15 choses que vous ne saviez pas à propos du mal de dos.

vertebre lomabaire biomecLa recherche scientifique dans le domaine de la lombalgie a progressé depuis quelques années et elle vient remettre en question les croyances largement répandues sur ce sujet qui semble toucher tant de personnes. Je vous présente un excellent article publié en octobre 2015 par un groupe de physiothérapeutes irlandais : Mary O’Keeffe (University of Limerick), Dr Kieran O’Sullivan (University of Limerick), Dr Derek Griffin (Tralee Physiotherapy Clinic)

Le mal de dos est un problème si fréquent qu’il coûte plus cher aux Etats plus que le traitement combiné du cancer et du diabète, mais il existe beaucoup de mythes autour de ce problème.Nous avons questionné des experts Irlandais sur ce problème afin de faire la lumière sur cette pathologie.La recherche scientifique dans le domaine de la lombalgie a progressé depuis quelques années et elle vient remettre en question les croyances largement répandues sur ce sujet qui semble toucher tant de personnes.

La prise en charge des maux de dos coûte plus cher aux Etats que le cancer et le diabète combinés. La plupart de ces coûts sont liés au traitement des patients atteints de douleurs chroniques.

1) Le mal de dos est un problème banal et normal.

80% des gens souffriront d’un épisode de mal de dos au cours de leur vie. Souffrir du dos, c’est comme être fatigué ou être triste; nous n’aimons pas forcément cela, mais cela survient chez presque tout le monde à un moment au cours de la vie. Au contraire, ce qui n’est pas banal, c’est de ne PAS récupérer de son mal de dos.La plupart des maux de dos sont le résultat d’une simple lésion tissulaire et le pronostic est vraiment excellent. Durant les 2 premières semaines suivant un épisode aigu, la plupart des personnes rapportent une amélioration significative de leurs symptômes et près de 85% des personnes auront complètement récupéré sous 3 mois. Seul un très faible pourcentage des gens développent des problèmes invalidant à long terme.

2) Les imageries médicales (Radios, IRM, Scanner, Echographie…) sont rarement nécessaires

A la fois les professionnels de santé et la population générale pensent souvent qu’il est nécessaire de faire une imagerie « au cas où » il y aurait un grave problème contribuant à leur douleur. Au contraire, toutes les preuves scientifiques suggèrent que les imageries médicales ne montrent des éléments importants que dans une infime minorité des cas de patients avec des maux de dos.Une simple consultation avec un professionnel de santé (médecin généraliste ou un physiothérapeute/ kinésithérapeute) devrait normalement suffire pour déterminer s’il est nécessaire ou non de réaliser une imagerie médicale en fonction des symptômes et de l’histoire médicale.

3) L’interprétation des imageries médicales devrait être faite avec prudence

Nous avons pour habitude de penser que si nous disposons d’une assez bonne image de notre colonne vertébrale grâce à des imageries, cela sera d’une grande aide dans la résolution de mal de dos.Au contraire, nous savons désormais que la plupart du temps pas, ce n’est pas le cas.Quand les gens réalisent des imageries dans le cadre de leur mal de dos, les imageries mettent souvent en évidence des éléments qui ne sont pas vraiment liées à leur douleur. En réalité, les études ont même montré que les personnes n’ayant pas de douleur au dos présentaient des éléments à l’imagerie comme : des bombements discaux (52%), des disques dégénératifs (90%), des hernies discales (28%) et des changements arthrosiques visibles (38%).

Souvenez-vous, ces personnes n’ont pas de douleur ! Malheureusement, il est souvent dit aux personnes présentant un mal de dos que ces éléments sont la preuve que leur dos est endommagé. Ceci pouvant conduire à des peurs, de la détresse et un évitement des activités. La vérité est que la plupart de ces signes retrouvés lors des imageries correspondent plus à une sorte de calvitie – signe de vieillissement et de la génétique – qui n’est pas douloureuse.

4) Le mal de dos n’est pas du à quelque chose « de déplacé »

Aucune preuve scientifique ne montre que le mal de dos serait du à un os ou a une articulation du dos déplacée, ou à un bassin mal-aligné. Pour la majorité des maux de dos, les imageries ne mettent pas en évidence d’éventuels disques, os, ou articulations déplacées.Dans une très faible proportion des patients souffrant de maux de dos, il existe des changements au niveau de l’alignement de la colonne vertébrale mais cela ne semble pas être réellement en lien avec la douleur.

Bien sûr, il faut noter que beaucoup de personnes se sentent mieux après avoir été traité, par exemple, par une manipulation (qui est un mouvement rapide d’une articulation avec souvent un bruit / craquement articulaire). Cette amélioration est en réalité due à une diminution à court-terme : de la douleur, du tonus musculaire, de la tension et de la peur du mouvement mais elle n’est pas liée à un réalignement structurel du corps.

5) Le repos au lit n’est pas bénéfique

Dans les premiers jours suivant la blessure initiale, le fait d’éviter les activités qui aggravent votre douleur peut aider réduire votre douleur. C’est le cas pour des douleurs sur n’importe quelle autre partie du corps comme par exemple dans une entorse de cheville.En revanche, de fortes preuves existent et suggèrent de rester actif et de reprendre les activités habituelles progressivement, ce qui inclue le travail et les loisirs, car c’est important pour la guérison.A l’inverse, le fait de rester au repos au lit ne vous aidera pas, et cette attitude est associée avec un haut niveau de douleur, une plus grande incapacité, une plus mauvaise récupération, et une plus longue absence au travail. En fait, il semblerait que plus une personne reste au lit à cause de son mal de dos, pire sera sa douleur.

6) L’augmentation des douleurs lombaire n’est pas synonyme de plus de dommage dans votre colonne

Cela peut sembler étrange, mais nous savons que l’augmentation de la douleur n’est pas forcément en lien avec une augmentation des blessures de votre colonne. En réalité, deux individus avec la même blessure peuvent ressentir des niveaux différents de douleur. Le degré de douleur ressenti peut varier et dépend de différents facteurs comme : la situation dans laquelle la douleur survient, les expériences douloureuses antérieures, votre humeur, vos peurs, votre capacité physique, votre niveau de stress et votre attitude face à cette douleur.Par exemple, un athlète ou un soldat peuvent ne pas ressentir beaucoup de douleur après une blessure jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans un environnement moins intense.

De plus, notre système nerveux a la capacité à réguler l’intensité douloureuse d’une personne à un moment donné. Si une personne a mal au dos, cela peut-être du à son système nerveux devenu hypersensible, même si la blessure initiale (étirement, entorse) a correctement guéri.Cela explique qu’une personne ressent plus de douleur quand elle bouge ou essaie de faire quelque chose meme si elle ne blesse pas plus sa colonne vertébrale.Une fois que les personnes souffrant de mal de dos parviennent à distinguer « le mal » qu’ils ressentent du dommage réel de leur dos, il devient plus simple pour elles de participer au traitement.

7) La chirurgie est rarement nécessaire

Seule une très faible proportion des personnes ayant des maux de dos nécessitent une chirurgie. La plupart des personnes qui ont mal au dos peuvent se prendre en charge en restant actif, en développant une meilleure compréhension de la signification de la douleur, et en identifiant les facteurs qui sont impliqués dans leur douleur.Cela devrait les aider à poursuivre leurs activités quotidiennes sans avoir recours à la chirurgie.En moyenne, les résultats de la chirurgie de la colonne ne sont pas meilleurs à moyen et long terme que le traitement conservateur (sans chirurgie), comme les exercices thérapeutiques.

8) Le port des sacs-à-dos d’école est sûr – il ne faut pas s’inquiéter à propos des sacs d’école

Beaucoup de gens croient que le sac-à-dos lourd que portent les enfants pourrait leur donner mal au dos. Toutefois, les études scientifiques n’ont pas retrouvé de ce lien, révélant qu’il n’y avait aucune différence de poids des sac-à-dos entre les enfants qui développaient des douleurs de dos et les autres. Aussi, si un enfant (ou ses parents) croient que le sac-à-dos est trop lourd, l’enfant aura plus de chance d’avoir mal au dos, soulignant l’importance des peurs dans la survenue de douleurs lombaires.Compte tenu des inquiétudes actuelles portant sur l’inactivité et l’obésité chez les jeunes, le fait de porter un sac-à-dos pourrait être un moyen simple et sûr pour les enfants de faire de l’exercice.

9) La posture parfaite assise n’existe probablement pas

Devons-nous tous nous asseoir bien droit ? Contrairement à la croyance populaire, il n’existe aucune posture assise statique spécifique ayant montré un effet préventif ou de diminution des maux de dos. Les différentes postures assises conviennent plus ou moins bien aux différentes personnes, certains rapportant plus de douleurs lorsqu’ils sont assis très droits, d’autres lorsqu’ils sont avachis. Alors que la posture avachie à mauvaise presse, il n’existe aucune étude scientifique à ce jour qui défende cela. En réalité, beaucoup de gens qui ont mal au dos prennent une posture assise très rigide (par exemple s’asseoir très droit) avec quelques variations.

La capacité à varier notre posture, au lieu de maintenir la même longtemps, combinée à un apprentissage du mouvement dans une position relâchée, et en confiance, est importante pour des maux de dos.

10) Soulever du poids et se pencher est sûr

Les gens qui ont mal aux lombaires croient souvent que les activités comme : soulever une charge, se pencher ou faire une torsion sont dangereux et doivent être évités. Toutefois, contrairement à cette croyance répandue, aujourd’hui, la recherche scientifique ne soutient pas l’idée d’un lien entre les douleurs et ces mouvements.Bien sur, il peut arriver qu’une personne se blesse au dos si elle soulève quelque chose sans faire attention ou qui est plus lourd que ce qu’elle a l’habitude de soulever. De la même façon, si une personne a mal au dos, ces activités peuvent être plus difficiles que d’habitude. Cela ne veut pas pour autant dire que cette activité est dangereuse ou doit être évitée.

Bien qu’une blessure puisse survenir en se penchant ou en soulevant du poids et provoquer un mal de dos, le fait de se pencher et de soulever est une action normale qui doit être pratiquée pour aider à renforcer le dos, de la même façon que l’on reprend la course à pied et le sport après une entorse de cheville.

11) Eviter des activités et se déplacer avec prudence ne vous aide pas à long-terme

Il est banal, spécialement dans les premiers jours d’une lombalgie, de présenter des limitations significatives de mouvements. De la même façon qu’il nous arrive de boiter après une entorse de cheville, cela disparaît généralement lorsque la douleur se calme. Alors que c’est initialement difficile, reprendre les activités qui sont douloureuses ou effrayantes est important. Beaucoup de personnes, après un épisode de douleur lombaire, peuvent commencer à bouger différemment à cause d’une peur de la douleur ou de croyances sur l’activité qui serait dangereuse. Cette altération du mouvement peut-être néfaste à long terme et peut même augmenter les contraintes sur votre dos.

12) Le mauvais sommeil a une influence sur les maux de dos

Quand quelqu’un a mal, il peut être difficile pour lui de passer une bonne nuit de sommeil. Cela fonctionne également dans le sens inverse et des problèmes de sommeil peuvent conduire à des maux de dos dans le futur. De la même façon, un mauvais sommeil peut nous rendre plus stressé, plus fatigué voire épuisé, ou donner des maux de tête, il peut également causer ou entretenir des maux de dos.Donc, l’amélioration des routines et des habitudes de sommeil peut être utile pour réduire la douleur.

13) Le stress, une mauvaise humeur ou des peurs peuvent influencer le mal de dos

L’intensité de douleur peut être influencée par notre état émotionnel. Des maux de dos peuvent survenir à la suite de changements de niveaux de stress, d’humeur ou d’anxiété.De la même façon que ces facteurs influences d’autres maladies comme les boutons de fièvre, le syndrome du colon irritable ou la fatigue, ils ont un effet non négligeable sur le mal de dos. Il en résulte que la gestion du stress, de l’humeur et du niveau d’anxiété à travers des activités plaisantes comme la relaxation peuvent être réellement bénéfique pour votre mal de dos.

14) L’exercice physique est bon et sûr

Beaucoup de gens douloureux sont effrayées à l’idée de faire de l’exercice et l’évitent comme s’ils risquaient d’aggraver leurs problèmes. Alors que ce n’est pas vrai ! Nous savons maintenant que l’exercice physique régulier aide à vous garder (votre corps et votre esprit) en bonne santé, et qu’il permet de réduire la douleur et l’inconfort. Il relâche les tensions musculaires, améliore l’humeur et renforce les défenses immunitaires lorsqu’il est réalisé de façon progressive.Tous les types d’exercices sont bénéfiques, sans grande différence en terme d’efficacité entre les uns et les autres – alors choisissez-en un que vous aimez, que vous pouvez pratiquez facilement et qui vous convient.

Marcher, prendre les escaliers, faire du vélo, courir ou s’étirer sont tous des bons exercices qui aident à relâcher les tensions musculaires de votre corps.Lorsque vous avez mal, le début d’un exercice physique peut être très difficile. Un muscle sous-utilisé est plus douloureux qu’un muscle en bonne santé. Du coup, il va faire mal / tirer après l’exercice, mais cela n’indique pas une blessure de ce muscle.

15) Un mal de dos chronique PEUT s’améliorer

Depuis que nous avons associé les maux de dos à de nombreux facteurs variant entre les individus et que nous avons traités ces individus en ciblant les facteurs pertinents, les patients se sont améliorés et les traitements sont apparus efficaces.L’échec de traitement des maux de dos après de nombreuses tentatives est très frustrant et entraîne parfois une perte d’espoir chez les personnes souffrants.Néanmoins, c’est une situation assez fréquente car la plupart des traitements ne s’intéressent qu’à un seul facteur. Par exemple, une personne reçoit un massage pour ses douleurs musculaires mais la thérapie ne s’intéresse pas aux problèmes de sommeil, à l’état physique général ou au niveau de stress.

En identifiant les différents facteurs impliqués chez chaque individu et en essayant de les traiter, la douleur peut diminuer de façon significative et les personnes peuvent vivent heureuses et en meilleure santé.

http://www.independent.ie/life/health-wellbeing/15-things-you-didnt-know-about-back-pain-31367264.html

 


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Deux fois plus de détresse psychologique chez les personnes souffrant de douleur chronique

Mon collègue et ami le Dr Sylvain Gervais était mon invité de ce matin à l’Université du Québec à Montréal pour un séminaire sur la psychologie de la douleur. En effet, celui-ci a démontré à l’aide de statistiques épidémiologiques que la détresse psychologique est deux fois plus prévalente chez les gens qui souffrent de douleur persistante que dans la population générale (voir graphique).

Douleur et atrophie du cerveau

Novembre 2004, un chercheur américain, le Dr Apkar Vania Apkarian, publie une étude qui démontre hors de tout doute que la douleur chronique produit une réduction de 11 % de la matière grise du cerveau. Les sujets de son étude étaient des individus qui souffraient de maux de dos chroniques.

Le travail du Dr Apkarian illustrait que la diminution du volume cérébral était directement proportionnelle au nombre d’années pendant lesquelles ces personnes avaient souffert de leur lombalgie. Cette diminution du volume du cortex préfrontal et du thalamus équivalait à 10 ans de vieillissement « normal » du cerveau.

Étonnement général chez les chercheurs et les cliniciens. Par contre, panique et désarroi chez les gens qui souffraient de douleur persistante.

Depuis la parution de cette étude, de nombreux chercheurs ont démontré le même phénomène dans les cas de fibromyalgie, de syndrome douloureux général complexe (algodystrophie réflexe), de migraine et du syndrome du colon irritable. Cette atrophie de certaines régions du cerveau pourrait expliquer pourquoi les douloureux chroniques éprouvent des problèmes de concentration, de mémoire et autres troubles cognitifs.

 

Réversibilité

La bonne nouvelle est que ce phénomène est réversible. Une étude effectuée à l’université McGill en 2011 et pilotée par le Dr David Seminowicz démontre que les douloureux chroniques affectés par ces changements dans la structure physique de leur cerveau peuvent inverser le phénomène. En effet, les participants de l’étude ont vu leur cerveau revenir à la normale après avoir réussi à diminuer et à éliminer leur douleur.

Exercice et BDNF

Un des mécanismes qui expliquerait la réversibilité de l’atrophie de certaines régions du cerveau conséquente à une douleur persistante pourrait être lié à l’exercice. En effet, l’exécution régulière d’un programme d’exercices stimule la production du facteur neurotrophique issu du cerveau (Brain-Derived Neurotrophic Factor en anglais) ou BDNF. Le BDNF est un membre d’une famille de composés chimiques, les neurotrophines, qui agissent littéralement comme un engrais pour les cellules du cerveau. Le BDNF favorise la neurogénèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux neurones, ce qui pourrait contrecarrer l’atrophie induite par une douleur qui dure depuis des mois, voire des années. De plus, le BDNF favorise les connexions entre les neurones, que l’on nomme synapses, et qui sont les fondements de l’efficacité du fonctionnement de notre cerveau.

Ceci pourrait expliquer, en partie, pourquoi l’exercice est tellement efficace dans la prise en charge des syndromes de douleur persistante.

 


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Merci à Mme Diane Simard pour la correction des textes 🙂

 

 

 


 

 

Guérison de la hernie discale : mythe ou réalité ?

Beaucoup de gens en doutent, mais c’est un fait. La douleur peut persister à cause d’un dysfonctionnement du système nerveux responsable de la douleur, mais après un certain temps (plus la hernie est volumineuse, plus c’est rapide) le système immunitaire finit par éliminer les morceaux du noyaux qui se sont infiltrés à l’extérieur de l’anneau cartilagineux.

« De nombreuses études ont récemment démontré que la hernie discale pouvait diminuer de taille, voire disparaître spontanément. Les changements morphologiques de la hernie sont habituellement visibles après six mois. Ils correspondent à une amélioration clinique qui précède souvent l’amélioration de l’imagerie. Le mécanisme intime de destruction du matériel discal n’a pas été complètement élucidé. Des chercheurs ont postulé que l’exposition du nucleus pulposus dans l’espace épidural pouvait susciter une réaction auto-immune contre les composants antigéniques du fragment discal considéré comme un corps étranger par le système immunitaire. »

Benoist, M. (2002) Histoire naturelle de la hernie discale lombaire et de la radiculalgie. Rev. Rhumatisme. 69 : 240-246.

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Figure 1 : Imagerie médicale montrant la régression de plus de 90% d’une hernie discale lombaire (entourée en rouge) sur une période de 8 mois. 


 

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Figure 2 : Résorption d’une hernie discale en 5 mois, SANS chirurgie.


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Les douleurs du lendemain

Tout le monde a connu ces douleurs caractéristiques quelques jours après un premier entraînement ou à la suite d’une activité physique inhabituelle. Elles ne sont pas liées à la fatigue; on les décrit plutôt comme un mal « sourd », sensible au toucher et accompagnées de raideur. En plus, comme si ce n’était pas assez, cette souffrance s’accompagne souvent d’une diminution de la force et de la flexibilité !

Pourquoi ?

On a longtemps attribué (et on continue à le faire) ces douleurs à l’accumulation de lactate (sel de l’acide lactique) dans les muscles (l’acide lactique est le produit de la consommation incomplète du glucose, qui lui, est un des carburants du muscle). C’est évidemment faux. Bien que l’accumulation de lactate soit possiblement un des facteurs causant la fatigue (surtout lors des efforts de hautes intensités), il est éliminé dans les minutes qui suivent un exercice et ne s’accumule donc pas dans les tissus musculaires. De plus, le concept du lactate comme un des facteurs de la fatigue musculaire est controversé dans la littérature scientifique.
La réalité est que ces douleurs sont très probablement provoquées par des micro-déchirures au niveau des muscles qui ont été sollicités lors d’une activité inhabituelle ou que l’on n’avait pas pratiquée depuis longtemps de sorte que le système n’y était plus habitué. Ces micro-déchirures déclenchent une réaction inflammatoire, réaction qui est normale dans le processus de réparation de ces petites lésions musculaires.

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Figure 1 : la photo (prise au microscope électronique) de gauche nous montre du tissus musculaire prélevé chez une personne n’ayant pas fait d’exercice, tandis que celle de droite nous illustre du tissus musculaire prélevé 10 jours après qu’une personne eu effectué un exercice de type excentrique sur une longue période de temps. Les cercles indiquent les micro-déchirures (photo: Dr Thomas Manfredi, University of Rhode Island).

La douleur est une conséquence de cette réaction inflammatoire. Et si on y réfléchit bien, cette douleur est utile parce qu’elle nous indique que la région qui a été sollicitée de façon inhabituelle a besoin de repos et de temps pour être réparée. Sans la douleur, des dommages, plus sérieux cette fois, pourraient être infligés aux groupements musculaires en question si ceux-ci étaient utilisés de façon exagérée. Après un certain temps, les muscles s’adaptent à la nouvelle activité (effet de l’entraînement), les lésions diminuent et les douleurs disparaissent.

Les chercheurs en kinésiologie ont remarqué que ce sont les mouvements excentriques qui sont en majeure partie responsables des courbatures du lendemain. Lors d’un mouvement excentrique, les muscles s’allongent en produisant de la force (les extrémités du muscle s’éloignent l’une de l’autre). Or ce type de contraction produit plus de lésions microscopiques que les autres types de contractions musculaires. Un bon exemple de contraction excentrique et l’accroupissement lorsqu’on s’assoit sur une chaise; les muscles de la cuisse travaillent mais s’allongent en même temps.

Comment éviter les courbatures du lendemain ?

Le facteur le plus important est le dosage. Y aller lentement avec une nouvelle activité, surtout si cette activité comporte beaucoup de contractions excentriques (ski, sport de raquette, etc). Débutez l’activité à faible intensité et augmentez d’abord la durée de l’activité. Après quelques séances de pratique régulière, augmentez progressivement l’intensité.

Un conditionnement physique spécifique en salle d’entraînement quelques semaines avant le début de la pratique de l’activité, réduit de beaucoup les douleurs du lendemain. Les groupements musculaires sollicités lors de l’activité en question peuvent alors être stimulés très progressivement, et cette préadaptation nous permet d’éviter presque complètement ces fameuses courbatures du lendemain.


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Passer à l’action : le premier principe pour vaincre la douleur chronique

premier principe pour vaincre douleurPasser à l’action est le premier des sept principes pour vaincre la douleur chronique. Il repose sur le concept de l’inhibition de l’action proposé par le célèbre biologiste des années 70, Henri Laborit et sur celui de l’impuissance apprise développé par le Dr Martin Seligman.

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Deux dénominations différentes qui représentent le même principe.

Lorsqu’on ne peut combattre ou fuir un problème, notre système nerveux se met en mode passif et accepte le statu quo. Si cet état perdure trop longtemps, une détresse psychologique ou même d’autres pathologies peuvent s’installer. Or, c’est souvent ce qui se produit lorsqu’on se retrouve aux prises avec une douleur qui persiste malgré de multiples traitements inefficaces : on ne peut la combattre ni la fuir et on se retrouve en état d’inhibition de l’action. Ce phénomène est destructeur et il faut absolument en sortir pour vaincre la douleur et reprendre les activités.

Comment passer à l’action et s’en sortir

Il existe une panoplie d’interventions contre la douleur chronique. Celles-ci peuvent être classées en deux catégories : les approches passives et les approches actives.

Les approches passives

Dans le cas des approches passives, le patient est soumis passivement à un agent physique ou chimique externe (orthèse, infiltration, médicament) ou à l’action d’un thérapeute (thérapie manuelle, chirurgie). Dans certains cas, ces modes de prise en charge sont nécessaires mais, la plupart du temps, insuffisants. En effet, ceux-ci devront être combinés à une approche active, sinon l’effet sera temporaire, voire inexistant.

Les approches actives

Les approches actives impliquent un engagement direct, physique et psychologique du client. Il n’y a plus de thérapeute mais bien un coach, car celui-ci doit être une source d’expertise en plus d’élaborer un système de motivation et de soutenir le client dans les bons et les moins bons jours du programme.

La recherche démontre que seules les approches actives fonctionnent de façon durable. Il faut donc passer à l’action le plus vite possible et le faire en étant bien encadré, de façon à ce que les gestes portent leurs fruits et attisent la motivation nécessaire pour atteindre le but ultime : vaincre la douleur et reprendre une vie satisfaisante et productive.


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