Pourquoi une douleur devient chronique

Le concept le plus fondamental de la réadaptation en contexte de douleur chronique est le fait qu’il existe deux sortes de douleurs : la douleur nociceptive et la douleur chronique.

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La douleur nociceptive

La douleur nociceptive (ou douleur aiguë, comme on le disait il y a quelques années) est la douleur normale produite par notre système nerveux central (SNC), essentielle à notre survie. Elle a trois fonctions.

  • La première fonction de la douleur nociceptive est de donner d’alarme.

Prenons comme exemple le cas où l’on endommage un ligament du bas du dos (l’entorse lombaire) en soulevant une boîte au sol. La déchirure des fibres du tissu ligamentaire est transformée en influx nerveux par des fibres spécialisées du SNC et est transportée vers le cerveau où le signal est traité et transformé en une expérience consciente (la douleur) qui nous informe de la blessure.

  • La deuxième fonction de la douleur nociceptive est d’entraîner une immobilisation relative, celle-ci étant nécessaire à la guérison.

Quelques secondes après la blessure, la sensation devient de plus en plus désagréable et réduira notre capacité de bouger en rendant le mouvement de plus en plus pénible. Ceci est nécessaire, car l’organisme a besoin d’une immobilité relative au niveau de la structure lésée pour pouvoir la réparer.

  • La troisième fonction de la douleur nociceptive est de moduler le retour au mouvement.

Au fur et à mesure que la guérison suit son cours, le signal douloureux va progressivement s’estomper et laisser place à la reprise du mouvement, essentielle à la consolidation de la blessure. La douleur guide ce retour au mouvement, en ce sens que si la reprise des activités est trop intense, la douleur deviendra plus importante pour protéger les tissus nouvellement formés.

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La douleur chronique

La douleur chronique (ou douleur persistante, comme on le dit de plus en plus) est la douleur anormale produite par notre SNC et qui est non seulement inutile, mais qui peut devenir une véritable calamité pour les personnes qui en sont affectées.

La cause de la douleur chronique est un casse-tête depuis toujours, mais il est de plus en plus accepté qu’elle résulte d’une réorganisation du SNC. En effet, celui-ci comporte des mécanismes qui augmentent l’intensité de la douleur (les « accélérateurs ») et d’autres qui diminuent cette intensité (les « freins »). Ces deux groupes de mécanismes sont habituellement en équilibre, mais une réorganisation aberrante du système nerveux par la création de nouvelles connexions entre les neurones entraînerait la persistance de la douleur à la suite d’une blessure. C’est le fameux phénomène de la plasticité neuronale.


Ce qu’il est important de comprendre est que la persistance de la douleur n’est pas due à une lésion qui ne guérit pas, mais bien à un dysfonctionnement du système nerveux central (SNC).


Et, pour aggraver le problème, plus le temps avance, plus ce sont les conséquences physiques, psychologiques et sociales qui nourrissent la douleur. Après quelques mois, la lésion d’origine est entièrement guérie, mais la douleur persistante a envahi insidieusement la vie de celui ou celle qui souffre.

Ceci implique donc une prise en charge de la douleur chronique complètement différente de la prise en charge d’une douleur nociceptive.


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Le premier signe de guérison en douleur chronique !

Au début de ma carrière au milieu des années 90, j’ai constaté qu’une douleur persistante ne disparaissait pas du jour au lendemain, comme par enchantement.

En fait, pour la plupart des personnes qui participent à un programme d’activités physiques adaptés et spécifiques à la douleur chronique, la douleur s’estompe sous forme de «fenêtres de non douleur» qui commencent à apparaître au cours de la journée.

 

Point n’est besoin de vous dire que lorsque ça arrive, les gens sont « aux oiseaux » comme vous pourrez le constater dans le clip vidéo que je vous présente cette semaine. Madame M. est une agente de bord  qui s’était blessée lors d’une chute durant son travail. Malheureusement celle-ci avait développé une douleur chronique à la suite de l’accident de travail et elle nous avait été référée pour une démarche de réadaptation.

