Lors d’une assemblée d’un groupe d’entraide en douleur chronique, quelques-uns des participants se sont mis à parler des « fenêtres de non-douleur » durant la portion de la soirée consacrée à l’échange.
Ces périodes sont, après quelques semaines de réadaptation, des moments où dans la journée la douleur persistante disparaît. Courtes au début, celles-ci s’allongent de plus en plus au fur et à mesure du programme de réadaptation (voir texte). Les personnes qui vivent l’expérience sont évidemment aux oiseaux.
Curieusement, ces mêmes participants étaient préoccupés par le fait de ressentir une émotion concomitante : la peur !
Deux peurs en douleur chronique
La peur est une émotion que l’on constate souvent lorsqu’on travaille avec des personnes aux prises avec la douleur persistante. En fait, il existe deux types de peur en douleur persistante.
Kinésiophobie
Le premier type est la peur de la douleur et de l’aggravation. Le phénomène a été grandement étudié et porte même un nom : la kinésiophobie. Celle-ci se manifeste par l’évitement des tâches requérant un effort physique, ce qui a pour conséquence un déconditionnement physique qui augmente avec le temps, jusqu’à ce que des tâches auparavant anodines deviennent impossibles à exécuter. (Cliquez ici pour la solution à la kinésiophobie.)
Peur de la rechute
L’autre type est la peur de la rechute. C’est cette dernière que certains des participants du groupe ressentaient. Celle-ci se manifeste lorsque l’on fait l’expérience des premiers épisodes des fenêtres de non-douleur. En fait, pour la plupart des participants à un programme d’activités physiques adaptées et spécifiques à la douleur chronique, la douleur s’estompe sous forme de « fenêtres de non-douleur » qui commencent à apparaître au cours d’une journée. La plupart du temps, ce phénomène s’accompagne d’une amélioration clinique générale, c’est-à-dire d’une amélioration des capacités et d’une diminution de l’intensité moyenne de la douleur.
Bien que ces épisodes procurent une grande joie, les individus qui en bénéficient les attribuent souvent à l’effet du hasard plutôt qu’à un signe d’amélioration clinique et ils craignent que le retour de la douleur ne soit qu’une question de temps, confirmant ainsi leur croyance.
« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre » Marie Curie
Solution pour vaincre la peur de la rechute
La solution est relativement simple. Le désir irréaliste que la douleur soit disparue pour toujours durant une fenêtre de non-douleur est évidemment utopique.
Il faut alors s’attendre à ce que la douleur revienne et que ceci fasse partie du processus normal de réadaptation.
Qui plus est : il faut « se prescrire le symptôme », un concept que mon collègue le Dr Sylvain Gervais m’a enseigné il y a plusieurs années.
Se prescrire le symptôme signifie que l’on doit s’attendre à ce que la douleur revienne lorsqu’on a la chance d’avoir un épisode de fenêtre de non-douleur. Il faut concevoir l’épisode comme une occasion d’apprendre à gérer « le retour de la douleur », en faisant en sorte de pouvoir continuer à vaquer aux activités de la vie quotidienne.
Et pour transformer une expérience potentiellement très anxiogène en un évènement qui galvanise notre motivation, il faut alors identifier et inscrire la durée et la fréquence des épisodes de fenêtres de non-douleur pour réaliser que celles-ci augmentent. Ce qui prouvera significativement que l’on est en train de remporter la victoire sur la douleur chronique.
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Beaucoup de gens, croyant « protéger » leur dos, contractent leurs muscles abdominaux en marchant ou en courant. Malheureusement, c’est exactement le contraire qui se produit.
Les biomécaniciens nous enseignent que la contraction des muscles du ventre entraîne une rétroversion du bassin (voir à la septième minute de la vidéo suivant le texte), ce qui réduit les courbures naturelles de la colonne vertébrale.
Or, les courbures naturelles du dos font en sorte que celui-ci est environ dix fois plus résistant aux forces de la gravité terrestre lorsque l’on marche ou lorsque l’on manipule un poids aligné avec le centre de gravité du corps, comparativement à une colonne plus rectiligne, comme c’est le cas lorsque l’on exécute une rétroversion du bassin.
Marcher en contractant les muscles abdominaux pourrait donc induire des stress mécaniques inutiles aux disques intervertébraux et aux autres structures du rachis vertébral.
