, plus l’effort relatif pour effectuer une tâche physique donnée est grand et plus l’intensité de la douleur correspondante augmente. De plus, le déconditionnement physique engendre une moins grande capacité de récupération et accélère l’effet de la fatigue lors d’une activité physique, augmentant d’autant plus rapidement l’effort relatif (et donc l’intensité de la douleur) pour une même tâche absolue.

Cette diminution des capacités physiques est ce qui se produit lors de la kinésiophobie.

Kinésiophobie

Les peurs et craintes liées à la douleur entraînent souvent un évitement des activités considérées comme pouvant provoquer ou augmenter la douleur, ou pouvant causer ou aggraver une lésion. On utilise le terme « kinésiophobie » pour définir cette « peur du mouvement ». L’évitement des activités physiques finit par engendrer un déconditionnement physique qui, comme il vient d’être démontré, augmente de plus en plus l’intensité de la douleur au fur et à mesure que le temps passe (hypokinésie algogène dans le jargon kinésiologique). L’augmentation de la douleur confirme les craintes de l’individu kinésiophobe qui s’inquiète de plus en plus, bouge de moins en moins et se déconditionne à l’avenant. Celui-ci se retrouve alors coincé dans un cercle vicieux qui aggrave de plus en plus l’incapacité (figure 3).

modèle de l'hypokinésie algogène

Figure 3 : Modèle de l’hypokinésie algogène : interaction entre la kinésiophobie, la condition physique et la douleur chonique.

Il est important de comprendre que la kinésiophobie est un mécanisme parmi plusieurs qui contribuent à la genèse de la douleur chronique, mais plusieurs spécialistes pensent qu’il est probablement l’un des plus importants et qu’il est essentiel d’intervenir directement sur ce phénomène dans un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique.

Dans la partie 2, nous explorerons l’autre lien possible entre la douleur et la condition physique : le comportement de persistance malgré la douleur (CPMD).


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Vélo : un début de saison sans douleur !

 

velo debut saison sans douleurLa fin de l’hiver est une très bonne nouvelle pour les cyclistes. En effet, en même temps qu’on voit les premiers merles à la fin de mars, apparaissent les premières bécanes sur nos routes.

Et vous aussi, vous voulez commencer votre saison ! Mais voilà, votre première sortie de l’an passé vous avait laissé presque handicapé pendant 4 à 5 jours tellement vos muscles étaient endoloris, et ça, sans parler de votre arrière train…

Ces désagréments peuvent cependant être évités en adoptant un bon programme de début de saison. Ce système vous permettra de bien contrôler les deux variables les plus importantes lors de l’amorce d’un début de saison de vélo: la distance parcourue et l’intensité.

Quelle intensité ?

La variable la plus importante à moduler est l’intensité. La consigne est simple : il faut y aller très  » mollo  » durant les premières semaines ! Les cyclistes expérimentés vous diront de  » mouliner « . Dans leur jargon cela veut dire d’utiliser un braquet où vous aurez l’impression de pédaler sans  » forcer « . Si vos jambes  » brûlent  » ou si vous êtes incapables de tenir une conversation sans paraître essoufflé, c’est que votre intensité est trop élevée.

Quelle distance ?

La distance de votre première sortie devrait faire en sorte que vous ne vous sentiez pas fatigué après la randonnée. Combien de kilomètres ? une bonne approximation est de calculer 20 à 25 % de votre plus longue randonnée de l’an passé. Donc, si l’an passé, votre plus longue expédition a été de 75 Km, une première sortie de 15 à 20 kilomètres serait raisonnable !

En fait, l’objectif de vos premières randonnées est d’augmenter la distance d’environ 20-35 % à chaque fois jusqu’à ce que vous atteignez votre distance de sortie moyenne.

En reprenant notre exemple, si l’an passé votre plus longue expédition a été de 75 Km, et que vos sorties étaient, en moyenne, de 55 km, alors une bonne progression pour une personne de 50 ans et moins serait de faire les 5 premières randonnées avec les kilométrages suivant : (incrément de 35 % environ à chaque sortie):

1e sortie: 19 km (distance pour la 1e sortie = environ 25 % de 75 Km),

2e sortie: 25 km,

3e sortie: 34 km,

4e sortie: 46 km,

5e sortie: 62 km.

Utilisez le tableau 1 suivant pour calculer votre progression.

velo 01

Pour une personne de 50 ans et plus, un bon programme de début de saison serait de faire les 6 premières randonnées avec les kilométrages du tableau 2.

velo 02

Une fois votre distance de sortie moyenne atteinte, vous pourrez commencer à augmenter l’intensité soit en élevant votre vitesse ou en roulant sur un parcours avec quelques « bosses » !

Un dernier mot : soyez extrêmement prudents en début de saison : il ne faut pas oublier qu’automobiles et vélos ne se sont pas rencontrés depuis 7 ou 8 mois …

Voilà, et bon vélo !

