Anas Boukas, nouveau blogueur à Bouger pour vaincre la douleur !

Le blog Bouger pour vaincre la douleur devient international avec la venue de M. Anas Boukas, physiothérapeute.

Anas a obtenu son titre de physiothérapeute après avoir obtenu son diplôme de l’Université de Montréal en 2013. En 2017, il part à l’aventure et transporte sa pratique au Qatar où il œuvre maintenant  au « International Physiotherapy Centre ».

À part sa pratique clinique, Anas travaille à la vulgarisation de tout ce qui a trait au mal de dos et à la douleur chronique, et il le fait d’excellente façon. Sa principale réalisation en ce sens est la conception d’un site web spécialisé sur ce sujet : www.lombafit.com.

Le premier article de M. Boukas porte sur son expérience au Qatar : cliquez ici pour le consulter.

Donc, bienvenue Anas et merci de votre contribution à l’avancement de notre compréhension du phénomène de la douleur et à l’amélioration de la condition des personnes qui souffrent.


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


 

Pourquoi le fait d’endurer la douleur l’augmente…

Plusieurs personnes, lorsqu’elles sont aux prises avec une douleur, minimisent l’utilisation des médicaments analgésiques, et ce, pour différentes raisons.

On parle ici d’une douleur modérée ou même sévère, liée à une lésion comme une entorse lombaire, une hernie discale, une arthrose du genou ou une tendinopathie (ce qu’on appelait anciennement une tendinite).

Les raisons pour un tel comportement sont dues le plus souvent soit à la culture ou à des croyances erronées.

Le but du présent texte n’est pas de discuter de ces raisons, mais bien de mettre en lumière que le fait d’endurer une douleur ouvre une porte toute grande ouverte à une douleur chronique.

Gestion de la douleur
 
La stratégie pour vaincre la douleur chronique repose sur deux types de modalités : les modalités actives et les modalités passives. Celles-ci sont toutes les deux importantes. Les médicaments analgésiques font partie des modalités passives. Ils sont nécessaires parce qu’ils permettent un soulagement qui facilite l’initiation aux modalités actives, comme la réadaptation par l’exercice.
 
Porte ouverte à la chronicité
 
L’importance des médicaments en gestion de la douleur commence bien avant que celle-ci devienne persistante. Lors d’une blessure ou au début d’une maladie dégénérative comme l’arthrose, les analgésiques sont d’une importance capitale, non seulement pour protéger la qualité de vie de la personne qui souffre, mais aussi pour prévenir la douleur chronique.

Notre pharmacien, M. Étienne Beauchemin, nous explique pourquoi dans la vidéo suivante :

 

 
Donc, un des plus grands facteurs de risque à la douleur chronique est une douleur nociceptive non contrôlée. Le fait d’omettre de prendre des analgésiques lors d’une affection qui engendre une douleur modérée à intense ouvre toute grande ouverte la porte à la chronicisation de celle-ci. Une douleur nociceptive non diminuée par un ou des analgésiques va sensibiliser le système nerveux central et initier le cycle infernal de la douleur persistante.
 
Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂
 

Psychologie de la douleur avec le Dr Sylvain Gervais

Le Dr Gervais est un des membres de l’équipe de conférenciers de la certification en réadaptation en contexte de douleur chronique qui se déroulera le 30-31 mai et 13-14 juin 2020 au Campus de Longueuil de l’Université de Montréal. Informations : 514 754-3475.


Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Neurophysiologie de la douleur. Séminaire Ronald Melzack, 30 mai 2020

Présentation du premier séminaire (dédié au Dr Ronald Melzack, décédé à la fin de décembre) sur la neurophysiologie de la douleur, dans le cadre de la certification en réadaptation en contexte de douleur chronique. Contactez-nous au 514 754-3475.

Squats : Retenir sa respiration ou non ?

Si j’avais à choisir un exercice, seulement un, mon choix serait le squat.

Le squat est le « maître-exercice ».

Que ce soit pour la performance sportive ou la réadaptation, la plupart des spécialistes s’entendent sur le fait que cet exercice est le plus important.  C’est l’exercice par excellence pour l’entraînement de la chaîne postérieure (les muscles qui produisent l’extension de la hanche) si nécessaire à une foule de mouvements sportifs et de la vie quotidienne. Le squat est hautement « fonctionnel », c’est-à-dire qu’il transfère de façon importante les gains obtenus lors de l’exercice vers les fonctions que l’on veut améliorer.

Respiration durant le squat

Un  point créant beaucoup de confusion concernant le squat est la gestion de la respiration durant le mouvement. La façon correcte de gérer la respiration lorsque l’on fait un squat est de retenir celle-ci durant tout le mouvement. La raison est que la manœuvre augmente la pression abdominale et intrathoracique, stabilisant ainsi la colonne vertébrale (cliquez ici pour comprendre l’importance de la rigidité de la colonne). Cette manœuvre, nommée manœuvre de Valsalva, implique un effort expiratoire avec la glotte (espace entre les cordes vocales) fermée.

 

Figure 1 : Mécanismes de stabilisation du dos lors du squat  (traduit avec la permission de M. Mark Rippetoe).

Danger ?

Certains intervenants pensent que l’augmentation de la pression artérielle engendrée pourrait mettre le participant à risque pour sa santé. En fait, certains craignent que l’augmentation de la pression artérielle induise un anévrisme cérébral, voire la rupture de celui-ci. Un anévrisme cérébral est la dilatation d’une artère du cerveau à un endroit où la paroi de celle-ci est affaiblie par l’athérosclérose (ou, plus rarement, par un défaut morphologique).

.Figure 2 : l’anévrisme (source : http://www.docteurclic.com)

 

Gradient de pression

La différence de pression entre l’intérieur d’un vaisseau sanguin cérébral et l’extérieur du vaisseau est la pression transmurale.  Un anévrisme survient lorsque  la différence de pression (un gradient de pression) entre l’intérieur du vaisseau sanguin du cerveau et l’extérieur (pression intracrânienne, dans notre cas) est suffisamment grande pour que  la paroi du vaisseau sanguin (déjà affaibli) se distende (production de l’anévrisme) et, si la pression augmente encore plus, se rupture. C’est un évènement extrêmement rare qui survient si la paroi du vaisseau est affaiblie par l’athérosclérose dans un contexte génétique prédisposant (malformation congénitale).

Il est vrai que le squat augmente de façon très significative la pression artérielle moyenne (PAM). La cause est l’augmentation de la pression intrathoracique et intra-abdominale causée par la fermeture de la glotte, combinée à la contraction musculaire importante inhérente à l’exercice et à la pression sur les viscères engendrée par la flexion du tronc (figure 1).

Par contre l’autre élément de l’équation est la pression intracrânienne (PIC), c’est-à-dire la pression de l’autre côté de la membrane du vaisseau sanguin. Celle-ci est définie principalement par la pression du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau.

Or la pression du liquide céphalo-rachidien est directement liée à la pression veineuse centrale (le liquide céphalo-rachidien est réabsorbé dans la circulation sanguine au niveau des villosités arachnoïdiennes). Donc, si le squat augmente la pression artérielle moyenne, la pression est aussi accrue au niveau intracrânien, ce qui fait que la pression s’égalise des deux côtés. La pression transmurale étant équilibrée, le gradient de pression est donc nul et le danger d’anévrisme est éliminé.


PTM  = PAM – PIC

PTM : pression transmurale

PAM : pression artérielle moyenne

PIC : pression intracrânienne


Figure 3 : L’équation de la pression transmurale.

Donc, la respiration doit être bloquée durant tout le mouvement.

Le vrai danger de blessure survient lorsqu’on relâche celle-ci durant le mouvement, déstabilisant ainsi le tronc et exposant l’exécutant à un risque plus élevé de blessures orthopédiques.

 

Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :



Autres textes relatifs

Certification en réadaptation en contexte de douleur chronique IRDC 2020

Vous voulez intervenir avec des individus soufrant de douleurs chroniques ?

La certification en réadaptation en contexte de douleur chronique est exactement ce qu’il vous faut pour débuter une pratique avec des individus affectés par une douleur persistante ou pour vous mettre à jour avec cette affection de plus en plus prévalente.

La formation est interdisciplinaire (donnée par kinésiologues, pharmacien, psychologue, physiothérapeute, ostéopathe et ergothérapeute) et est fondée sur l’approche biopsychosociale.

 

La force de cette certification est de faire le pont entre les évidences scientifiques et l’intervention clinique.

C’est la raison pour laquelle la certification devient de plus en plus la norme au Québec. De nombreux centres et cliniques de réadaptation exigent la certification pour les professionnels y travaillant, et certains exigent le niveau 1 comme prérequis à l’embauche.

Téléchargez la brochure : IRDC 2020 brochure

Expliquer la douleur chronique aux jeunes enfants

Pour soutenir les milliers de parents aux prises avec la douleur chronique, l’Association Québécoise de la Douleur Chronique (AQDC) a collaboré avec l’auteure Isabelle Goupil pour le lancement du conte « Y’a de la visite ! ».

« Cet album jeunesse illustré offre un moyen original aux parents de démystifier ce qu’est la douleur chronique et de faciliter le dialogue avec leurs petits sur les imprévus engendrés par cette réalité. C’est une œuvre de cœur et de sens bénéfique pour les familles et nous la saluons. » affirme Mme Céline Charbonneau, présidente de l’AQDC.« Nous sommes plus d’un million de québécois et québécoises qui, chaque jour, doivent adapter la trajectoire de leur vie pour aller travailler, étudier, vivre, contourner et parfois affronter cette douleur qui envahit notre corps et nos sentiments. Tant de familles souffrent en silence. Un jour, je me suis dit que le partage est la meilleure parade contre la douleur. Alors j’ai imaginé un conte que j’ai intitulé « Y’a de la visite ! », à l’intention de toutes ces familles avec des enfants de 3 à 10 ans dont le quotidien est chamboulé par la douleur toujours présente, souvent invalidante et invisible d’un parent. » déclare Mme Goupil.

Pour vous procurer le livre : cliquez ici

 

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

Le surpoids augmente-t-il la douleur chronique ?

Oui.

Et voici pourquoi. Quand on analyse un cas clinique en douleur chronique, il est primordial d’évaluer d’abord trois facteurs : les éléments favorisants, les éléments déclencheurs et les éléments qui favorisent la persistance de la douleur.

Éléments favorisants

Une bonne évaluation clinique doit inclure une revue des facteurs pouvant prédisposer une personne à présenter une douleur persistante. Que ce soit l’installation d’une douleur qui va durer au-delà de la période de guérison normale, dans le cas d’une lésion au système musculosquelettique, ou l’émergence d’une pathologie un peu plus complexe comme la fibromyalgie ou un syndrome douloureux général complexe, la connaissance d’éléments pertinents de l’histoire clinique permettra au clinicien d’élaborer une hypothèse de travail qui pourra l’aider à établir une stratégie efficace.

Par exemple, l’augmentation trop subite du volume d’entraînement chez une coureuse de fond qui s’est retrouvée avec une tendinopathie du tendon d’Achille après quelques semaines de course à pied commandera impérativement une modification du programme d’entraînement.

Éléments déclencheurs

L’établissement des éléments déclencheurs peut être simple : une chute sur une plaque de glace lors d’une entorse lombaire, par exemple. Par contre, le ou les éléments déclencheurs sont souvent difficiles à préciser dans certains cas. Un exemple classique : la fibromyalgie.

Éléments favorisant la persistance de la douleur

Ce dernier pilier de l’évaluation clinique permet de compléter la dynamique de cas. Beaucoup de facteurs qui n’ont rien à voir avec les causes physiopathologiques de la douleur peuvent favoriser sa persistance : le stress, une personnalité anxieuse, la température, un mauvais sommeil, etc. Souvent, ces éléments sont des conséquences liées aux éléments favorisants et déclencheurs.

Un de ces facteurs favorisants fréquemment rencontré est l’augmentation du poids corporel. Les personnes qui souffrent de douleur chronique ont tendance à diminuer leur activité physique (kinésiophobie). La conséquence de ce comportement, normal quand on souffre, est une augmentation de la masse graisseuse et une diminution de la masse musculaire. Or, un des principes en douleur chronique veut que l’intensité de la douleur soit directement proportionnelle à l’effort relatif déployé pour les activités de la vie quotidienne (voir article sur ce principe). Plus le poids corporel augmente, plus toutes les tâches de la vie quotidienne demandent un effort relatif plus important. La douleur est donc d’autant plus augmentée. Figure 1 : L’augmentation de l’effort relatif entraîne l’augmentation de l’intensité de la douleur, telle qu’évaluée sur une échelle visuelle analogique (VAS).

Le phénomène empire souvent le problème car l’augmentation de la douleur fait en sorte que la personne souffrante réduit encore plus ses activités physiques et ceci l’entraîne dans un cercle vicieux.

Réduction du poids corporel

Réduire le poids corporel devient donc important. C’est facile à énoncer mais très difficile à accomplir. Heureusement depuis quelques années, la science a démontré que même si l’exercice est important pour perdre du poids, le succès passe d’abord par une intervention sur le plan de la diète.

Les nouvelles approches visant un meilleur contrôle de l’insuline (régimes “low carb“, régime cétogène, jeûne intermittent) sont très prometteuses.

L’important est d’être bien encadré et d’introduire les nouveaux comportements alimentaires de façon progressive.

Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

Tendinite : Cinq choses à ne pas faire

La tendinopathie (anciennement tendinite) est une blessure fréquente et la résultante de la surutilisation d’un tendon.

 

Cinq pratiques à éviter lorsque l’on souffre de tendinopathie :

1) Immobiliser l’articulation

Une tendinopathie ne s’améliore pas avec du repos. Le tendon est un tissu extrêmement sensible au mouvement. En l’absence de mouvement, celui-ci perd très rapidement sa capacité à soutenir les tensions qui lui sont imposées. Le tendon devient de plus en plus fragile et, avec le temps, la pathologie peut évoluer vers  une dégradation plus sérieuse du tissu qui peut conduire à la rupture complète du tendon.

Il faut donc stimuler le tendon avec des exercices spécifiques, tout en le protégeant de la surcharge en gérant correctement la douleur durant l’effort.

2) Ignorer la douleur

Persister à utiliser le tendon malgré l’augmentation de la douleur peut sensibiliser le système nerveux central et augmenter l’hyperalgie (une douleur de plus en plus intense pour la même tâche). À force de répéter ce comportement, on aggrave le problème, et la douleur devient chronique. Un programme de réadaptation dans le cas d’une tendinopathie repose sur un système de gestion de la douleur durant l’effort (cliquez ici pour une vidéo sur ce sujet).

3) Étirer le tendon

La professeure Jill Cook, considérée par plusieurs comme l’autorité mondiale en matière de tendinopathie, affirme qu’étirer le tendon augmente les forces de compression sur celui-ci et la manœuvre peut donc empirer la pathologie.

4) Aller trop vite…

Malheureusement, la réadaptation d’un tendon est la plupart du temps longue et demande patience et discipline. Aucun médicament, infiltration ou autre thérapie passive (manipulation, mobilisation, massage, traitement au PRP) ne guérit une tendinopathie.

Les études démontrent que seul un programme d’exercices prescrit par un kinésiologue, ergothérapeute, physiothérapeute ou thérapeute en réadaptation physique peut rétablir la fonction d’un tendon. Les exercices doivent être personnalisés et leur progression doit être soigneusement contrôlée par ces professionnels de la réadaptation.

5) Être pessimiste

Avec un encadrement étroit et de la persévérance, une tendinopathie finit toujours par guérir. Une fois cette étape franchie, votre professionnel vous élaborera un programme de prévention secondaire, c’est-à-dire un programme d’exercices pour prévenir la récidive.

Bon courage !

Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :


Autres textes relatifs

Quel est le lien entre la douleur chronique et la fatigue ?

Pourquoi la fatigue peut expliquer une augmentation de votre douleur.

Pour rester informé sur nos prochaines parutions, inscrivez-vous à l’école de la douleur :

Vaincre votre douleur au dos, à domicile : cliquez ici
Autres textes relatifs