Les anciens, dont Léonard de Vinci, reconnaissaient l’importance du mouvement et de l’activité physique.
En étudiant ses codex, on constate que celui-ci a peut-être été le premier biomécanicien en étudiant et en intégrant les principes de la physique mécanique à l’anatomie du corps humain.
En terminant, Léonard sur sa vision de la sédentarité :
Le fer se rouille faute de s’en servir, l’eau stagnante perd sa pureté et se glace par le froid. De même, l’inaction sape la vigueur de l’esprit.
On parle de la place de l’exercice dans la prise en charge de la dépression depuis octobre 2000, alors qu’une étude montrant qu’un programme d’exercices était aussi efficace que des antidépresseurs dans le traitement de la dépression s’était retrouvée en première page du New York Times (cliquez ici).
Dans une autre étude publiée récemment, on montre qu’un style de vie plus actif durant une thérapie cognitive et comportementale améliore le résultat de la dite thérapie.
Bon article du kinésiologue et professeur à l’UQAM Paquito Bernard.
La prochaine fois que vous irez dans une boutique de course pour l’achat de souliers, soyez alerte et averti. De la sorte, vous ferez un choix éclairé et pourrez reconnaitre les mythes, erreurs et imprécisions entretenus par le marketing, et relayés dans les boutiques !
Pour ceux qui ont connu la «religion» du jogging de la fin des années 60, Georges Sheehan est le prophète. Le prophète de la course à pied et du phénomène du Fitness qui envahit l’Amérique à l’aube des années 70.
A l’âge de 45 ans et blasé par profession de cardiologue, le coureur philosophe redécouvre la course à pied. D’abord autours de sa maison, ensuite dans les rues de son village portuaire du New Jersey.
Au même moment, le Dr Georges se plonge dans la découverte des auteurs classiques : Thoreau, Emerson, William James, Ortega. Il se disait illettré, parce que selon lui sa formation médicale n’était constituée que de lectures techniques qui nourrissaient son esprit. Il lui manquait les auteurs classiques et les philosophes pour nourrir son âme. Ses lectures lui ont servi de toile de fond pour la rédaction de ses essais sur la course et l’activité physique.
Le pont
La grande réalisation de Georges Sheehan aura été de faire le lien entre l’esprit et le corps. En fait, citant Ralph Waldo Emerson, il prêchait qu’il fallait d’abord être un athlète avant d’être un saint.
Become first a good animal.
R.W. Emerson
Pour le coureur cardiologue – philosophe – la course à pied, «l’aerobic», la musculation, ou le sport ne sont que des «marques de commerce» pour le «produit» qu’est l’activité physique.
La bible de la course à pied
Sheehan a écrit ce que beaucoup considèrent comme la bible de la course à pied : Running and being. Running and being est un traité de croissance personnelle à travers la course à pied.
En fait, Sheehan aura été un éducateur physique pour les adultes.
Play is the answer of the puzzle of our existence.
« Je serais fort intéressé de savoir ce que vous pensez du « cupping », dont vous avez sans doute entendu parler récemment (son utilisation par nombre d’athlètes à Rio fait jaser ces temps-ci). Simple phénomène de mode ? Réellement efficace ? »
Qu’en est-il ?
La ventouse, le terme français pour « cupping », est un récipient, habituellement en verre et en forme de cloche, destiné à soigner en induisant une « révulsion » par effet de succion sur la peau (Wikipédia). Certains kinésithérapeutes (on nomme ainsi les physiothérapeutes en Europe francophone) prétendent que « les ventouses permettent de modifier la circulation locale, de décongestionner la zone atteinte, de mettre en mouvement l’œdème et de contribuer à l’homéostasie du tendon qui souffre, tout en atténuant la douleur ».
Et au Québec ?
L’approche est aussi utilisée en Amérique du Nord et même au Québec. La semaine dernière, un de mes clients m’a montré les ecchymoses caractéristiques sur son dos. Celui-ci était très satisfait du traitement et s’était lui-même acheté un « kit » de ventouses avec la pompe… L’efficacité personnelle !
Traitement éprouvé ?
Plus sérieusement, chez mes collègues physiothérapeutes et TRP, le débat fait rage depuis quelques semaines : sérieux ou non, les ventouses ?
Le physiothérapeute et kinésiologue anglais Adam Meaking (blog The sports physio) qualifie sans hésitation ce traitement de stupide.
Il allègue même que la plupart des thérapeutes qui utilisent cette approche ne sont pas des ignares : ils se construisent simplement un certain « capital professionnel » en profitant du fait que ce genre de méthode produit un effet placebo.