Figure 1 : Lien directement proportionnel entre le nombre de courbes vertébrales et le facteur de résistance de la colonne vertébrale aux forces induites par la gravité (adapté de Kapandji, 1994).
Ceci ajouté au fait qu’un patron de marche normal et harmonieux implique le maintien de la lordose lombaire, même si la présence d’un certain niveau de contraction musculaire pour tous les muscles du troncs est essentielle pour la stabilité la colonne vertébrale lors des mouvements.
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Pourquoi Léonard de Vinci a été le plus grand génie créateur de tous les temps ?
Parce qu’il a été capable d’étudier et de comprendre plusieurs disciplines et de faire des liens entre elles.
Beaucoup d’entre nous pensons que les professionnels les plus compétents sont ceux et celles qui maîtrisent le plus la discipline dans laquelle ils ou elles ont gradué. Bien que cette maîtrise soit nécessaire, elle n’est pas suffisante pour être dans le «top 5 %» des professionnels en science de la santé ou en sciences de l’exercice.
Tout au long de leur carrière les meilleurs accumulent une connaissance de plus en plus exhaustive des disciplines limitrophes à la leur.
En plus de rester à jour dans leur spécialité, leur formation continue est interdisciplinaire.
C’est sur ce concept qu’est bâti la certification en réadaptation en contexte de douleur chronique (IRDC 2020) : une formation interdisciplinaire.
La pédagogie sera toujours orientée vers l’établissement de liens avec la multiplicité des facteurs affectant la douleur persistante.
Le concept idéal pour les professionnels du vingt-et-unième siècle.
Cliquez pour la programme finale de la certification de mai 2020 :
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Selon les évidences scientifiques, l’exercice est au centre de la prise en charge de la douleur chronique ;
Les professionnels des groupes de médecine familiale sont les mieux placés pour motiver les patients à inclure l’activité physique à l’arsenal thérapeutique contre la douleur persistante ;
Découvrez comment l’exercice peut aider vos patients à vaincre l’incapacité liée à la douleur persistante.
Conférences midi
Un séminaire d’une heure où nous survolerons les concepts fondamentaux.
Conférence d’une demi journée
Un séminaire de 3 heures où nous approfondirons les notions fondamentales en réadaptation en contexte de douleur chronique.
Colloque d’une journée
Un colloque d’une journée où nous verrons en détails tous les aspects et les outils cliniques relatifs à la réadaptation en contexte de douleur chronique.
Colloque interdisciplinaire sur deux jours
Le Dr Sylvain Gervais, psychologue spécialisé en douleur et M. Étienne Beauchemin, pharmacien, se joindront à Yvan Campbell pour une formation interdisciplinaire en intervention clinique en situation de douleur persistante.
Depuis longtemps, on utilise l’exercice pour contrer les blessures et les maladies. Dans bien des situations, l’exercice est une, sinon la seule, modalité permettant un retour aux activités normales de la vie.
L’effet de la réadaptation par l’exercice est basé sur deux phénomènes :
1) le lien entre la capacité physique, l’effort relatif et les symptômes d’une maladie ;
2) l’effet psychophysiologique de l’exercice sur les causes de la maladie.
Capacité physique et effort relatif
L’effort physique est souvent exprimé en pourcentage d’un effort maximal possible pour une tâche spécifique : on parle donc d’effort relatif. L’objectif d’un programme d’exercices est d’augmenter la capacité physique maximale (CPM) pour pouvoir diminuer l’effort relatif. Plus la CPM d’un individu augmente, moins grand est l’effort relatif requis pour effectuer une tâche physique. Par exemple, plus vous augmenterez la force de vos jambes, plus monter un palier d’escalier vous semblera facile.
Figure 1 : Pour une tâche physique donnée, l’effort relatif est inversement proportionnel à la capacité physique maximale (CPM). Plus la capacité physique maximale est élevée, moins l’effort relatif est important pour effectuer ladite tâche.
Effet sur le symptôme
Un symptôme est un signe clinique qui représente une manifestation d’une maladie, tel qu’exprimé et ressenti par un individu : la douleur dans le cas d’un mal de dos, l’angine dans le cas d’une maladie coronarienne ou l’essoufflement dans le cas des maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC). La plupart des symptômes liés à ces affections augmentent en intensité, proportionnellement à l’effort relatif lié à une tâche physique. Même certains problèmes de santé mentale comme l’anxiété peuvent être exacerbés par l’effort (ou la fatigue) lié à la tâche.