Celle-ci a travaillé d’arrache-pied avec nous pendant plusieurs mois, et finalement lors d’un souper avec des amis, elle a finalement vu la lumière au bout du tunnel …

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Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

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  • Soyez progressif dans l’augmentation de votre volume d’entraînement;
  • Soyez progressif si vous ajoutez de la vitesse dans votre entraînement

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Glace et anti-inflammatoires : bénéfiques ou néfastes ?

Bonne mise à jour du physiothérapeute Marco Raffis de Physio-Extra :

Depuis des décennies, la science médicale nous suggère d’appliquer de la glace dès que la douleur se fait sentir. Cette habitude est ancrée en nous et nous sentons tous cette urgence de mettre de la glace lorsque nous nous faisons une entorse de cheville ou encore nous nous écrasons le doigt entre deux portes.

Est-ce que l’application de  glace et la prise d’anti-inflammatoires sont utiles ou nuisibles à la guérison?

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Principe # 3 pour réussir sa remise en forme

Le troisième principe pour réussir sa remise en forme est le renforcement positif.

Le principe du renforcement positif implique l’auto-administration de petites récompenses (les renforçateurs) lorsque vous aurez atteint certains objectifs. Surtout n’allez pas considérer cette façon de faire comme puérile ou enfantine ; considérez cette façon de faire comme un outil temporaire pour arriver à vos fins. Ce principe est basé sur notre compréhension assez récente de la façon dont notre cerveau favorise ou non la répétition d’un comportement.

En fait, l’auto-manipulation des renforçateurs implique la mise en action de puissants circuits (dopaminergiques) du système nerveux central et que nous sous-estimons quant à leur puissance pour maximiser l’adoption et le maintien d’un comportement, la pratique d’un programme de conditionnement physique en l’occurrence. Ce principe est très important et est souvent négligé dans les systèmes de motivation.

Principe # 1 : cliquez ici

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Attention à la fracture de stress

Une des conséquences d’une mauvaise planification d’un entraînement est la fracture de stress. La fracture de stress fait partie des blessures de surcharge et est souvent difficile à diagnostiquer par les médecins et les physiothérapeutes.
Justement, un de ceux-ci, le physiothérapeute et écrivain Denis Fortier écrivait une excellente chronique sur les fractures dans le cadre de son blog (cliquez ici).

d fortier

En fait, Denis Fortier est comme Dieu présentement ; il est partout !
On peut écouter M. Fortier tous les dimanche à la radio de la première chaîne (cliquez ici) et vous pouvez même procurer ses livres en cliquant ici.

Principe # 2 pour réussir sa remise en forme

Principe 2 : réunir des conditions de succès assuré

Au commencement d’un programme de conditionnement physique, l’objectif n’est pas d’induire un rehaussement des capacités physiques, mais bien d’assurer l’exécution régulière du protocole.

Les premiers jours et les premières semaines d’un programme de mise en forme étant critiques pour l’observance (voir le texte sur la motivation à l’exercice), il est donc important que celui-ci soit construit de façon à assurer le succès.

Il faut que le programme soit « trop facile ».

Le succès est l’ami de la répétition d’un comportement et l’échec, son ennemi.

Tous les paramètres de charge du programme (durée, intensité, fréquence, type d’exercice) doivent être ajustés de façon à ce que ce soit presque impossible d’échouer. Par exemple, les études démontrent qu’un programme dont la durée se situe entre 15 et 30 minutes est optimal pour un individu sédentaire à ses débuts.graph observance principe 2

L’intensité des exercices doit être minimale et la fréquence devrait varier entre deux et trois fois par semaine.

 Voir principe # 1 : cliquez ici

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Les 5 erreurs à éviter lors de l’évaluation de la composition corporelle (% de gras)

Le Dr Maxime Saint-Onge est un kinésiologue reconnu par ses pairs pour son expertise pointue en évaluation de la composition corporelle. Je vous offre un de ses articles sur ce sujet : Cliquez ici