La douleur liée à l’arthrose vous nuit à vélo ? lire ces autres textes


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Pourquoi une douleur devient chronique

Le concept le plus fondamental de la réadaptation en contexte de douleur chronique est le fait qu’il existe deux sortes de douleurs : la douleur nociceptive et la douleur chronique.

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La douleur nociceptive

La douleur nociceptive (ou douleur aiguë, comme on le disait il y a quelques années) est la douleur normale produite par notre système nerveux central (SNC), essentielle à notre survie. Elle a trois fonctions.

  • La première fonction de la douleur nociceptive est de donner d’alarme.

Prenons comme exemple le cas où l’on endommage un ligament du bas du dos (l’entorse lombaire) en soulevant une boîte au sol. La déchirure des fibres du tissu ligamentaire est transformée en influx nerveux par des fibres spécialisées du SNC et est transportée vers le cerveau où le signal est traité et transformé en une expérience consciente (la douleur) qui nous informe de la blessure.

  • La deuxième fonction de la douleur nociceptive est d’entraîner une immobilisation relative, celle-ci étant nécessaire à la guérison.

Quelques secondes après la blessure, la sensation devient de plus en plus désagréable et réduira notre capacité de bouger en rendant le mouvement de plus en plus pénible. Ceci est nécessaire, car l’organisme a besoin d’une immobilité relative au niveau de la structure lésée pour pouvoir la réparer.

  • La troisième fonction de la douleur nociceptive est de moduler le retour au mouvement.

Au fur et à mesure que la guérison suit son cours, le signal douloureux va progressivement s’estomper et laisser place à la reprise du mouvement, essentielle à la consolidation de la blessure. La douleur guide ce retour au mouvement, en ce sens que si la reprise des activités est trop intense, la douleur deviendra plus importante pour protéger les tissus nouvellement formés.

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La douleur chronique

La douleur chronique (ou douleur persistante, comme on le dit de plus en plus) est la douleur anormale produite par notre SNC et qui est non seulement inutile, mais qui peut devenir une véritable calamité pour les personnes qui en sont affectées.

La cause de la douleur chronique est un casse-tête depuis toujours, mais il est de plus en plus accepté qu’elle résulte d’une réorganisation du SNC. En effet, celui-ci comporte des mécanismes qui augmentent l’intensité de la douleur (les « accélérateurs ») et d’autres qui diminuent cette intensité (les « freins »). Ces deux groupes de mécanismes sont habituellement en équilibre, mais une réorganisation aberrante du système nerveux par la création de nouvelles connexions entre les neurones entraînerait la persistance de la douleur à la suite d’une blessure. C’est le fameux phénomène de la plasticité neuronale.


Ce qu’il est important de comprendre est que la persistance de la douleur n’est pas due à une lésion qui ne guérit pas, mais bien à un dysfonctionnement du système nerveux central (SNC).


Et, pour aggraver le problème, plus le temps avance, plus ce sont les conséquences physiques, psychologiques et sociales qui nourrissent la douleur. Après quelques mois, la lésion d’origine est entièrement guérie, mais la douleur persistante a envahi insidieusement la vie de celui ou celle qui souffre.

Ceci implique donc une prise en charge de la douleur chronique complètement différente de la prise en charge d’une douleur nociceptive.


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Échauffement pré-quart de travail : réduction des blessures de 56 %

La littérature en santé – sécurité en milieu de travail démontre que près d’un quart des accidents du travail sont liés à des manipulations à froid et 70% de ceux-ci surviennent dans les premières heures de la matinée. Ayant reçu un mandat pour l’élaboration d’une stratégie visant a diminuer les accidents de travail pour la compagnie Tremcar en Montérégie, nous avons développé (IKQ, AvantagesGP3) une solution pouvant être implanté par les groupes de travailleurs eux-mêmes : le programme Kickoff.

Le programme

Le programme Kickoff est un programme d’activation en milieu de travail qui vise à activer l’organisme avant le début des tâches de travail. Ces exercices d’activation augmentent la température des articulations et rehaussent la vitesse de conduction des nerfs. La vitesse de contraction musculaire est ainsi augmentée d’environ 20 %, ce qui est avantageux pour les tâches où la force et/ou la puissance musculaire sont un facteur important. D’autres exercices spécifiques ont été élaborés pour mobiliser le système nerveux central dans le but d’augmenter la vitesse des réflexes. L’hypothèse est que cette stratégie engendre une meilleure vigilance neuromusculaire, c’est-à-dire une meilleure communication du cerveau avec les muscles et les articulations. Le terme scientifique pour ce phénomène est “proprioception”.

Résultats

Après 1 an, l’analyse des effets du programme sont probants : les statistiques de l’entreprise montrent une réduction de 56 % des accidents reliés au travail. Le taux de participation est excellent : près de 98 % des 90 employés de l’usine de Saint-Césaire exécutent régulièrement le programme avant le début du quart de travail et au retour des pauses.

Au niveau du ratio coût-efficacité, celui-ci est très avantageux car le protocole est administré par une équipe de «coachs» recrutés parmi les travailleurs de l’usine. Ceux-ce sont formés et supervisés par des kinésiologues spécialisés en réadaptation au travail.

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