Le but d’un programme de réadaptation par l’exercice est donc d’augmenter la capacité physique et d’ainsi réduire, voire éradiquer complètement, la symptomatologie relative à une pathologie. C’est ainsi qu’une personne qui souffre de douleurs à la poitrine causées par une maladie cardiaque sous-jacente verra celles-ci diminuer lors d’un effort physique, ou, qu’un autre individu, asthmatique celui-là, constatera une réduction de l’essoufflement lors de la marche ou de la course à pied.
Figure 2 : Pour une tâche physique donnée, moins grand est l’effort relatif, moins importants sont les symptômes.
Effet psychophysiologique de l’exercice sur les causes de la maladie
L’exercice induit des changements à court et à long terme qui affectent la physiopathologie de plusieurs maladies. Un des exemples les plus spectaculaires a été la démonstration, en 1990, par le Dr Dean Ornish que les blocages dans les artères coronaires responsables de l’angine et des crises cardiaques pouvaient être renversés par l’exercice, un régime végétarien et la gestion du stress.
Sur le plan métabolique, on connaît depuis longtemps les effets de l’activité physique sur le diabète de type 2. En augmentant la sensibilité du récepteur à l’insuline, l’exercice diminue l’excrétion de cette hormone par le pancréas. Lorsqu’un protocole d’exercices est combiné à une diète cétogène, le diabète de type 2 peut même être guéri (voir le texte du Dr Mousseau ou le site du Dr Jason Fung).
En ce qui concerne la dégénérescence discale responsable de l’arthrose vertébrale, on sait maintenant qu’un programme de réadaptation par l’exercice bien conçu peut stopper l’affaiblissement des disques intervertébraux et même provoquer un renforcement des fibres de collagène qui donnent la solidité à ces disques (voir texte).
Pour ce qui est de la santé mentale, de nombreux travaux scientifiques démontrent l’effet positif de l’exercice sur les neurotransmetteurs du système nerveux central. Un protocole d’exercices bien planifié par un professionnel qualifié peut contrer des psychopathologies comme la dépression et les troubles anxieux (voir les ouvrages du Dr John Ratey).
En terminant, sur le plan strictement psychologique, l’exercice agit positivement sur le sentiment de compétence, la confiance et l’estime de soi. Ces effets positifs permettent un renforcement positif et augmentent la motivation intrinsèque liée à l’exercice.
Professionnels de la réadaptation par l’exercice
Cependant, à l’instar des médicaments, l’exercice peut avoir un effet iatrogène, c’est-à-dire une augmentation de la symptomatologie à la suite d’un protocole d’exercices mal planifié. La réadaptation par l’exercice doit être élaborée dans le cadre d’une approche systématique et être encadrée par un professionnel de l’exercice. Au Québec les professionnels de la réadaptation par l’exercice sont les kinésiologues, les thérapeutes en réadaptation physique, les ergothérapeutes et les physiothérapeutes. Certains d’entre eux sont certifiés en douleur chronique (IRDC, SRDC).
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Qui n’a jamais entendu dire : « courir, ça fait mal au dos » ou « courir, ça tasse les lombaires »? Le raisonnement est simple : la course à pied est une succession de sauts sur une jambe puis sur l’autre, et les chocs qui en résultent endommageraient la colonne vertébrale, en particulier par un amincissement des disques.
J’ai déjà écris là dessus (cliquez ici). En complément je vous propose un excellent article dans la revue Distance + : cliquez ici
Mon ami et collègue, le Dr Sylvain Gervais, me claironne depuis des années que le manque de sommeil caractérise le tableau clinique de presque toutes les personnes aux prises avec la douleur et que, nous les cliniciens, avons tendance à banaliser le phénomène.
Il a raison.
Effets délétères du manque de sommeil
Les études cliniques démontrent clairement que le manque de sommeil, ou un sommeil fragmenté, diminue le seuil de perception de la douleur (seuil de stimulation minimal où un stimulus est perçu comme douloureux) et abaisse la tolérance à la douleur (niveau maximal de douleur qu’une personne peut tolérer).
De plus, il est aussi établi qu’une altération des phases du sommeil est très néfaste pour la récupération physique. Moins de récupération équivaut à une fatigue accrue et celle-ci entraîne une augmentation de la douleur pour les tâches de la vie quotidienne, parce que la hausse de l’effort relatif requis pour chacune de ces tâches augmente l’intensité de la douleur (voir l’article).
Figure 1 : L’augmentation de l’effort relatif entraîne l’augmentation de l’intensité de la douleur, telle qu’évaluée sur une échelle visuelle analogique (VAS).
Solution
Le problème du sommeil doit être impérativement considéré, car, malheureusement, même dans un contexte où les modalités de réadaptation sont idéales, l’altération du patron de sommeil diminue sérieusement les chances de succès d’une intervention en douleur chronique.
Deux niveaux de solution
Moyens non pharmacologiques
Nous référons ici à l’hygiène du sommeil.
Faites une activité relaxante avant de vous mettre au lit et ne la faites pas dans votre chambre à coucher.
Évitez les écrans (ordinateur, téléphone intelligent, etc.) deux heures avant de vous mettre au lit, parce que la lumière bleue des diodes électroluminescentes (LED) des écrans favorise l’éveil en activant cent fois plus les récepteurs photosensibles non visuels de la rétine (cellules ganglionnaires) que la lumière blanche d’une lampe.
Essayez d’adopter toujours le même rituel du soir.
Couchez-vous à une heure régulière.
Si vous ne dormez toujours pas après 45 minutes, levez-vous et faites autre chose d’agréable ou de calmant (lecture, mais pas devant un écran).
Levez-vous à la même heure chaque jour, même si vous avez mal dormi.
Évitez de dormir le jour. Même si cela peut sembler une bonne idée de rattraper son sommeil, votre petite sieste, surtout après 16 h, risque de gâcher votre prochaine nuit de sommeil.
Évitez les stimulants comme la caféine en après-midi et en soirée.
Maintenez une température fraîche (18 degrés Celsius et moins) dans votre chambre à coucher.
Moyens pharmacologiques
Plusieurs personnes sont réfractaires aux sédatifs-hypnotiques (médicaments favorisant le sommeil), mais on doit se convaincre de l’importance primordiale du sommeil dans le combat contre la douleur chronique (voir l’article sur les médicaments en gestion de la douleur). Plusieurs médicaments sont efficaces et ont un effet moindre sur les phases du sommeil que les composés vendus sans ordonnance médicale.
Compte tenu de l’importance du sommeil dans un programme de réadaptation en contexte de douleur chronique, les avantages de prendre un médicament qui aidera à dormir dépassent de beaucoup les désagréments.
Ma pratique des vingt-sept dernières années auprès des clients souffrant de douleurs chroniques m’a enseigné qu’un sommeil le plus efficace possible est l’une des composantes les plus importantes du programme.
Bonne nuit !
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Nous avons tous une relation amour-haine avec les médicaments.
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Moi le premier.
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Je suis asthmatique depuis toujours et, sans mes bronchodilatateurs, je ne pourrais pas pratiquer une de mes activités favorites depuis maintenant 39 ans : la course à pied.
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D’un côté, je n’aime pas le fait de prendre mes « pompes » pour faire ma « run » le matin, mais d’un autre côté, je me souviens des longues soirées de ma petite enfance pendant lesquelles j’avais l’impression d’avoir un sac de plastique sur la tête. Ce fut une révélation la première fois que j’ai pris une bouffée de Salbutamol.
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Certains d’entre nous n’ont pas le choix d’être dépendants à perpétuité d’une molécule chimique. Par contre, celle-ci nous permet d’avoir une vie normale.
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Pour la douleur chronique d’origine non cancéreuse, c’est un peu différent.
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Gestion de la douleur
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La stratégie pour vaincre la douleur chronique repose sur deux types de modalités : les modalités actives et les modalités passives, et celles-ci sont toutes les deux importantes. Les médicaments analgésiques font partie des modalités passives. Ils sont nécessaires parce qu’ils permettent un soulagement qui facilite l’initiation aux modalités actives, comme la réadaptation par l’exercice.
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Porte ouverte à la chronicité
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L’importance des médicaments en gestion de la douleur commence bien avant que celle-ci devienne persistante. Lors d’une blessure ou au début d’une maladie dégénérative comme l’arthrose, les analgésiques sont d’une importance capitale, non seulement pour protéger la qualité de vie de la personne qui souffre, mais aussi pour prévenir la douleur chronique.
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En effet, un des plus grands facteurs de risque à la douleur chronique est une douleur nociceptive non contrôlée. Le fait d’omettre de prendre des analgésiques lors d’une affection qui engendre une douleur modérée à intense ouvre toute grande ouverte la porte à la chronicisation de celle-ci. Une douleur nociceptive non diminuée par un ou des analgésiques va sensibiliser le système nerveux central et initier le cycle infernal de la douleur persistante.
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Douleur devenue chronique
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Lorsque la douleur est malheureusement déjà persistante, les médicaments prescrits seront différents, parce qu’ils doivent agir de façon différente. En effet, ces médicaments (ex. : Lyrica, Cymbalta) visent à agir directement sur certaines composantes du système nerveux central qui fonctionnent soit comme des freins, soit comme des accélérateurs de la douleur. Ces médicaments vont donc stimuler les « freins » et ralentir les « accélérateurs ».
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Lors de la réadaptation en contexte de douleur chronique, ceux-ci doivent être considérés comme des « bouées thérapeutiques » temporaires. Ce concept est important, car beaucoup de mes clientes et clients craignent d’être enchaînés pour la vie à leurs pilules. Ce n’est donc pas le cas. Les médicaments sont des outils qui donnent la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir exécuter le programme d’exercices. Une fois que la douleur est diminuée significativement, voire éradiquée complètement, le sevrage peut alors débuter.
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Sevrage trop précoce
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Une erreur fréquente en gestion de la douleur chronique est la diminution du dosage des médicaments durant le programme de réadaptation par l’exercice. Le sevrage ne doit débuter qu’après la phase de développement, c’est-à-dire lors de la phase de retour aux activités.
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Conséquemment, il ne faut jamais cesser ou diminuer les médicaments durant le programme. C’est une erreur très importante qu’il ne faut pas commettre, car celle-ci peut faire échouer tout le processus de réadaptation.
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Icône du XXe siècle, 35e président des États-Unis et homme le plus puissant de la planète au début des années 60, John « Jack » Fitzgerald Kennedy était paradoxalement l’homme d’État le plus craint et le plus respecté à la fois.
Par contre, très peu de ses contemporains savaient que le pire ennemi de JFK était un mal de dos chronique qui l’a hanté pratiquement toute sa vie.
La déclassification de son dossier médical en novembre 2002 a révélé des faits étonnants sur son état de santé, mais aussi sur le grand courage qu’il a su démontrer face à un ennemi pire que Nikita Khrouchtchev : une douleur chronique au dos.
Un enfant à la santé précaire
JFK a connu une enfance extrêmement difficile sur le plan de sa santé. Il est né avec une maladie auto-immune : le syndrome de Schmidt. Très jeune, il contracte à peu près toutes les maladies infantiles possibles : fièvre scarlatine, bronchite, varicelle, rubéole, oreillons, coqueluche. À l’adolescence, il souffre d’une appendicite à l’âge de 14 ans et il doit se soumettre à d’innombrables investigations médicales à cause d’un système gastro-intestinal très fragile et de pertes de poids inexplicables. Le futur président des États-Unis a dû s’aliter pendant des semaines entières, soit à l’hôpital, soit en convalescence à la maison.
Le début du calvaire
Alors qu’il était dans la US Navy durant la Seconde Guerre mondiale et que son navire patrouilleur avait été littéralement coupé en deux par un destroyer japonais au large des Îles Salomon, JFK dut, au péril de sa vie, nager sur une distance de 5 km pour ramener un des membres de l’équipage qui, autrement, aurait été condamné à se noyer après l’impact.
Cet acte héroïque aggrava malheureusement son mal de dos et entraîna la première des cinq chirurgies qu’il allait subir au cours de sa vie. En effet, une intervention « exploratoire » lui fut proposée en 1944 que Jack accepta, croyant pouvoir régler son problème une fois pour toutes. L’intervention chirurgicale ne se révéla guère fructueuse et aucune hernie discale ou autre anomalie ne fut découverte.
La descente aux enfers
En octobre 1954, 10 ans après la première chirurgie, une autre fut pratiquée mais tourna à la catastrophe : JFK sombra dans le coma lors de l’intervention et on lui administra même l’extrême-onction. Il survécut finalement, mais une infection se déclara autour des vertèbres qu’on lui avait fusionnées. Trois mois plus tard, soit en février 1955, on lui retira la plaque de métal installée lors de la deuxième intervention.
On procéda finalement à une quatrième chirurgie dans le but de réaliser une greffe osseuse. Au cours des 17 mois suivants, JFK sera hospitalisé 9 fois.
La fin du parcours chirurgical
Jack subit une cinquième chirurgie en 1957 où on lui retira un abcès résultant des infections contractées au cours des chirurgies précédentes. À partir de 1955, JFK sera suivi par la Dr Janet Travell, médecin célèbre au États-Unis pour ses travaux sur le syndrome myofascial, entre autres.
JFK, président des États-Unis et … douloureux chronique anonyme
Le 8 novembre 1960, John F Kennedy bat Richard Nixon et accède à la présidence des États-Unis. Il est aussitôt pris en charge par l’équipe médicale de la Maison Blanche dirigée par l’amiral Georges Burkley. Celui-ci intègre la Dr Travell à l’équipe, et débute alors un programme de traitement médical avec comme élément central des injections de procaïne directement dans les muscles du dos.
Un an après le début de sa présidence, l’état de Kennedy empire. Amaigri, il souffre d’une infection urinaire, doit prendre cinq à six douches par jour pour soulager sa douleur, alors que son incapacité physique s’accentue de jour en jour. John F. Kennedy, l’homme le plus puissant du monde, est contrôlé 24 heures sur 24 par sa douleur et, à l’exception de ses proches et du personnel de la Maison Blanche, personne ne soupçonne l’étendue de sa souffrance. On sait que Jack est affligé de douleurs au dos mais, après tout, qui n’a pas mal au dos une fois de temps en temps…
L’épouse du président est inquiète de voir son mari avoir recours de plus en plus souvent à ses béquilles, de même que l’amiral Burkley qui commence à remettre sérieusement en question les traitements de la Dr Travell, d’autant plus que celle-ci en mène large à la Maison Blanche, s’étant signalée auprès de tout le personnel pour sa forte propension à rechercher les feux de la rampe…
La dernière chance
Au cours des derniers mois, l’amiral avait entendu parler d’un orthopédiste de New York qui utilisait avec succès une thérapie pour le moins inhabituelle et assez peu orthodoxe, pour utiliser un terme poli : un programme d’exercices. Burkley joue alors le tout pour le tout et fait appel au Dr Hans Kraus qui est secrètement convoqué à Washington. Celui-ci accepte de traiter le président à condition d’être le seul maître à bord pour ce qui est de sa lombalgie chronique.
La Dr Travell est donc écartée et le Dr Kraus débute un traitement ayant comme noyau son programme d’exercices pour le dos qui durera plusieurs mois. Kennedy, bien que sceptique au début, accepte le protocole et fait aménager une petite salle d’exercice dans un local adjacent à la piscine de la Maison Blanche.
Victoire
Au printemps 1963, Jack ne s’est jamais senti aussi bien. Il est plus fonctionnel et sa douleur est presque disparue. Il peut maintenant soulever ses enfants, les prendre dans ses bras et il est tellement mieux qu’il reprend même la pratique du golf ! Son entourage est médusé par ses progrès et peut unanimement attester que JFK n’a jamais été en aussi bonne santé. Le Dr Kraus lui propose donc d’intensifier son programme d’exercices et même de débuter la course à pied.
La dernière consultation
Cependant, une dernier « détail » agace le médecin du président : celui-ci tient encore à porter son corset lombaire, une « protection » qu’il a adoptée il y a plus de 20 ans. JFK craint de s’en départir, d’autant plus qu’il ne veut absolument pas retourner à l’état où il a passé la majeure partie de sa vie. Aujourd’hui, on décrirait cet état par le mot « kinésiophobie ».
À la fin d’octobre 1963, lors d’une rencontre à la Maison Blanche et après une longue discussion, le président promet à son médecin et désormais ami qu’il se départira définitivement de son corset au Jour de l’An 1964. Ce fut la dernière rencontre entre le Dr Hans Kraus et le président Kennedy. Celui-ci sera assassiné le 22 novembre 1963.
John F Kennedy avait convié, pour la première fois, le Dr Kraus et sa femme à venir souper avec lui et Jacky le lundi suivant, le 25 novembre 1963. Hans Kraus fera quand même le voyage de New York à Washington, non pour le souper mais pour aller se recueillir auprès de la dépouille exposée dans la East Room de la Maison Blanche.
La kinésiophobie de JFK lui aura été fatale
Même si le programme d’exercices de réadaptation du Dr Hans Kraus avait été le seul facteur ayant pu vaincre le mal de dos chronique du président des États-Unis, John F Kennedy insistait toujours pour garder sa ceinture lombaire. Malgré toutes les exhortations de son entourage médical et particulièrement celles du Dr Kraus, JFK passait la majeure partie de la journée avec ce corset qu’il portait depuis sa deuxième année à l’Université Harvard.
Même si l’homme le plus puissant du monde en 1963 pouvait maintenant jouer au golf, celui-ci était toujours kinésiophobe. Le docteur Kraus parvint quand même à ses fins : en octobre 1963, le président lui promit qu’il délaisserait complètement le support lombaire à partir de janvier 1964.
Le destin
Dans sa célèbre biographie sur John F Kennedy publiée en 2003, Robert Dallek mentionne un fait étonnant à la page 694 :
Oswald tira trois balles de la fenêtre du sixième étage du dépôt de livres scolaires [… ] La deuxième balle atteignit Kennedy à l’arrière du cou. Si ce n’avait été du corset lombaire qui le tenait encore en position assise, la troisième et fatale balle qui l’atteignit à la tête n’aurait jamais trouvé sa cible…
Quant à la biographe du Dr Kraus, Susan Schwartz, selon elle, de nombreux historiens pensent que Kennedy aurait probablement survécu à la deuxième balle et que celle-ci venant de l’arrière aurait projeté le président au fond de la limousine, ce qui l’aurait protégé de la mortelle troisième balle.
En constatant ces faits, on ne peut éviter de penser que le corset qui avait sécurisé le président pendant plus de la moitié de sa vie a contribué à son décès et que le destin d’un des hommes les plus importants du XXe siècle a été altéré par un phénomène aussi affligeant qu’inoffensif en soi : la kinésiophobie.
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Il existe deux types de modalités pour vaincre la douleur chronique : les modalités passives et les modalités actives. Les deux sont nécessaires mais ne sont pas exclusives, ce qui signifie que l’on doit inclure les deux types de modalités dans l’intervention.
Les modalités passives
Dans le cas des approches passives, l’individu est soumis passivement à un agent physique ou chimique externe (orthèse, infiltration, médicament) ou à l’action d’un thérapeute (thérapie manuelle, chirurgie). Dans certains cas, ces modes de prise en charge sont nécessaires, mais la plupart du temps ils sont insuffisants. En effet, ceux-ci devront être combinés à une approche active, sinon l’effet sera temporaire, voire inexistant.
Les approches actives
Quant à elles, les approches actives impliquent un engagement direct, physique et psychologique du client. Il n’y a plus de thérapeute mais bien un coach, car celui-ci doit être une source d’expertise en plus d’élaborer un système de motivation et de soutenir le client dans les bons et les moins bons jours du programme.
La recherche démontre que seules les approches actives fonctionnent de façon durable. Il faut donc passer à l’action le plus vite possible et le faire en étant bien encadré, de façon à ce que les gestes portent leurs fruits et attisent la motivation nécessaire pour atteindre le but ultime : vaincre la douleur et reprendre une vie satisfaisante et productive.
Les approches actives sont composées des trois E :
E comme entraînement
Un entraînement physique et un entraînement psychologique doivent être déployés pour récupérer les forces et reprendre efficacement une vie active et productive. Il importe que ce processus soit très systématique et encadré par des professionnels qualifiés, car si celui-ci est mal conduit, le résultat peut être complètement opposé à ce qui était escompté, c’est-à-dire une augmentation de la douleur persistante et (ou) de la détresse psychologique.
E comme éducation
La compréhension du phénomène de la douleur chronique est impératif pour obtenir un taux de réussite ne serait-ce que minimal. L’entraînement physique et le coaching psychologique demandent de la motivation. Et pour être motivé, il faut comprendre pourquoi on déploie tous ces efforts.
E comme entraide
Le contact avec d’autres personnes éprouvées par le même fardeau suscite un effet positif qu’il est impossible à obtenir de quelconque autre façon. En effet, ce contact diminue l’isolement social tellement présent en situation de douleur chronique. Par ailleurs, le fait de côtoyer des groupes d’entraide formés de personnes aux prises avec la douleur chronique crée couramment un effet de normalisation (se rendre compte que l’on n’est pas seul dans cette situation).
La combinaison judicieuse d’approches passives et actives est la clé pour vaincre la douleur chronique.
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