Meaking affirme qu’en plus d’être contre toute éthique de la profession, ce genre de pratique contribue à la surmédicalisation et peut même rendre les gens encore plus dépendants des approches passives en traitement de la douleur.
Beaucoup de gens m’écrivent pour savoir si la thermolésion peut être une solution au problème de la douleur persistante au dos ou au cou.
La thermolésion par radiofréquence consiste à détruire, au moyen d’une électrode produisant une chaleur de 80 °C, la branche médiane du rameau postérieur de la racine nerveuse qui transmet l’influx nociceptif au cerveau, ce qui entraîne une dénervation de l’articulation facettaire (Médecin du Qc, vol 48, janvier 2013).
La littérature scientifique sur cette procédure est assez claire : la thermolésion est une solution relativement efficace à court terme (quelques semaines) si les sujets sont bien choisis, mais non-efficace à long terme. (cliquez ici).
Voici ce que le professeur Denis Vesvard en pense :
Une approche active est la seule façon d’éliminer définitivement la douleur persistante. Pour qu’elle soit efficace, il importe que celle-ci soit basée sur un modèle d’intervention qui, lui, repose sur des principes, des concepts et des méthodes éprouvés scientifiquement et cliniquement.
Au cours des quelque 20 dernières années, un modèle d’intervention a émergé de notre compréhension de la recherche et de notre pratique clinique. Ce modèle se présente en trois phases : la préparation, le développement et le retour aux fonctions.
.
Figure 1 : modèle d’intervention de l’Institut de kinésiologie du Québec en réadaptation en contexte de douleur chronique.
Même si l’exercice peut à prime abord paraître théorique, il est important de bien comprendre le modèle, car celui-ci est un point de repère autant pour les intervenants que pour les individus qui participent à la démarche.
Voici donc une brève description de la première phase du modèle, la phase de préparation.
Si je disposais de six heures pour abattre un arbre, je consacrerais les quatre premières heures à aiguiser ma hache.
Abraham Lincoln
1) Préparation
La façon d’élaborer la phase préparatoire est d’établir les bases sur lesquelles tout le reste du programme doit s’appuyer. Celle-ci comporte trois étapes.
1.1) Lien de confiance
C’est au début de cette phase que sera établi le lien de confiance entre le ou la professionnel-le et l’individu qui souffre. Point n’est besoin d’expliquer pourquoi il est si important qu’un lien de mutuelle confiance s’installe entre l’intervenant et la personne aux prises avec un problème de douleur persistante.
1.2) Éducation
Une fois le lien de confiance établi, l’intervention d’éducation sera déployée. Le fait de comprendre les mécanismes de la douleur persistante est essentiel et, dans certains cas, peut même être suffisant pour éradiquer la douleur !
Un exemple impressionnant : le Dr John Sarno, un physiatre américain maintenant à la retraite, à fait la manchette pendant longtemps aux États-Unis en obtenant auprès de ses patients un taux de succès de près de 90 % avec un traitement qui consistait en seule une présentation d’environ trois heures !
La dernière étape de la phase 1 est l’ajustement de la charge. En science de l’exercice, la charge représente une quantité de mouvements. Un des problèmes fondamentaux en douleur persistante est la relation entre le mouvement et l’intensité de la douleur.
Trop peu de mouvements augmente la douleur (kinésiophobie) et une trop grande quantité d’activité physique (CPMD) augmente aussi la douleur.
Est-ce que les périodes de canicule peuvent augmenter la douleur chronique ?
Oui.
Principalement pour trois raisons.
Fatigue
Il faut d’abord se rappeler que l’intensité de la douleur augmente avec la fatigue (cliquez ici pour un rappel). Soumis à une chaleur relativement intense, notre corps lutte contre celle-ci pour garder la température interne à environ 37 °C. La dépense d’énergie relative à ce travail accru de l’organisme entraîne un surcroît de fatigue, ce qui augmente la douleur.
Manque de sommeil
Les personnes qui ne bénéficient pas d’un environnement climatisé voient leur sommeil perturbé par la chaleur. Le déficit d’énergie engendré par ce manque de sommeil s’ajoute à la fatigue déjà accumulée par la lutte contre la canicule.
Irritabilité
Enfin, cette combinaison, « fatigue + chaleur », exacerbe l’irritabilité, état émotif pouvant propulser l’intensité de la douleur.
Maintenant, on peut comprendre pourquoi les personnes qui souffrent de douleur chronique redoutent les périodes de grandes chaleurs.
Bon courage !
Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :