La capacité de l’appareil locomoteur à supporter un effort est un facteur limitatif dans l’entraînement de l’enfant et de l’adolescent, car les os, ligaments et les muscles sont en pleine croissance et n’ont pas encore la résistance de celles des adultes.
Donc, si vos jeunes athlètes ont débuté un entraînement avec des poids et haltères :
Est-ce que celui-ci est sécuritaire ?
Est-ce que le programme va vraiment optimiser leur performance ?
Est-ce que le programme peut retarder leur croissance ?
Votre enfant a mal au dos depuis qu’il a débuté le programme : normal ou dangereux ?
Est-ce que les étirements préviennent les blessures et les courbatures en course à pied ?
Jeff Galloway est un des experts les plus en vue dans le mode de la course de longue distance aux États-Unis. Il a écrit de nombreux best-sellers sur le sujet et il nous donne ici son opinion sur les étirements lors d’une conférence aux employés de Goggle.
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Souvent, je souhaite du courage à mes clients aux prises avec les griffes de la douleur persistante.
Et Dieu sait s’ils en ont besoin. La lutte à la douleur chronique est une « première guerre mondiale à un niveau personnel » : c’est une guerre de tranchées, avec de profonds moments de découragement, et on ne sait pas quand le calvaire va se terminer.
Un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique, ça fonctionne, mais le progrès n’est pas une pente ascendante vers la libération et le retour à une vie normale.
C’est plutôt une ligne brisée, caractérisée par des chutes vertigineuses au fond de l’abîme du découragement.
Et c’est à ce moment que l’intervenante en douleur chronique est importante, qu’elle soit médecin, physiothérapeute, ergothérapeute, TRP ou kinésiologue. L’intervenant doit être un « coach », c’est à dire qu’il ou elle offrira une aide visant à soutenir le douloureux chronique à travers les épisodes d’exacerbation de la douleur, alors que tout semblait s’améliorer, que tous les espoirs étaient permis …
Un coach, c’est une bouée de sauvetage dans une mer de souffrance …
Churchill
Quelquefois, quand je rencontre mes clients et clientes pour la première évaluation, j’ai presque le goût de leur citer Churchill qui annonçait l’inéluctable à ses concitoyens anglais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. »
C’est bien ça le problème en douleur chronique : le parcours pour la vaincre est tortueux. De plus, contrairement aux Anglais qui avaient la sympathie du monde entier pendant que Londres était bombardée par la Luftwaffe nazie, les douloureux chroniques ne peuvent offrir aucune preuve visible de leur douleur.
Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte.
Winston Churchill
Le vrai courage
Le courage n’est pas un sport de force ou de puissance, c’est un exercice d’endurance. En 1940-1941 les Anglais et Churchill ont gagné la bataille d’Angleterre non à cause de leur puissance, mais bien grâce à leur endurance et à leur résilience.
Mes clients et clientes, jour après jour, se lèvent le matin pour venir à la clinique accomplir leur programme, et ce, même si souvent toutes les fibres de leur corps supplient de sauter une journée, juste une …
Les douleurs chroniques au dos sont relativement fréquentes chez les enfants et les adolescents, surtout chez les jeunes sportifs (50% plus chez les sportifs vs les non-sportifs).
Je vous présente les causes et la solution dans le vidéo suivant.
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La deuxième phase d’un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique est celle du développement. Il s’agit du développement des capacités physiques, des capacités fonctionnelles et des capacités psychologiques.
Kinésiophobie et diminution de la douleur
Cette phase est particulièrement importante si l’on se trouve en présence de kinésiophobie au début du programme, parce que le rehaussement de la condition physique contribuera à la diminution de l’intensité du signal douloureux durant les efforts physiques. En effet, la peur de bouger entraîne l’évitement des activités physiques et conduit au déconditionnement physique. Ce phénomène de « désentraînement » engendre une augmentation de la douleur (cliquez ici pour comprendre pourquoi) et l’on se retrouve alors dans le fameux cercle vicieux décrit pour la première fois en 1995 par le chercheur néerlandais Johan Vlaeyen.
Un protocole d’exercices spécifiques mènera vers un rehaussement de la condition physique et permettra une diminution de l’intensité de la douleur en réduisant l’effort relatif des activités physiques de la vie quotidienne.
Figure 1 : modèle de l’hypokinésie algogène : la peur de bouger (kinésiophobie) entraîne un déconditionnement physique, ce qui hausse l’effort relatif pour les activités physiques de la vie quotidienne et augmente le niveau de douleur pour ces activités. Cette augmentation de la douleur entretient la peur et l’évitement des efforts physiques.
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Comportement de persistance malgré la douleur (CPMD)
Pour un individu présentant un comportement de persistance malgré la douleur (pour en savoir plus sur le comportement opposé à la kinésiophobie, cliquez ici), il s’agit surtout d’implanter le concept du point d’inflexion de la douleur (PID). C’est une méthode permettant de gérer un effort physique (continuer un effort ou le stopper) en fonction de l’intensité de la douleur.
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Figure 2 : modèle d’intervention de l’Institut de kinésiologie du Québec en réadaptation en contexte de douleur chronique.
Le point d’inflexion de la douleur (PID)
La maîtrise du point d’inflexion permet un développement des capacités physiques et fonctionnelles en phase 2, mais elle permet également un ajustement des efforts lors du retour aux activités normales de la vie quotidienne.
Vidéo 1 : Application de la méthode du point d’inflexion de la douleur (PID) en réadaptation au travail. Le PID permet non seulement un ajustement de l’intensité de l’effort lors des exercices de réadaptation, mais aussi lors du programme de retour au travail thérapeutique (RTT) (cliquez ici pour d’autres vidéos).
Le point d’inflexion de la douleur est le concept le plus important de la phase 2. C’est le guide fondamental qui permet une hausse des capacités en évitant l’augmentation de la douleur.
Capacités physiques et capacités fonctionnelles
Une fois la kinésiophobie éliminée et le comportement de persistance maîtrisé, la capacité physique sera d’abord développée pour progressivement mener vers le développement des capacités fonctionnelles.
La capacité physique et la capacité fonctionnelle sont deux concepts différents. Le premier a trait au potentiel de production d’énergie mécanique de l’organisme. Une bonne capacité physique brute est nécessaire à l’accomplissement des fonctions humaines.
Nécessaire, oui, mais non suffisante.
D’autres éléments de nature biomécanique, neurologique, voire psychologique doivent être intégrés au programme de prise en charge interdisciplinaire pour obtenir un bon transfert. Le niveau de transfert est le rapport entre les gains obtenus sur le plan de la fonction que l’on veut améliorer et ceux obtenus lors de l’exercice. Plus les adaptations physiologiques induites par le programme d’exercices sont transformées en améliorations de la fonction, plus le niveau de transfert est grand. On peut alors parler de hausse de la capacité fonctionnelle.
La capacité fonctionnelle est l’aptitude à exécuter le plus efficacement possible les fonctions de la vie quotidienne.
Une fois les capacités fonctionnelles de la personne en développement, la phase de retour à l’activité pourra alors commencer.
Cette phrase est un classique pour tous les intervenants en douleur persistante. Les personnes qui souffrent de douleur chronique et qui se font donner l’explication que la douleur est produite par le système nerveux central reçoivent parfois très mal cet enseignement donné par leur kinésiologue, physiothérapeute ou médecin traitant.
Ceux-ci en concluent que l’intervenant pense qu’ils «imaginent» ou exagèrent l’importance de leur souffrance. Bien qu’après presque 25 ans de travail dans le domaine je peux malheureusement avouer que certains intervenants ont malheureusement des préjugés (et ceux-ci devraient changer de boulot …), dans la majorité des cas ce n’est pas du tout ce que le professionnel veux dire. Ceux-ci veulent faire comprendre que c’est le cerveau (siège du système nerveux central) qui contrôle la douleur, et que c’est un dérèglement de ce système qui est la cause de la persistance de la douleur (voir le texte sur les causes de la douleur chronique).
Cette situation est le plus grand malentendu en réadaptation en contexte de de douleur chronique.
La douleur est toujours … une douleur
La «perception» de la douleur est un pléonasme. La douleur est par définition une perception. L’intensité peut sembler amplifiée par rapport à la lésion (si lésion il y a, car ce n’est pas toujours le cas) mais l’expérience de l’individu qui souffre est réelle est doit être reçu comme tel par le professionnel.
Non seulement ce doit être le cas, mais les professionnels en question doivent communiquer aux gens affligés par la douleur qu’ils comprennent bien l’importance de leur souffrance. En effet, les gens souffrant de douleur chronique ont appris depuis longtemps à détecter le scepticisme sur le visage des intervenants, et ceci contribue souvent au problème.
La douleur est une construction strictement personnelle, à laquelle participe tout notre système nerveux …
Henri Laborit, 1976
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Les gens qui souffrent de douleur chronique sont pour la plupart angoissés à cause de l’impossibilité d’agir sur leur douleur.
Ils ne peuvent ni la fuir ni la combattre. C’est l’impossibilité d’agir, ou ce que l’on nomme dans les milieux scientifiques : l’inhibition de l’action.
L’inhibition de l’action
Le biologiste Henri Laborit a écrit «l’inhibition de l’action» en 1979. : il y écrit que le seul comportement qui reste lorsqu’on ne peut agir ni fuir est la soumission et l’acceptation du statu quo, d’où l’angoisse et l’inquiétude face à l’avenir (ce qui est un calvaire pour les gens prédisposés à l’anxiété car par définition celle-ci est «l’intolérance à l’incertitude») et éventuellement l’apparition d’autres maladies.
C’est la raison pour laquelle une démarche de prise en charge en gestion de la douleur chronique doit être échafaudée sur l’action, c’est à dire une approche active.
L’angoisse survient lorsqu’on ne peut agir, c’est à dire ni fuir, ni lutter.
Beaucoup de programmes d’éducation physique débutent l’année avec la course à pied comme activité.
L’enseignement des principes de la course à pied ramène un des problèmes fondamentaux en éducation physique ; est-ce que l’on note la performance ou l’effort ?
L’effort, parce-que c’est celui-ci qui est formateur.
Par contre, il n’est pas toujours facile d’évaluer l’effort. Les spécialistes en éducation physique de l’école secondaire de Naperville aux USA ont revampé le programme pour l’orienter moins sur le sport et plus sur la condition physique. Ils en ont profité pour repenser l’évaluation dans un contexte où la technologie permet maintenant d’avoir accès à des données autrefois impossibles à obtenir.
Ils utilisent les cardiofréquencemètres, ces appareils qui mesurent la fréquence cardiaque directement durant un effort. On détermine la fréquence cardiaque maximale et les éducatrices physiques notent les étudiants selon l’effort relatif (le pourcentage de la fréquence cardiaque).
De cette façon, même si l’étudiant n’est pas très doué, si celui-ci déploie un effort valable il sait (et ceci est encore plus important que la note finale) qu’il travaille autant qu’un autre plus physiologiquement «équipé» pour la course à pied.
Bouger est bénéfique pour tout le monde, particulièrement pour les personnes souffrant de douleur chronique. Cependant, il faut être prudent. L’exercice physique est comme un médicament; alors qu’une dose adéquate est utile, un excès peut avoir l’effet contraire.
Chez une personne souffrant de douleur persistante depuis plusieurs mois, un excès de douleur durant un effort physique peut sensibiliser le système nerveux central et augmenter l’hyperalgie (une douleur de plus en plus intense pour la même tâche). À force de répéter ce comportement, on empire le problème de douleur chronique.
Une prescription d’exercices doit être individualisée
Malheureusement, beaucoup d’intervenants et d’organismes suggèrent des protocoles généraux qui ont le potentiel d’aggraver le problème.
Ainsi, voici un exemple trouvé dans une brochure s’adressant à une clientèle souffrant de douleur persistante :
« Marchez de trois à cinq fois par semaine à raison de 20 à 60 minutes par jour ».
Pour certaines personnes souffrant de douleur chronique, marcher 20 minutes peut exacerber la douleur de façon très importante. Pour ces personnes souvent très déconditionnées, même deux à trois minutes de marche sont suffisantes pour induire des changements au système nerveux central qui auront pour effet d’exacerber la douleur. C’est le phénomène de «centralisation de la douleur».
Un programme d’exercices, particulièrement en contexte de douleur chronique, devrait toujours être prescrit par un professionnel (kinésiologue, éducateur physique, physiothérapeute, ergothérapeute ou thérapeute en réadaptation physique).
Le point d’inflexion de l’intensité de la douleur (Pid)
En réadaptation en contexte de douleur chronique, l’indicateur le plus important de la prescription d’activité physique est l’intensité de la douleur et non l’effort physique. Il existe un moyen très efficace pour bien moduler la dose d’exercice en gestion de la douleur : le point d’inflexion de la douleur (Pid). Cette technique permet au participant d’ajuster de façon très précise la dose de mouvement lors de l’exercice. Il s’agit d’être capable de déterminer le moment où l’intensité de la douleur augmente durant un effort. Quand le Pid est atteint, il est impératif d’arrêter l’effort.
On peut reprendre l’effort si l’intensité de la douleur redescend au niveau initial. Ensuite, si le temps avant l’atteinte du Pid pour le deuxième intervalle d’effort est inférieur à 50 % du temps avant l’atteinte du Pid lors du premier intervalle, on doit stopper l’activité pour la journée. À noter que le même concept peut être appliqué à une tâche psychologique.
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Voici donc un article qui traite de la course à pied, ou plus spécifiquement de LA blessure LA plus fréquemment rencontrée chez les coureurs : il s’agit du syndrome fémoro-rotulien, également connu sous le nom de genou du coureur (runner’s knee).
Un autre excellent article du physiothérapeute Simon Desrosiers : Cliquez ici